Sur la route de Cusco

Classé dans : 2_Pérou | 3

J92 – Jeudi 1er Octobre
70km ; D+ : 1500m ; D- : 1200m

Départ d’Abancay un peu après 10h. L’idée est de rejoindre Cusco en 3 jours et pour commencer, une belle côte de 1500m à monter.

Les 150m premiers mètres sont très pentus et en pleine ville, bref difficile. Je commence donc ma journée par pousser le vélo. 1h plus tard, je sors enfin d’Abancay et c’est au moment où je me remets en selle que je suis rattrapé par Vincent, un canadien de Montréal, qui est parti de chez lui à vélo il y a 11 mois et qui depuis redescend tout le contient en direction d’Ushuaia (http://www.bananetheorique.org).

Pano1

 

Vincent est donc francophone (ce qui est assez pratique) et figurez-vous que le célèbre accent français est en réalité l’accent francophone 🙂

3 mois jour pour jour après mon départ de France, je fais donc route avec un autre cycliste pour la première fois (il était temps !). Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir quelqu’un à qui parler ou si la pente est douce, mais aujourd’hui, je monte plus facilement, doucement, mais sûrement. Les 200 derniers mètres ont quand même été difficiles, mais au fur et à mesure des lacets, nous voyons la ville d’Abancay s’éloigner et devenir de plus en plus petite.

DSC04070

 

A 17h30, nous arrivons au col, à quasiment 4000m. De là, nous découvrons la Cordillère Centrale, ses sommets enneigés et ses glaciers.

DSC04075

DSC04080

DSC04081

Pano2

Il va bientôt faire nuit et nous n’avons parcourus que 35km, mais tout de même 1500m de dénivelé positif. Comme tout ce qui se monte se redescend, il est temps de redescendre. Nous filons à bonne allure sous le soleil couchant, puis dans la nuit, pour arriver à Curahuasi, 1400m plus bas, en ayant finalement parcourus 70km dans la journée.

Pour dormir cette nuit, Vincent m’initie à un nouveau bon plan : dormir chez les pompiers. L’idée est d’aller sonner à la caserne et de dire que nous sommes des voyageurs de passage en recherche d’un hébergement pour la nuit. Et effectivement, nous serons bien reçus. Les pompiers sont sympas et en plus, c’est gratuit. Bon, le seul truc dommage, c’est qu’il n’y a pas d’eau (un comble pour des pompiers non ?). Comme c’est une caserne composée exclusivement de volontaires, ils nous laissent la caserne pour la nuit. Ici les camions sont un peu vieillissants et les volontaires ne sont pas du tout rémunérés.

DSC04084

 

Vincent a la forme et veut aller à Cusco en 2 jours. Comme il est parti tard ce matin, il n’est pas aller aussi loin que prévu, mais l’objectif tient toujours. Il reste donc 130km pour demain …

Le défi m’amuse, je vais donc tenter de le suivre. Réveil à 6h du matin. Je sens que je vais moins m’amuser demain soir, mais au pire, je pourrais toujours camper en route.

 

 

J93 – Vendredi 2 Octobre
123km ; D+ : 2150m ; D- : 1600m

Comme prévu, réveil à 6h, départ à 7h. Les 25 premiers kilomètres se passent très bien, normal, c’est de la descente. Nous descendons vers la rivière Apurimac, qui a donné son nom à cette région, tout en gardant le contact visuel avec les cimes enneigées. Nous passons ainsi de 2650m d’altitude à un peu moins de 1900m pour traverser l’Apurimac.

DSC04085

DSC04092

DSC04094

DSC04103

 

Comme tout ce qui se descend se remonte, il est temps de commencer l’ascension du jour, les 47 prochains kilomètres nous mènerons au col, situé à 3600m d’altitude. 1700m d’ascension, joli programme en perspective… Les 600 premiers mètres de montée se passent plutôt bien, les 1100m suivants seront beaucoup plus difficiles ^^

Pendant les 600 premiers mètres, la route remonte doucement entre les montagnes, il n’y a pas de difficultés majeure, en dehors de la chaleur. Les 100m suivants, juste avant de déjeuner me paraissent plus difficiles et je suis bien content de m’arrêter pour manger. Un peu avant midi, nous avons ainsi parcourus 45km et montés 700m … il en reste donc encore 1000.

DSC04104

 

La reprise n’est pas plus facile et je galère pendant encore 400m d’ascension. Et puis, je ne sais pas trop pourquoi, les 500m suivants passent avec une facilité déconcertante (enfin presque). Par contre, c’est le moment où mon vélo à la bonne idée de crever et bien sûr, juste à côté de types en train de creuser une grande tranchée le long de la route pour une raison inconnue. Ni une ni deux, il y en a donc 1 qui vient me voir et reste là, pendant toute la durée de la réparation, à rien faire, si ce n’est de me regarder. Comme s’il n’avait rien de mieux à faire et comme si j’avais envie qu’un type reste planté à côté de moi pendant 15 à 20 minutes. Bref, la réparation étant un peu plus longue que prévu, j’ai fini par mettre une nouvelle chambre à air et par partir, je réparerais l’ancienne plus tard.

DSC04108

DSC04114

DSC04122

 

Avec cette chaleur, les gourdes se vident rapidement et j’ai toujours soif. Je décide donc de m’acheter un coca-cola parce qu’il paraît que c’est très rafraichissant. Oui oui, vous avez bien lu, j’ai bu un coca-cola (enfin seulement la moitié de la bouteille pour le moment). Comme c’est pas très bon, je le laisse un peu s’éventer et finalement, c’est pas si pire. Et puis surtout, c’est quand même un coca que je peux partager avec Jésus ! Comme en France, les informations nutritionnelles sont indiquées sur la bouteille. Par contre, ici, coca-cola est un peu plus escroc. D’après l’étiquette, la bouteille de 500mL contient 54g de sucre, mais il n’est pas possible de déterminer le pourcentage des apports quotidien conseillés car la quantité de sucre à ingérer quotidiennement n’est pas connue au Pérou …

DSC04115

 

Bref, après ces 500m qui passent bien, je crois que la fatigue arrive sérieusement et les 200 derniers mètres sont assez difficiles. Oui, si on recompte bien, ça ne fait pas 1700m d’ascension, mais 1800m. Je ne sais pas si c’est l’altimètre qui était un peu faussé ou si Google n’était pas exact, mais à 3600m d’altitude, nous n’étions pas encore au col et il a fallu pédaler pour grimper d’encore quasiment 100m. J’étais ravi. Heureusement, le soleil, commençant à baisser, offrait une jolie lumière sur les montagnes.

DSC04122

DSC04127

DSC04128

DSC04135

 

En haut, il est déjà quasiment 17h et le froid commence à arriver. Le temps de mettre un pull et c’est parti pour quelques petits kilomètres de descente, direction Ancahuasi. L’idée est de descendre d’environ 300m, et ensuite, c’est relativement plat (ici ça veut dire que tu passes ton temps à monter et descendre de 20 ou 30m ou plus).

Arrivée à Ancahuasi, il est 17h45 et nous sommes à 45km de Cusco. La suite de la route est normalement assez plate (cf. définition précédente), puis remonte jusqu’à 3600m pour arriver à Cusco et redescendre de 200m. Vincent a bien envie de continuer. De mon côté, cette petite descente m’a remis d’aplomb et j’ai bien envie d’aller au bout aussi. C’est décidé, nous partons.

Avant ça, chacun remet des couches de vêtements car la nuit tombe et le froid avec. Un petit en-cas et c’est parti. Il est 18h30. Pendant les 10 à 15 premiers kilomètres, je suis en forme. Après, c’est quand même plus compliqué. Les derniers kilomètres seront très difficiles, notamment cette dernière ascension de 300m (je dois bien avouer que j’ai préféré pousser le vélo sur le dernier kilomètre, par fatigue et manque d’envie). Arrivés en haut, la ville de Cusco apparaît enfin. Enfin, on ne voit pas grand-chose à part des lumières car il est déjà plus de 21h30 et il fait nuit depuis bien longtemps. Mais ce n’est pas totalement terminé, il nous faudra encore quasiment 1h pour arriver en centre-ville et trouver l’hôtel de cyclistes que j’avais repéré sur internet.

Conclusion : Sacrée journée : 123km et plus de 2000m de dénivelé positif : de loin mon record jusqu’ici, d’habitude, je fais ça en 2 jours. Il est grand temps d’aller se coucher.

 

 

J94 – Samedi 3 Octobre

Cusco est une jolie ville. Par contre, ce qui frappe dès que tu sors dans la rue c’est la quantité de touristes. Il n’y a quasiment que des blancs dans le centre-ville. Mais où sont passé les péruviens ? (oui, je sais ce n’est pas très bien ce que je dis, il y a peut-être des péruviens qui eux aussi sont de race blanche ^^). Et bien sûr, qui dit touristes dit économie en conséquence. Ici tout est plus cher et il n’est pas possible de marcher 20m sans se faire alpaguer pour un restaurant, une visite touristique, une vente à la sauvette ou le plus souvent un massage. Bref, la ville est jolie, mais pas forcément très agréable à vivre.

DSC04143

DSC04145

DSC04151

DSC04158

 

Vincent est en contact avec un André, un cycliste allemand qui aime aussi randonner. On se retrouve donc dans un restaurant pour manger et établir notre programme de randonnée. Nous irons au Choquequirao, mais pas jusqu’au Machu Picchu parce que porter 8 jours de nourriture, ça fait un peu lourd, et aussi parce que André y est déjà allé. J’irai donc au Machu Picchu en rentrant de ces 4 jours de randonnée, parce que même si c’est un lieu hyper touristique, ça serait quand même dommage de passer à Cusco sans y aller.

Et puis, nous ne sommes pas les seuls cyclistes à l’hôtel. Il y a aussi un petit groupe composé de 3 brésiliennes et 1 espagnol. C’est comme cela qu’on se retrouve, le soir venu, à boire une bière. A la même table : 2 brésiliennes, 1 espagnol, 1 allemand, 1 mexicain, 1 canadien et 1 français, tous cyclistes.

DSC04139

DSC04585

DSC04589

 

 

J95 – Dimanche 4 Octobre

La journée commence par une déception, la super boulangerie française située à côté de l’hôtel est fermée aujourd’hui. Les croissants et pains au chocolat vont devoir attendre une journée de plus.
Cet auberge est décidement un lieu très fréquenté par les cyclistes. Alors que le groupe de brésiliens / espagnol prend le départ, direction le Choquequirao (nous nous y reverrons d’ailleurs probablement car nous on y va en bus), un cycliste chilien arrive. Et dans le garage à vélo, il en reste encore un de stationné qui appartient à un cycliste parti visité le Machu Picchu.

Ce dimanche sera réservé aux préparatifs de notre randonnée au Choquequirao : achat de la nourriture, de pastilles pour purifier l’eau (histoire d’éviter de réitérer l’épisode diarrhée en randonnée du Trek Santa Cruz), location de matériel pour ceux qui n’ont pas tout le nécessaire, recherche de carte à l’office du tourime … Je pense d’ailleurs pouvoir affirmer que l’office du tourisme de Cusco est le pire rencontré jusqu’ici.

Voici la seule carte de randonnée disponible pour le Choquequirao !

DSC04136

3 Responses

  1. TETREL Christine

    Heureuse de lire tes aventures. C’est nickel de pouvoir partager tes balades avec des potes. Bonne route pour la suite.

  2. Philippe Paumelle

    content de retrouver les photos. Sympa que tu ai trouvé un compagnon de route. pour la carte dit leur que même moi je fais mieux… c’est dire! Mais elle est drôle.

  3. Et bien !
    Un pote québécois, un Coca (tu n’avais pas « jamais bu de Coca » ??), 123 km avec un dénivelé de fou malade sur une journée (je capote complet), une carte super créative (bon, effectivement, elle ne répond peut-être pas à l’objectif premier d’une carte)… super article ! Ca donne l’impression d’y être (sans la douleur des kilomètres 😉 ) ! Profites !

    Des énormes bises Cam !

Laissez un commentaire