Une randonnée vers le Choquequirao

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J96 – Lundi 5 Octobre

 

Le départ pour le Choquequirao n’est pas loin d’Abancay, il y a donc pas mal de route à faire avant de commencer à marcher. Réveil à 4h du matin pour prendre un bus, puis un colectivo et quelques heures plus tard, nous voici dans le petit village de Cachora, prêts pour le départ. La dream team est composée de Vincent le Canadien, André l’Allemand et moi.

 

Avant de partir, on va quand même manger dans un petit bouiboui parce qu’il est déjà 11h et que nous n’aurons plus de vrai repas avant quelques jours. En plus on y trouve un magazine avec une carte un peu meilleure de celle de l’office du tourisme. De toute façon, soyons honnête, avec ou sans carte, une fois sur le bon sentier, il n’y a qu’un seul chemin et on ne risque pas de se perdre.

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Départ depuis la place principale de Cachora, le paysage est déjà foufou : le village de Cachora est situé à environ 2900m d’altitude, il y fait beau et chaud et la place est plantée de palmiers. Mais au loin, les sommets enneigés de la Cordillère Vilcanota, culminent pour certains à plus de 6000m et créent un joli contraste.

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Dès le départ, on se perd, ça commence bien ! Mais une fois sur le bon chemin, c’est parti : 10km de marche sur un terrain assez facile et relativement plat, puis c’est parti pour 1400m de dénivelé négatif, et c’est là que les problèmes commencent. Vincent n’ayant pas de chaussures de randonnée, il est allé en louer … sauf que le loueur lui a refourgué des chaussures de sécurité (donc coquée) trop étroite pour ses pieds. Résultat : les orteils de Vincent s’encastrent dans la coque à chaque pas dans la descente et Vincent souffre le martyre. Du coup, au lieu de faire toute la descente dans la journée et de commencer à remonter, on s’arrête pour camper au milieu de la descente.

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On ne nous avait pas menti : si cette randonnée est assez exigeante, les paysages sont, une nouvelle fois, exceptionnels. Les montagnes montent très haut, mais la vallée est très profonde. Il en résulte des changements de végétation très marqués : cactus au pied de la montagne, neige au sommet et forêt dense entre les deux. Le chemin de terre et de caillasse descend en lacets jusqu’au Rio Apurimac, avec vue sur les montagnes, tandis que la chaleur, les papillons et les moustiques nous accompagnent tout au long du chemin.

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Pour notre premier camping sur cette randonnée, le ciel est bien dégagé et nous profitons d’un super ciel étoilé.

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J97 – Mardi 6 Octobre

Ce matin le coq chante pour le réveil. La journée va être longue, il nous faut finir la descente, traverser la rivière, puis tout remonter. La descente est toujours très lente, mais nous finissons par arriver au Rio Apurimac, à 1350m d’altitude.

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Devant nous, une belle montée de 1700m, en lacet bien serrés, pour arriver au pied des ruines du Choquequirao. D’après le panneau, il y a des ours par ici ! Nous passerons l’après-midi à monter en plein cagnard, harcelés par les moustiques à chaque arrêt. 2h après avoir traversé la rivière, nous voici au camp de Santa Rosa, à 2100m d’altitude. Les gérants du lieu sont bien sympas et nous apprennent à dire merci en Quechua (« Sulpaïki »). Et concernant les ours, ils ne seraient qu’aux environs des ruines et ne mangeraient que des avocats, on ne risque donc pas grand-chose. 2h plus tard, nous voici au petit hameau de Marampata, à 2850m d’altitude.

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André court devant, tandis que le pauvre Vincent lutte toujours avec ses chaussures, même si la montée est bien moins douloureuse que la descente. Dans une quête désespérée, Vincent demande à toutes les personnes qu’il croise s’ils n’ont pas une 2ème paire de chaussures à lui prêter. Finalement, nous trouverons un couple germano-écossais : Ralph et Sara, qui voyagent également à vélo. Etant arrivés à Cachora en vélo, mais sans sac à dos, ils n’ont pas eu d’autre choix que de louer une mule pour transporter leurs affaires. Du coup, pas de pitié pour la pauvre bête, ils randonnent avec toutes leurs affaires, dont une paire de chaussures de la pointure de Vincent : sacré coup de chance ! Le seul truc, c’est qu’ils rentrent de la visite aux ruines et que la mule et son muletier courent devant. Il va donc falloir faire demi-tour pour récupérer les chaussures. Vincent décide donc d’aller jusque notre camping du soir, au pied des ruines, pour poser son sac à dos assez lourd, puis faire un aller/retour de 5km pour récupérer les chaussures.

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Comme hier, la journée est très chaude, les moustiques très virulents et les paysages très beaux. En bonus, nous avons droit à la vue sur nos premières terrasses incas, situées en contrebas du site principal. Cette nuit encore, le ciel est dégagé et les étoiles bien visibles.

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J98 – Mercredi 7 Octobre

Comme depuis 3 jours, c’est de bon matin que le réveil sonne. Pas de chance, ce matin il y a du brouillard, espérons que ça se lève sinon on ne va rien voir là-haut.

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Au bout de quelques minutes, le gérant du camping vient nous faire payer l’entrée du site. Si on avait été plus rapide, on aurait sans doute réussi à ne pas payer. Comme d’habitude le vendeur de ticket n’a pas de monnaie et fait son peuchère pour qu’on se débrouille entre nous…

 

Après 30 min de montée nous voici sur le site. La vue est jolie, c’est grand, c’est impressionnant. La restauration du site est pas mal et en plus, il n’y a personne sur le site. Faut dire que pour le moment il est encore relativement peu accessible.

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Choquequirao est une citadelle inca construite probablement durant le 14 ou le 15ème siècle. En Quechua, Choquequirao signifie « berceau de l’or ». Fuyant les bains de sang espagnols, les derniers Incas se seraient réfugiés au Choquequirao pendant une quarantaine d’années, suite á la défaite de Cusco face à Pizarro en 1535. La cité aurait alors servi de base pour les opérations punitives envers les espagnols, avant d’être abandonnée quelques années plus tard pour une raison inconnue. Choquequirao, tout comme Machu Picchu, n’ont pas été découverts par les espagnols car les incas ont détruit les chemins y menant lorsqu’ils ont abandonné ces villes. C’est pour cette raison qu’elles ont échappés à la destruction. Cette cité, construite vraisemblablement avant le Machu Picchu serait 2 fois plus grande (1800ha), mais seuls 30% du site auraient été explorés. Les fouilles sont d’ailleurs réalisées sous l’égide de la France qui a annulé une partie de la dette péruvienne en contrepartie de quoi, l’argent de cette dette est consacré aux fouilles archéologiques du Choquequirao.

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La cité est perchée en pleine montagne, au niveau d’un col situé á un peu plus de 3000m d’altitude. De chaque côté, les flancs de montagnes sont bien raides et certaines portions ont été aménagées en terrasses agricoles. En plus de ces terrasses, on y trouve bien sur des temples, des habitations (avec étage !), un système de canaux …

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Le site étant relativement peu accessible (2 jours de randonnée assez difficile), il y a très peu de touristes ici, environ une vingtaine par jour. C’est donc seuls que nous visitons cette grande ville Inca : les terrasses, la ville, les hauteurs … mais où sont donc les lamas ? Le site est en effet connu pour les silhouettes de lamas en pierres incrustées dans les murs de certaines terrasses. On cherche, on cherche et on trouve enfin la direction des lamas, mais le chemin descend, encore et encore, ça semble interminable, mais on finit par arriver à des terrasses … où il n’y a pas de lamas ! Mais où sont donc ces lamas ?

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Après ces 2 jours de randonnée, nous sommes tous fatigués et les jambes sont lourdes. Vincent et André s’arrêtent là, tandis que je continu à descendre, encore et encore … mais où sont donc ces fichus lamas ? J’arrive enfin aux terrasses avec les lamas. Bon, c’est sympa, mais ça reste des cailloux ^^ Je pousse jusqu’au point de vue spécialement aménagé sur des planches branlantes un peu plus loin. Une photo, un coucou aux 2 copains restés en haut et je remonte pour retrouver André et Vincent en train de dormir au soleil.

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Il est alors temps de retourner au camping et de reprendre la route. Nous repassons devant les premières terrasses que nous avons croisé en route et Vincent nous sors alors la phrase du jour « Ils auraient quand même pu en refaire ici ! » (en parlant des lamas).

 

A 11h30, nous repartons du camping pour redescendre. André court toujours devant et Vincent est toujours derrière, mais avec de bonnes chaussures ça va quand même beaucoup plus vite et on arrive à la rivière vers 16h30. En cours de route, on profite de notre pause à Santa Rosa pour apprendre de nouveaux mots en Quechua : « Ailian Tchu » (bonjours / comment ça va ?) et « Ailian mi » (je vais bien).

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Il est temps d’amorcer la remontée. Et là, c’est mon heure. Les péruviens nous prédisent 1h d’ascension pour arriver au 1er camping, j’y arrive en 40 petites minutes. On serait bien allé un peu plus loin, mais la journée a été longue, il est 17h30 et Vincent a aussi eu une longue journée hier. On décide donc de camper ici.

 

 

J99 – Jeudi 8 Octobre

Ce matin, on part sans payer le camping. Mais on n’est pas vraiment des voleurs, personne ne nous a rien demandé. L’ascension se poursuit et pour ma part, je trouve ça bien plus difficile le matin que le soir. Après ces 3 jours de randonnée, je crois que Vincent est cuit. Faut dire qu’il n’a pas l’habitude de randonner et que le chemin est quand même difficile.

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Nous arrivons au mirador vers midi. Le temps de grignoter et un taxi vient déposer des randonneurs qui n’avaient visiblement pas envie de marcher les 10 premiers kilomètres. Du coup, pour éviter de laisser le taxi repartir à vide, on se dévoue et nous finissons les derniers kilomètres tranquillement installés dans un break. De passage à Cachora, Vincent en profite pour rendre les chaussures de Ralph.

 

Nous sommes de retour à Cusco dans l’après-midi. Une famille de 5 français est arrivée à l’hôtel, ainsi que Sam, un autre cycliste allemand qui débarque de Cusco et nous propose d’aller au Machu Picchu dès demain. La grâce matinée, ça sera pour plus tard.

2 Responses

  1. Christine TETREL

    Eh bien, ce n’est pas de tout repos ! Où sont les vrais lamas ?
    Contente de voir que tu peux maintenant faire route avec d’autres globe-trotter.

  2. Super balade!! Par contre, je tiens à te dire que cette grosse barbe ne te va pas du tout!!

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