Régions des Lacs : de Villa la Angostura à Puerto Montt

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J182 – Lundi 18 Janvier
60km ; D+ : 840m ; D- : 1350m

Aujourd’hui, c’est parti pour retraverser les Andes, direction le Chili. Il est bien loin le temps où il fallait 4 jours d’ascension, plusieurs cols à plus de 4000m et 3 jours de descente pour traverser cette chaîne de montagne. Ici, la Cordillère baisse petit à petit et une journée suffit désormais pour la traverser via un col à 1350m.

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L’ascension ne sera pas très très difficile, la principale difficulté sera plutôt d’invasion de taons. Ils sont régulièrement une dizaine à te tourner autour et ils ne sont pas du genre à abandonner. Nous ferons de nombreuses pauses pour tenter d’en zigouiller un maximum, mais le vivier semble infini. Il y en a des tout noir, un peu plus gros qu’une mouche et aussi des noir et orange, bien plus gros. Entre nous, la guerre est déclarée, mais ils ont clairement l’avantage du nombre et la seule solution est d’avancer le plus vite possible pour passer le col, redescendre et espérer qu’il y en aura moins plus loin. Pour tenter de nous protéger en roulant, nous adoptons la technique de la vache qui agite sa queue pour chasser les indésirables. Je vous vois venir avec vos jeux de mots graveleux … mais nous n’avons utilisé que des tissus pour tenter de les éloigner. Fabien et Kristell se sont quand même fait un peu piquer et je suis le seul à avoir eu la chance de passer entre les mailles du filet.

Avec de tels assaillants, il est impossible de s’arrêter pour manger. Malgré l’heure qui avance, nous continuons donc d’avancer. Après 15km, nous passons la douane argentine (qui nous tiendra la jambe 30min pour obtenir un pauvre tampon), puis 40km de no man’s land entre les douanes argentines et les douanes chiliennes. Au beau milieu de ce no man’s land, la frontière, puis 20km de descente pour arriver à la douane chilienne. Il est 15h30 et les taons sont toujours présents, mais un peu moins nombreux. Nous en profitons donc pour manger et passer la douane. Pour la 1ère fois, les services sanitaires vont fouiller la sacoche à nourriture et me confisquer le paquet de lentilles que j’avais acheté hier à Villa la Angostura. Il parait que ce sont des graines germées, ce qui est formellement interdit. Heureusement, j’avais quand même eu le temps d’en manger une fois.

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Il est déjà 17h30 lorsque nous repartons de la douane. Nous repartons donc en sachant que nous n’irons pas bien loin et commençons à scruter les emplacements de camping pour la nuit. Quelques kilomètres plus loin, nous nous installerons derrière une petite église. Les taons sont toujours là et nous nous réfugions dans les tentes avant d’en sortir vers 19h. Il semble que les taons ne soient pas trop du soir. Autour de nous des prairies avec des moutons. Ceux-ci aiment visiblement discuter et nous pouvons entendre une large diversité de bellement, allant de l’ado n’ayant pas encore mué au papy à la voix chevrotante en passant par le fumeur à la voix cassée.

 

 

J183 – Mardi 19 Janvier
74km ; D+ : 656m ; D- : 835m

Ce matin, nous sommes réveillés par 2 moutons qui se sont échappés du champ voisin. Ceux-ci se balade un peu à proximité des tentes puis finissent par apercevoir leurs congénères de l’autre côté du grillage. Ils cherchent, mais ne retrouvent pas le passage et poussent alors de grands cris pour appeler les autres moutons au secours. Visiblement, les autres n’en ont rien à foutre ^^

Les 40 premiers kilomètres sont assez faciles et nous amènent à la petite ville d’Entre Lagos pour l’heure du déjeuner. Nous nous posons au bord du Lac Puyuehue, il fait beau, il fait chaud, bref, la vie est belle.

Nous repartons un peu plus tard et profitons de très belles vues sur le volcan Osorno, il y a quelques taons, mais pas trop et nous profitons un peu plus du paysage qu’hier où nous étions complétement harcelés. En route, nous rencontrons un couple de français à la retraite qui voyage à vélo. On discute un certain temps, ils sont très sympas et nous nous échangeons informations sur la route.

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Après avoir roulé une bonne partie de la journée au milieu des prairies, nous passons ensuite dans une très grande plantation d’eucalyptus, sans doute destinée à l’industrie papetière ou à la construction. C’est ici que nous décidons de planter les tentes pour la nuit.

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J184 – Mercredi 20 Janvier
68km ; D+ : 540m ; D- : 660m

Après cette nuit en bordure de la plantation d’eucalyptus, je me lève le 1er et découvre un animal non loin des tentes : un genre de petit cerf, tout noir et sans bois qui s’enfuit en me voyant. A l’heure où je publie ce post (c’est à dire un mois et demi plus tard), je me dit que c’était peut-être un huemul.

Les kilomètres continuent à défiler et tout se passe bien. Nous avons toujours une superbe vue sur le volcan Osorno. Nous sommes sortis de la plantation d’eucalyptus et circulons maintenant au milieu des champs. On se croirait un peu en Normandie. Un paysage très vert, des prairies avec des vaches blanches et noires, quelques haies … La seule différence, c’est qu’ici en toile de fond, il y a des montagnes ou un volcan couvert de neige !

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En cours de matinée, nos « amis » les taons refont leur apparition. Et la galère reprend. A tel point qu’en fin de matinée, nous finissons par nous réfugier dans un restaurant pour s’acheter quelques minutes de tranquillité. Mais bon, vu le prix des plats, dans cette région hyper touristique et en période de vacances estivales (oui oui, ici c’est l’été ^^), on se contentera d’un jus de fruit. Nous apprenons au passage que ces sympathiques petites bêtes s’appellent des « tabanos » (c’est-à-dire des taons) ou des « coliguachos » (je n’ai pas trouvé de traduction en français, mais vous trouverez de jolies photos de ces sympathiques petites bêtes sur internet) et sont présents du 1er au 22 Janvier (oui, c’est très précis). Ouf, plus que 2 jours !

Nous repartons donc toujours harcelés, mais avec des perspectives beaucoup plus réjouissantes. Après quelques kilomètres supplémentaires, nous nous arrêtons pour déjeuner au bord de la route, à l’entrée d’Ensenada, non loin d’une plage où 2 jeunes sont en train de copuler. Ici peu de tabanos et il y a même une grosse chenille à l’allure peu ragoutante. L’objectif de la journée est atteint, il ne nous reste plus qu’une soixantaine de kilomètres pour arriver à Puerto Montt, ce qui nous assure donc d’arriver demain dans l’après-midi. Tout ce que nous roulons maintenant, c’est du bonus. Nous repartons vers 16h et roulons environ 20km de plus pour nous arrêter sur une petite plage de galets et planter les tentes à proximité.

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J185 – Jeudi 21 Janvier
60km ; D+ : 500m ; D- : 520m

La perspective du jour de repos demain n’est sans doute pas totalement étrangère au fait que tout le monde s’est rendormi après le réveil et que c’est finalement vers 10h que nous prenons le départ. Notre matinée consiste à longer le lac Llanquihue, comme une bonne partie de la journée d’hier, pour rejoindre Puerto Varas. Nous croisons quelques cyclistes en cours de route et après quelques montées et descentes (encore et toujours, il parait que le Chili n’est jamais plat …) nous arrivons à Puerto Varas. Il est encore assez tôt, nous décidons donc de continuer à roulet jusqu’à Puerto Montt, notre destination du jour, 15km plus loin. Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’entre les deux villes, il y a une sacrée colline et que ça grimpe pas mal.

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On finit tout de même par arriver à Puerto Montt. L’entrée de ville est plutôt moche et globalement la ville manque un peu « de charme et de caractère » (dixit Kristell). On commence par se faire une bonne grosse pizza, histoire de reprendre les quelques grammes que nous avons pu perdre en route et ensuite c’est un peu la loose.

Nous avions 3 personnes en mesure de nous héberger, mais :
– Nous étions censés arriver demain et le 1er, Sébastien, ne peut pas nous recevoir aujourd’hui
– Le 2ème, Sébastien (oui encore un), peut nous héberger, mais nous demande de bosser dans sa ferme en contrepartie. Si on était resté plusieurs jours, ça aurait pu être marrant, mais après ces 10 jours de vélos, on aimerait surtout se poser un peu et glander.
– Le 3ème, Simon, est injoignable et nous n’avons pas son adresse.
Bref, on ne sait pas trop où on va dormir, d’autant plus que je suis le seul à avoir un téléphone et que je n’ai presque plus de batterie. Je squatte donc une prise de courant de l’office de tourisme, on en profite pour visiter un peu la ville et en fin d’après-midi, je finis par réussir à avoir Simon au téléphone, celui-ci peut toujours nous héberger. Ouf 🙂

Sur la place principale, il y a un petit concert et nous en profitons quelques minutes avant de nous rendre chez Simon où nous seront très bien accueillis. Sur la place principale de Puerto Montt, pour une raison inconue, les arbres ont des pulls …

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J185 – Vendredi 22 Janvier

Aujourd’hui, c’est la glande, histoire de se reposer. On en profite tout de même pour faire quelques courses pour les jours à venir, nous renseigner sur les bateaux que nous serons amenés à prendre dans les prochaines semaines et mettre à jour nos blogs respectifs.

 

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