Sud Lipez – Partie 1 : San Juan de Rosario à Laguna Colorada.

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J143 – Samedi 21 Novembre
51km ; D+ : 260m ; D- : 200m

Aujourd’hui, c’est le grand jour. Départ pour 9 jours de pistes, direction San Pedro de Atacama, au Chili. La route est réputée très difficile, mais les paysages incroyables.

Vers 9h, je prends le départ. Stop ! Faux départ !

Après 1 petit kilomètre, la pédale réparée hier soir refait des siennes Serrer au maximum n’aura pas suffi, le pas de visse est vraiment foutu. Je fais demi-tour et retourne à San Juan. 2 solutions s’offrent à moi : trouver un véhicule pour Uyuni en espérant y trouver un nouveau pédalier ou souder la pédale au pédalier. N’étant pas sûr de trouver du bon matériel à Uyuni (le bon matériel est assez rare en Bolivie, mes 2 paires de pédales peuvent en témoigner) et n’ayant pas envie de perdre une journée, je me décide pour la soudure.

Je trouve un soudeur (le seul de la ville), mais la soudure d’avère impossible car si ma pédale est en acier, la manivelle du pédalier est en aluminium. J’adresse donc un salut amical et mes félicitations au services Recherche et Développement de Shimano pour cette excellent idée (bon, en vrai, j’imagine qu’ils ont quand même de bonnes raisons, mais avouons que ce n’est quand même pas très pratique). Heureusement en Bolivie, c’est comme au Pérou, on te fait des réparations avec 3 fois rien. Mon soudeur coupe donc la tête d’un boulon et soude le pas de visse à l’arrière de l’axe de ma pédale. 2 rondelles, un écrou et le tour est joué. La soudure n’est pas très jolie et ça godaille un peu, mais ça tient.

Je repars donc, avec plus d’une heure de retard. Désormais, la suite du voyage est conditionnée par la résistance de cette soudure. Wait and see …

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La route du jour ne devrait pas être trop difficile. Que du salar, bien plat et bien roulant, avec tout de même du sable sur les derniers kilomètres. Les éléments en décideront autrement. A 10h, le vent de face est déjà puissant, ma progression est lente et difficile, la journée s’annonce longue.

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Vers 11h, je croise un couple de bretons en tandem (comme tous les bretons, ils ont un petit drapeau). Eux arrivent de San Pedro et nous nous échangeons quelques informations sur la route et les spots pour dormir. On discute de tout et de rien et nous ne reprenons la route qu’après 1h de discussion. Pendant qu’on discutait le vent était tombé, on aurait dû faire plus court car 3km plus loin, le vent reprend de plus belle. J’avance péniblement, quand soudain une rafale plus puissante que les autres emporte ma casquette, après laquelle je me retrouve à courir pendant plus de 500m.

J’arrive à Chiquana vers 14h pour déjeuner. Ici, il n’y a que des maisons abandonnées et un camp militaire qui le semble également. Le seul signe de vie réside dans la présence de quelques brosses à dents à côté des réservoirs d’eau. Je mange à l’abri du vent, refait le plein d’eau dans un réservoir à la salubrité douteuse (mais c’était quand même le moins rouillé et comme le prochain point d’eau est dans 2 jours …) et c’est reparti.

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Le vent n’a pas faibli, bien au contraire. Je ne trouve pas la route indiquée par le couple de français, plus longue, mais plus facile, et garde donc le cap sur la route initiale et les 20km de sable à venir en fin de journée et demain. Je croise quelques 4×4 de touristes en route, ils rentrent à San Juan de Rosario. Le chauffeur ralenti systématiquement à mon passage pour que ses clients puissent admirer la bête de foire que je représente, mais ils sont quand même sympas. On me propose de l’eau, les touristes m’encouragent, il y en a même qui m’applaudissent …

Passée l’heure des 4×4, je suis de nouveau seul dans cette grande étendue, cernée de volcan, avec le vent pour seul compagnon. Le genre de type dont tu aimerais bien te débarrasser mais qui ne veut pas te lâcher.

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Entre mon heure de soudure et mon heure de discussion avec les français, je ne suis pas en avance et ne suis pas sûr de pouvoir terminer l’étape du jour. En fait, je n’ai que moyennement le choix, avec ce vent, un coin abrité est indispensable pour planter la tente et je sais qu’il y en a un en fin d’étape. Avant, c’est l’inconnu, je poursuis donc ma route. Le mélange terre/sel fini par céder la place au sable. Je ne suis pas loin du bout, plus que quelques kilomètres … qui dureront une éternité. Le vent est toujours plus puissant et la piste peu praticable. Avec la fatigue et ma pédale bancale, je ne suis pas des plus courageux et fini par pousser le vélo. Entre le poids du vélo, les bagages, 10 jours de nourriture et 10L d’eau, je crois bien que le vélo est plus lourd que moi et j’ai un peu l’impression de conduire un tank.

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Vers 18h30, j’arrive enfin à destination. J’ai parcourus une cinquantaine de kilomètres, mais j’ai l’impression d’en avoir fait le double. J’espère que tous les jours ne seront pas aussi épuisant.

Pour le moment, la pédale tient toujours, elle ronge petit à petit la manivelle, mais ça tient. Après réflexion, je me dis que j’aurais peut-être dû faire souder l’écrou aussi car il n’est pas impossible qu’il se dévisse petit à petit. Enfin bon, on verra bien.

PS : j’ai passé la barre des 3000km de matin 🙂

 

 

J144 – Dimanche 22 Novembre
30km ; D+ : 490m ; D- : 250m

Ma journée pourrait se résumer ainsi : beaucoup de sables, des pierres, du ripio et de la tôle ondulée.
Ceux qui préfèrent lire la version longue peuvent continuer 🙂

Partant d’un bon sentiment, j’avais mis le réveil à 5h30. En effet, avec le vent qui souffle tout l’après-midi et aussi une partie de la matinée, il vaut mieux partir le plus tôt possible. Sauf que je me suis rendormi pour me réveiller à 7h30. A 5h30, il ne fait que 3 degrés dans la tente autant dire que dehors, ça gèle, ça promet pour les jours à venir.

A 9h, je prends le départ pour 10km d’ascension qui me permettront d’arriver à 4200m d’altitude. La piste est hyper sableuse, probablement la pire depuis mon départ. Résultat, je me retrouve à pousser pendant une bonne partie de l’ascension et il me faudra quasiment 3h30 pour en venir à bout. Repas au col et c’est reparti.

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Les 10km suivants sont plus simples. Beaucoup de caillasses, mais ça n’empêche pas de rouler. L’équilibre reste précaire et les glissades et presque-chutes nombreuses. Les 2 derniers kilomètres sont quand même très sableux, histoire de ne pas perdre l’habitude de pousser.

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Ces 2 kilomètres de sable, me mènent à une « route ». Je mets des guillemets parce que cette surface en béton semble avoir été construite il y a quelques dizaines d’années et n’a a priori jamais été rénovée. Il y a peut-être un lien avec le fait qu’elle mène au Chili. En effet, les boliviens entretiennent une importante rancœur envers les chiliens depuis que ceux-ci leur ont conquis il y a un peu plus d’un siècle, ce qui est aujourd’hui le Nord du Chili : une région désertique de 400km, très riche en minerais et qui était l’unique accès à la mer de la Bolivie. Si la Bolivie ne semble pas réclamer la récupération de ce territoire, elle a toujours en travers de la gorge la perte de son accès maritime et est même aller porter l’affaire devant le Tribunal International de La Haye, car ce manque d’accès à la mer serait un frein important au développement de la Bolivie, pays le plus pauvre d’Amérique du Sud (et le seul à ne pas disposer de ce fameux accès à la mer).

Bref, cette route défoncée, c’est mieux que de la piste sableuse, mais c’est quand même pas le rêve. Après 7km de route, il est temps de retrouver la piste. Un petite sortie sur la droite et m’y voilà. 3km de montée et me voici à 4300m. La peur de casser ma pédale m’incite y aller doucement avec cette dernière et à monter plus lentement que d’habitude. Vu l’isolement de ce parcours, toute casse signifierait très probablement la fin de cette traversée du désert à vélo et l’obligation de me faire embarquer dans un 4×4.

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J’arrive au col vers 18h. Je n’ai parcourus que 30km sur les 40 initialement prévu, mais entre mon réveil tardif et le sable des premiers kilomètres, je ne pouvais pas aller plus loin aujourd’hui. Je tacherais de faire mieux demain. Je déniche un coin pour camper vraiment riquiqui. Ma tente y rentre tout juste et c’est un peu l’acrobatie pour aller planter les piquets, mais au moins, je suis abrité du vent.

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J145 – Lundi 23 Novembre
40km ; D+ : 510m ; D- : 500

Tout avait pourtant si bien commencé. Je me lève pas trop tard, je pars vers 8h, j’avance à un rythme correct (enfin, tout est relatif) et arrive à la Laguna Cañapa assez rapidement. C’est très beau, il y a des volcans, la lagune, du sel, des flamands roses … Les flamands roses sont un peu l’emblème de cette région et ce sont les premiers que je peux approcher de relativement prêt. Ensuite, je rejoins toujours assez rapidement la Laguna Hedionda. C’est toujours très beau et il y a toujours des flamands roses. Il y a bien un peu de sable et de caillasse sur le chemin, mais ça reste roulant Le seul truc, c’est que pour une fois que je suis matinal, je vent aussi. Il commence à souffler vers 9h et est déjà bien fort, je redoute un peu l’après-midi.

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A la Laguna Hedionda, c’est l’heure de manger. Tous les touristes en 4×4 squattent les tables de pique-nique du restaurant de la lagune, mais ils sont quand même plusieurs à venir discuter avec moi. Du coup, la pause est assez longue et après avoir refait le plein d’eau, je repars vers 14h.

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Là, c’est la tempête … j’avais rarement vu un vent comme ça. A Paris, je suis le genre de mec qui choisis sa bouche de métro pour avoir un peu de vent de face en sortant, histoire de me rappeler la mer, mais je crois pouvoir dire qu’on ne sait pas vraiment ce qu’est le vent tant qu’on n’est pas passé par ici (surtout à vélo !). Je me demande bien ce que ça donnera en Patagonie (mais ne suis pas spécialement pressé de le découvrir …). Je repars quand même, passe la Laguna Chiar Khota (ne vous moquez pas, elle n’a pas choisi son nom ^^) et la Laguna Honda. Il y a tellement de vent qu’à la Laguna Honda, j’ai du mal à tenir debout pour prendre des photos.

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Ensuite, plus rien, ou presque. J’ai devant moi une grande étendue de sable dont je ne peux pas évaluer les dimensions. Le vent se calme un peu, la piste monte doucement. Il y a beaucoup de sable et le vent de côté m’envoie régulièrement faire les bordures, synonymes d’ensablement. L’après-midi avance et je me rends rapidement compte que je n’aurais pas le temps d’avancer jusqu’au prochain spot de camping référencé sur la carte. Il va falloir en trouver un autre si je veux dormir, mais il n’y a par ici absolument rien qui puisse faire office de coupe-vent.

Et soudain, c’est le drame, la soudure de la pédale saute ! Là, je suis vraiment dans la merde. Pas le temps de m’affliger sur mon sort, je dois pousser le vélo, au milieu de nulle part, pour trouver un endroit où dormir. Au bout de 2h, je vois quelques barres rocheuses sur ma gauche. Je laisse le vélo pour aller voir : environ 1km de sable, hors-piste, bref la galère, mais je n’ai pas vraiment le choix. Je repère d’autres traces de vélo, c’est plutôt bon signe. Je retourne chercher le vélo.

Avec tout ce sable, je pousse très lentement. Tellement lentement, que parfois, je compteur de vitesse ne se déclenche même pas. Je finis quand même par arriver à ces barres rocheuses. Visiblement, personne n’à camper ici où alors, il ne reste vraiment aucune trace. Le vent est tombé et je ne sais pas où planter la tente pour être à l’abri du vent, mais le soleil vient de passer derrière la montagne et il va faire bientôt très froid, je n’ai donc pas d’autre alternative que de rester ici. J’espère que le vent ne se lèvera pas dans la nuit car en plus de ne pas être sûr d’être protégé du vent, les piquets ne tiennent pas grand-chose dans ce sol très sableux et il n’y a pas de pierres pour lester la tente.

Bon et sinon, cette histoire de pédale, ça sent quand même le sapin. J’avais bon espoir que ça tienne en partant, mais là, je crois bien que c’est la fin de l’aventure Sud Lipez à vélo. C’est un peu rageant, entre l’ascension incomplète du Huayna Potosi et ça, j’ai un peu l’impression de rater tout ce que j’entreprends en ce moment.

Comme je suis à 140km du départ et environ 160km de la belle route menant à San Pedro de Atacama, je décide de pousser demain matin en direction de San Pedro car je ne veux pas revenir sur mes pas. J’espère trouver un 4×4 dans la journée pour me ramasser et si ce n’est pas le cas, le prochain lieu de civilisation est un hôtel dans 20km que je devrais donc pouvoir atteindre en fin de journée. Mon seul espoir de repartir ensuite sera de trouver à cet hôtel un poste à soudure ou un quelconque moyen de réparation. Soyons honnête (et réaliste), je crois que l’espoir est bien maigre.

 

 

J146 – Mardi 24 Novembre
25km ; D+ : 430m ; D- : 300m

Quelle journée ! Je me réveille ce matin, un peu blasé de poursuivre ma route à pied. Je pars vers 8h30 et marche en poussant. Il y a beaucoup de sable et ma progression est lente. Vers 9h30, je croise mes premiers 4×4, mais en sens inverse. Je ne fais donc pas signe de s’arrêter et me contente de répondre aux coucous des touristes.

Il y en a un qui s’arrête malgré tout. Le couple de boliviens à l’avant est vraiment adorable. On me propose de l’eau, des sucreries, du chocolat … et je réponds que j’ai surtout un problème de pédale. Et là, en quelques minutes, le chauffeur improvise une réparation avec du fil de fer et des bandes de caoutchouc. Pendant ce temps, je discute avec les passagers, un couple de lyonnais, très sympa aussi. J’apprends au passage que la fête des lumières est annulée et les manifestations liées à la COP21 interdites en raison du risque terroriste. Sans crier au complot, je me dis que sur ce coup là, ça doit quand même bien arranger notre gouvernement, qui n’aurait jamais su gérer les manifestations d’ampleur attendues sans tabasser les manifestants. Je vous invite également à lire le livre de Naomi Klein « La stratégie des chocs » où à visionner le film éponyme.

Bref, tout ça pour dire que ma pédale bénéficie d’une nouvelle réparation de fortune, l’aventure reprend. Bon, ça couine quand même pas mal, ça ne tourne pas très rond et j’ai peur de ne pas aller bien loin, mais c’est mieux que rien. Comme la piste continue à monter dans le sable, je préfère continuer à pousser pour éviter de forcer dessus.

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J’ai toujours droit à des coucous et parfois à des applaudissements. Je ne suis pas sûr que ça soit très mérité, mais ça fait quand même plaisir et c’est toujours mieux que ceux qui passent rapidement en prenant des photos ou des films comme si j’étais un animal de zoo.

La montée dans le sable est longue, lente et pénible et il me faudra la matinée pour arriver en haut, à 4625m d’altitude (soit, mon plus haut col à ce jour). Je ne le dis pas assez, mais malgré la difficulté, les paysages sont toujours aussi exceptionnels et je crois que ça vaut le coup de passer par ici.

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Peu avant le col, j’aperçois un cycliste derrière moi. Je l’attends en me disant que ça serait marrant qu’on se soit déjà croisé en route, par exemple à la Casa de Ciclista de La Paz. Quelques minutes plus tard, André, l’allemand du Choquequirao, s’arrête à ma hauteur. On papote un peu, je lui explique mon problème de pédale, et comme il est sympa, on repart tous les deux en poussant. André va plus vite que mois. C’est mon 4ème jour et lui son 3ème. Faut dire aussi qu’il n’est pas parti à 11h le premier jour et qu’il a 2 vraies pédales fiables. Ça aide (mais je pense quand même qu’il a un rythme plus rapide que le mien).

Au bout d’un moment, il me demande quand même quand est-ce que je peux pédaler. Il a raison, j’ai quand même 2 pédales, ce n’est pas pour pousser tout le temps. On repart donc en pédalant doucement pour que la réparation tienne le plus longtemps possible. Entre le vent et le sable, on n’avance pas bien vite, mais toujours plus vite qu’en poussant. L’arrivée d’André m’a un peu mis un coup de pied au cul et je crois que j’en avais bien besoin. Je reprends confiance et on avance.

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Arrive l’instant fatidique où nous passons l’embranchement pour aller à l’hôtel. André va continuer et moi je ne sais pas trop quoi faire. La pédale a l’air de tenir le coup, le prochain campement est dans 10km et le chauffeur m’a dit qu’il n’y avait pas de poste à soudure à l’hôtel. Du prochain campement, il me restera un peu moins de 40km pour arriver à la Laguna Colorada, réalisable en 1 journée si la pédale tient. Bref, je suis joueur et décide de continuer (comment ça j’aime le risque … ?!).

Cet après-midi, c’est sable et ripio ou ripio et sable, ça dépend des moments. Tout autour de nous le sable est rouge et nous sommes entourés de volcans, on se croirait sur Mars. La piste est assez difficile et il n’y a qu’une étroite bande de 30cm de largeur qui est praticable. Autant dire que le fort vent de côté nous envois souvent faire les bordures, mais on avance 🙂

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Et puis 500m avant le campement, la pédale refait des siennes et je ne peux plus rouler. Je pousse donc sur la fin. L’une des bandes de caoutchouc a lâchée, la 2ème est bien attaquée par le fil de fer en dessous et le fil de fer est brisé en plusieurs endroits. Je vais devoir refaire une réparation si je veux repartir demain. Heureusement, j’ai collecté des bandes de caoutchouc en cours de route cet après-midi, mais par quoi remplacer le fil de fer. Le père de ma copine Camille répare tout avec de la suspente de parapente. Comme ça avait l’air assez polyvalent, je suis parti avec 10m en me disant que ça pèse rien et que ça peut toujours être utile. C’est le moment de la rendre utile. Suspente + lanière de caoutchouc, je n’ai pas le talent des péruviens et des boliviens qui sont les rois de la bricole, mais ça a quand même l’air de tenir. La question est surtout combien de temps, espérons au moins 38km. C’est la distance qui me sépare de la Laguna Colorada.

Cette nuit, on dort à 4600m, la nuit promet d’être bien froide.

 

 

J147 – Mercredi 25 Novembre
21km ; D+ : 120m ; D- : 140m

Nous partons de bon matin avec André et au bout de 100m, ma réparation de la veille commence déjà à se défaire … Je m’arrête donc pour la refaire et dit à André de ne pas m’attendre car ma journée s’annonce longue. Faut dire qu’hier, il faisait un froid de canard et que j’avais les doigts tout engourdis lorsque j’ai tenté ce bricolage, du coup ce n’était pas assez serré. Cette fois, je m’y prends un peu mieux, c’est serré et ça semble plus solide.

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Je ne peux quand même pas trop appuyer dessus et ici il y a beaucoup de sable. Du coup, j’ai poussé une bonne partie de la matinée pour ne parcourir que 10km.

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Après manger, je repars. Il me reste 10km avant l’Arbol de Piedra. La route est facile, la piste est plutôt bonne, un peu de ripio, mais peu de sable. Bref, ça roule. Un 4×4 me demande si j’ai besoin d’aide. Comme ça roule, j’ai un peu pris la confiance et c’est toujours dans ces moment-là que ça flanche. Je roule depuis 3km quand je dis au 4×4 que je n’ai pas besoin de son aide. 1km plus loin, la pédale tombe. Il me reste donc 6km à pousser pour arriver à l’Arbol de Piedra où il y aura plein de 4×4 et de touristes, il y en aura bien un pour m’embarquer. Comme la piste est assez bonne, je marche plutôt vite. C’est d’ailleurs assez frustrant, c’est sans doute la meilleure piste depuis le Salar et je ne peux même pas rouler dessus.

1km avant l’Arbol de Piedra, un 4×4 passe. Je lui explique mon problème et il est tellement désolé de ne pas pouvoir m’embarquer car il est déjà plein qu’il me donne une sucette. A 28ans, je crois que je goute ma 1ère sucette et je trouve pas ça terrible.

Quelques minutes après j’arrive à l’Arbol de Piedra. C’est une formation géologique façonnée par le vent et le sable.

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Le chauffeur d’il y a quelques minutes à déjà rassembler les autres chauffeurs pour essayer de me trouver un transport. Malheureusement, ils sont tous pleins, mais m’indiquent qu’un 4×4 avec un seul touriste devrait arriver d’ici peu. En attendant, tous se penchent sur le vélo pour essayer de trouver une solution et chacun y va de son avis. Cela attire donc les touristes qui viennent donc á leur tour voir et donner leur avis. Tout le monde veut m’aider et ils sont une vingtaine autour du vélo, mais personne n’a de solution. Comme je sympathise avec les touristes, l’un des chauffeurs décide de m’embarquer, même s’il est déjà plein. Nous sommes donc 2 sur le siège avant, mais il n’y a que 18km à parcourir pour arriver à la Laguna Colorada.

A la Laguna, je retrouve André, qui n’a pas encore mangé et à négocier de manger les fins de plats de l’auberge gratuitement. Comme j’arrive entre les deux, j’y ai aussi droit et mange donc une deuxième fois. Au menu, purée et knaki … mais il y a aussi de la tomate, du concombre et de la banane. On décide de passer la nuit au refuge car il n’y a, à première vue, pas trop d’endroit où camper. Et puis un lit et de vrais repas, de temps en temps, ça fait du bien, surtout quand on a dépassé la moitié du périple.

La Laguna Colorada est l’une des attractions phares de cette route. Elle est principalement connue pour sa couleur rouge et ses flamands roses. La couleur rouge de l’eau est due à certains sédiments, mais aussi certaines algues qui peuplent cette lagune. Et si les flamands sont rose, c’est parce qu’ils consomment ces algues rouges. Mais bon, vu d’ici, la Laguna Colorada, c’est plutôt décevant. Espérons qu’en prenant de la hauteur demain, ça sera plus beau.

Viens ensuite le moment de réparer le vélo. Le gérant du refuge n’est pas franchement coopératif, mais il y a, à côté une station de géothermie où je fais la connaissance de Carlos, le bricoleur du lieu. Il a l’air occupé et me demande de revenir 2h plus tard. Je reviens donc un peu plus tard, et là Carlos s’affaire sur la pédale : fer à souder, meuleuse … tout y passe. A la fin, la pédale est réparée. Il y a encore un peu de jeu, mais ça a l’air plus costaud que la précédente soudure. Et comme Carlos est un type adorable, la réparation est gratuite. Espérons qu’elle tienne encore 4 jours.

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De retour au refuge, on discute avec des français et des brésiliens, puis c’est encore l’heure de manger : de la soupe et des pâtes. Au moins aussi original que ce midi ^^ Mais au moins ici, les deux ne sont pas mélangé dans la même gamelle comme c’est le cas quand c’est moi qui cuisine au réchaud. Avec le petit dej’ de demain, on aura repris des forces pour s’attaquer au col de 4900m.

One Response

  1. GEROME serge

    Bonne chance pour ton col à 4900m et la suite de ton périple. J’espère que cette dernière réparation sera la bonne!
    Je t’envoi toute mes forces mon Camille. J’ai tout à fait confiance aux suspentes quand à leurs résistances au poids mais sur le frottement cela semble moins évident!
    D’après les rapports internationaux, un pays privé d’un accès à la mer perd entre 5 et 10% de son PIB!!!
    Merci pour ton partage (écritures et photos), soit fort ….
    Bises

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