Puyo et retour à Baños

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J19 – lundi 20 Juillet
C’est parti une virée à Puyo via la route des cascades.
La route des cascades porte bien son nom. On y trouve des cascades partout. Certaines sont plus impressionnantes que d’autres et il faut payer pour s’en approcher, mais il y a de petites cascades un peu partout, même sur la route …

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Au delà des nombreux loueurs de vélo, moto, buggy … présents à Baños, de nombreuses attractions touristiques se sont développées autour de ces cascades : tyroliennes survolant la cascade, téléphérique, petits chemins de randonnée, passage dans la roche pour aller derrière la cascade …

En route, je croise un barrage hydraulique sur le Rio Pastaza. L’Equateur est au courant qu’il n’a plus qu’une vingtaine d’année de production de pétrôle devant lui et investi massivement dans l’hydraulique pour s’approcher le plus possible de l’autonomie énergétique.
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La cascade la plus célèbre est le Pailon del Diablo. Le site actuel a été quelque peu réaménagé par l’Homme afin de pouvoir s’en approcher, l’observer depuis des balcons, passer derrière (le « chemin » pour y accéder est d’ailleurs relativement exigüe) … J’y apprend aussi que Dieu existe et a créé cette cascade (oui, au quotidien, tout est l’œuvre de Dieu en Equateur et beaucoup d’équatoriens sont créationnistes)

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Comme d’habitude, je ne pars pas en avance et ce n’est que vers midi que j’enfourche le vélo, direction Puyo à un peu plus de 60km de Baños. La route est globalement descendante, mais comme d’habitude, le meilleur moyen de descendre 600m de dénivelé, c’est de descendre 100m, remonter 50m … Sans mes bagages laissés à Baños, c’est quand même plus simple, et comme toujours, les vues sont assez sympas.

J’arrive à Puyo de nuit, vers 19h30. Même si la route est globalement descendante, il était illusoire de penser partir à midi, observer les cascades en route, aller voir le Pailon del Diablo et espérer arriver avant 18h (heure à laquelle le soleil commence à se coucher ici). Ce fut donc l’occasion de tester l’éclairage du vélo, alimenté par la dynamo. Test concluant.

J20 – mardi 21 Juillet
Après avoir passé la nuit à Puyo, me voila bien avancé car je n’ai absolument aucune idée de ce qu’il y a à faire dans cette ville. La végétation a beaucoup changé depuis Ambato et Baños, je suis au début de la forêt amazonienne. Les zones quasi désertiques ou très rases ont fait place à une végétation luxuriante. Ici, il fait chaud et humide, le moindre petit effort te fais transpirer et il pleut à grosses gouttes au moins une fois par jour. J’ai eu ma première averse hier soir lors de mon arrivée à Puyo, alors que j’étais tranquillement en train de manger dehors.

Après un rapide passage au cyber-café, j’ai confirmation qu’il n’y a pas grand chose à faire à Puyo. Avec quelques jours devant moi, j’aurais pu aller plus loin et passer quelques jours dans la forêt, mais comme je suis un peu en retard sur mon semblant de planning prévisionnel, je décide de ne pas m’éterniser ici et de n’y rester qu’une journée. La ville en elle-même présente assez peu d’attrait, en dehors de la présence du Parc Ethnobotanique Omaere, qui a été créé il y a environ 20 ans sur une parcelle de canne à sucre de quelques hectares, à l’initiative de Teresa, une femme shuar, et de 2 français.

Aujourd’hui, le site a été totalement reforesté et est un véritable petit morceau de forêt amazonienne. Des habitats typiques des populations Shuar et Guarani y ont été reconstitués (ce sont les 2 principales populations amazoniennes encore présentes en Équateur) et le petit circuit aménagé permet de passer devant les végétaux avec lesquels vivent ces populations : construction, chasse, médecine … On en apprend un peu plus également sur le mode de vie de ces 2 peuples et c’est très intéressant. Figurez-vous qu’il y a dans la forêt amazonienne des arbres qui sont présents sur ce territoire depuis plus de 20 000 ans et qui sont donc adaptés à la présence d’animaux qui ont aujourd’hui disparu du continent, comme les éléphants.
Le petit plus, c’est qu’en raison de l’implication de français dans la création de ce parc, il y a une tradition de volontariat francophone. J’ai donc la possibilité d’avoir la visite en kichuas, en espagnol ou en français 🙂

Le parc a également développé toute une activité autour de la médecine naturelle issue des plantes du parc et Teresa pourrait soigner toutes sortes de problèmes respiratoires, de peau, de fertilité, cancers …

Après cette visite fort instructive, me voici reparti pour prendre le bus, direction Baños afin de récupérer mes sacoches et de préparer la suite de l’itinéraire. Le trajet retour est assez chouette. le soleil commence à descendre, un brouillard épais se lève depuis ces montagnes assez basses et la forêt équatorienne qui les recouvre et le tout offre une jolie lumière … avant que je connaisse ma 2ème grosse averse amazonienne (mais depuis le bus, j’en sors donc beaucoup plus sec). Je passe sur l’assistant du chauffeur de bus (parcequ’en Equateur, il y a le chauffeur de bus qui conduit et son assistant qui s’occupe du chargement de la soute et du paiement des personnes qui ne montent pas au point de départ) qui essaiera de m’escroquer en me faisant payer une 2nde fois la présence de mon vélo dans la soute alors que je pense m’être déjà fais avoir une 1ère fois sur le prix au terminal de bus de Puyo.

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J21 – mercredi 22 Juillet
La 2ème grosse averse n’est toujours pas terminée … Finalement il aura plu environ 24h ! Le Rio Pastaza n’est plus qu’un torrent de boue, sans doute en raison de quelques petits glissements de terrains.

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En ce temps pluvieux, autant dire que les activités sont limitées. Je profite donc de ce début d’après-midi pour faire une petite révision du vélo suite à la route des cascades (je comprends mieux pourquoi tous les loueurs n’ont que des vélos suspendus), mettre à jour le blog, faire quelques courses, préparer l’itinéraire à venir jusqu’à Riobamba, y chercher un hébergement … Selon toute vraisemblance, je devrais mettre 2 jours pour arriver à Riobamba où je passerais le week-end.

Après tout ça, je suis allé faire un tour au thermes. Grâce à l’activité volcanique, la ville de Baños dispose de plusieurs sources thermales. L’eau thermale est à une température de 52°C, mais il y a aussi des bassins froids. Pour les reconnaître, c’est facile : l’eau froide est relativement transparente alors que l’eau chaude est assez opaque, d’une couleur jaune / marron (un peu comme un pastis avec très peu d’eau !) On distingue à peine ce qui est à 10cm sous la surface de l’eau.
Je me rend compte qu’en Équateur, la barbe n’est pas à la mode. Sur la centaine de personnes aux thermes, j’étais le seul barbu.

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En route, je passe devant un panneaux indiquant la distance de quelques grandes villes du monde … Paris est bien loin : 9514km

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2 Responses

  1. Philippe Paumelle

    super sympa cette petite route des cascades, continue a nous faire rêver

  2. Christine TETREL

    Magnifique sortie. C’est effectivement un changement total de végétation, il n’y a pourtant pas tant de km.
    Je t’ai mis un message sur face book pour ta voiture. Si tu peux faire vite, ç a évitera des frais.

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