Premiers coups de pédale au Pérou

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J44 – Vendredi 14 Août (suite et fin)
Bref, après avoir passé le pont, me voici au Pérou.

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On m’indique le bureau de l’immigration, je rempli ma carte andine de migration (celle-ci précise que le commerce et l’exploitation sexuelle des enfants et adolescents sont punis par la loi!), file au poste de police pour la faire valider. Le policier m’indique que j’aurais un visa de 90 jours. Je retourne à l’immigration donner ma carte andine de migration et faire tamponner mon passeport. L’agent me demande la durée de mon visa, je lui réponds donc que le policier m’a dit 90 jours. « Oui, mais ici c’est moi qui décide combien de jours, pas lui ! » c’est comme ça que je ressors de là avec un visa de 6 mois (le maximum au Pérou). Toujours pas de fouille ou de douane. Malgré mon départ à 10h30, il est déjà 15h30, je n’aurais pas le temps d’aller à San Ignacio, petite ville à quasiment 50km d’ici.

Je prends quand même la route pour camper en chemin. Je passe dans un petit village. Ambiance glaciale, personne ne dit bonjour, contrairement aux équatoriens hyper accueillants, tous les gosses me crient « Gringo ! », on me regarde bizarrement, personne ne veut me donner d’eau du robinet (genre ils n’ont pas de robinet dans ce bled) et on m’indique la boutique pour en acheter. Bref, c’est pas le rêve et je n’ai pas spécialement envie de m’éterniser ici. En sortant du village, je trouve quand même une famille qui accepte de remplir les gourdes. C’est long, très long … surtout que pendant ce temps un type vient me parler. Je ne sais pas si c’est l’idiot du village ou s’il le fait exprès, mais je n’ai rien compris à ce qu’il m’a raconté. Enfin si, au bout de quelques minutes, il m’a demandé de l’argent et un cadeau (qu’il n’a bien sûr pas eu).

Le contraste avec l’Équateur est impressionnant. En Équateur, on se sent tout de suite en confiance, les gens sont sympas, tout le monde est occupé à faire quelque chose et on ne m’a réclamé de l’argent que 3 fois en 1 mois et demi. Ici, ça semble très pauvre, les gens ont l’air passer la journée à attendre devant leur maison que le temps passe, l’ambiance n’est pas ouf. On verra bien sur la durée, mais pour le moment, je ne suis pas emballé et comme on dit, on n’a pas de 2ème chance de faire une bonne première impression.

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J45 – Samedi 15 Août
40km
900m D+
600m D-

En France, c’est férié, mais ici, je pédale quand même.
Il a plu toute la nuit. Le climat reste chaud et humide et il y a des genres de pluies tropicales (pas très longues, mais assez fortes) qui ponctueront l’ensemble de cette journée. Malheureusement, la pluie ne s’est pas arrêtée à la frontière.

Avec mon passage au Pérou, j’ai retrouvé le bitume. La route est belle et les dénivelés relativement limités, même si évidemment ça monte quand même.

Je profite d’une averse pour m’arrêter manger dans un petit stand au bord de la route, tenue par 2 petites vieilles édentées. En plus du repas, il y a ici des une sortes de meringues, sauf que celles-ci ne sont pas faites avec du sucre, mais avec de la farine de manioc (ici ça s’appelle du yuca). C’est bon quand même, mais très dur et sans dent, c’est plus compliqué à manger ^^

Les gens sont plus sympas qu’hier, je trouve très facilement de l’eau et on commence à répondre à mes bonjours.

Les cultures ont encore changé, ici c’est la région du café. L’agriculture est réalisée dans ce qui est probablement une sorte d’agroforesterie, les champs de caféiers (arbuste assez bas) sont également plantés de bananiers et d’autres arbres que je ne connais pas mais qui ont également l’air de produire des fruits.

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Petit aparté sur les bananes : vous ne trouvez pas cela étrange que la banane pousse vers le haut alors que selon toute vraisemblance, la gravité devrait plutôt les faire pousser vers le bas ?

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On trouve donc un peu partout au bord de la route du café en train de sécher. Ça va de l’installation la plus précaire (les graines posées à même la route), à des installations plus élaborées avec des filets pour ne retenir que les graines, des bâches pour protéger de la pluie …

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Après quasiment une journée à monter, doucement mais sûrement, j’arrive à San Ignacio. C’est ma première ville au Pérou, et là encore, le changement avec l’Équateur est saisissant. Les villes équatoriennes sont assez propres, bien organisée autour du parc central et de l’église. Ici, c’est l’anarchie et c’est sale. Si mes premières impressions d’hier sur les péruviens n’étaient pas vraiment exactes, l’impression de pauvreté générale et de chômage reste bien réelle. J’ai bien fais de commencer par l’Équateur, j’aurais sans doute eu un peu peur en débarquant directement ici.

Depuis que je suis au Pérou, la route a beaucoup changé, les véhicules aussi. Le nombre de voitures et de camions se comptent sur les doigts de la main, il y a par contre une multitude de moto et de mototaxis. Les mototaxis sont des sortes de pousse-pousse améliorés car tracté par une moto. Si les équatoriens étaient fan de tuning sur leur voiture, les péruviens ne sont pas en reste avec leur mototaxis et certaines semblent sortir de Mad Max (vous aurez des photos des plus cocasses plus tard). A moto, le casque est optionnel et c’est un véritable véhicule familial. Il y a au moins 2 personnes sur les motos et j’en ai même croisé plusieurs fois avec 5 personnes sur la même moto ! La circulation est assez chaotique, le stop et les feux sont visiblement des éléments de décoration urbaine et je me demande même parfois s’il est obligatoire de rouler à droite en centre-ville.

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San Ignacio ne semble pas être une ville très intéressante. Plutôt que de passer la nuit ici, je décide donc de prendre un bus pour aller directement à Jaén, première grande ville du Pérou sur mon itinéraire, histoire de m’y reposer 1 jour ou 2. Le bus s’avère en fait être un colectivo. En gros, c’est un 15 places dans lequel on monte à 22 avec tous les bagages sur le toit, tenus à un filet et de la corde.

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En arrivant à Jaén, le contraste est encore saisissant. En Équateur, en dehors de quelques exceptions, la ville est relativement morte après 18h. Ici c’est tout le contraire, j’arrive à 20h et c’est encore plein de vie. Des centaines de motos et mototaxis sillonne la ville, les enfants sont encore dans les parcs, tout est encore ouvert. Après avoir trouvé un petit hôtel, je me dis qu’il est samedi soir, dans un endroit qui bouge, ça serait dommage de ne pas sortir pour tester l’ambiance des bars.

Je monte dans un mototaxi et demande au chauffeur de m’emmener dans un endroit qui bouge pour sortir ce soir. En route on discute un peu, depuis combien de temps je suis au Pérou, de quel pays je viens … on s’éloigne du centre-ville pour arriver dans une ruelle sans éclairage, il n’y a plus rien à part un bâtiment au bord d’un terrain vague, on rentre dans une première cour, personne. Je me dis que je viens de me faire avoir et de tomber dans une embuscade, je vais repartir en slip (dans le doute, j’avais un peu prévu le coup et n’avais rien sur moi). Finalement non, il y a une 2nde cour derrière avec d’autre mototaxis et de la musique. C’est quand même un peu étrange. Je rentre, prends une bière, et là … une pièce remplie de mecs assis sur des banquettes en train de boire de la bière et des serveuses à moitié à poil (pour ne pas dire presque complètement nues). En discutant avec des personnes, j’apprends que pour 40 Soles (environ 13€), je peux passer du temps avec une serveuse. Oui, mon chauffeur m’a emmené dans un bar à prostituées ! (je commence à comprendre les mises en garde concernant le tourisme sexuel sur la carte andine de migration). Ici (comme en Équateur d’ailleurs), pas de service à la pression pour les bières, mais des bouteilles de 650cl. Je prends donc 15/20 minutes pour boire ma première bière péruvienne, assez forte (ça change de la bière équatorienne) et repars en centre-ville un peu déçu.

Il est plus de minuit et je prends la route pour aller me coucher quand je tombe sur un restaurant à poulet avec un groupe de musique et une ambiance familiale assez sympa. C’est normal, c’est un genre de fête familiale dans le resto du tonton. Je m’incruste et passe une très bonne soirée. En plus, je bois gratuitement car je suis l’invité français. Vers 2h, il est temps de rentrer, le restaurant ferme. De toute façon, les péruviens étaient totalement saouls et je n’arrivais plus à comprendre ce qu’ils me racontaient (sans doute parce que j’en avais un petit coup moi aussi …)

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J46 – Dimanche 16 Août

Ouille ouille ouille, réveil difficile après la soirée d’hier ! Je finis quand même par me sortir du lit. Cette ville est toujours aussi vivante. Par contre, je ne trouve pas le marché … je pars pour visiter la ville et comprend très rapidement pourquoi je suis le seul gringo ici : cette ville n’est absolument pas touristique, il n’y a rien à voir. J’en profite donc pour préparer la mise à jour du blog, préparer l’itinéraire pour la suite du trajet. Je compte passer par Chachapoyas, ville au passé pré-incas très riche et par Cajamarca, ville à l’importance capitale dans l’histoire incas. Mais vous en saurez plus quand j’y serais passé.
En regardant rapidement la carte, autant le dire tout de suite, je vais en chier avec le relief. Je tacherais donc de de ne pas trop m’étendre sur le sujet dans mes futurs articles.

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J47 – Lundi 17 Août

N’ayant pas trouvé de connexion wifi correcte hier, je m’apprête à partir sans avoir mis à jour le blog. Heureusement pour vous, une vis du vélo (celle qui tiens le phare avant et le garde-boue) s’est cassée durant le trajet en colectivo vendredi. Ayant entendu parler d’une boutique dont le gérant est sympa, compétent et héberge même des cyclo-voyageurs, je me dis que je vais aller y faire un tour. Me voici donc quelques minutes plus tard dans l’atelier « El ciclista », tenu par Miguel. Effectivement, il est très sympa, on discute un peu, on peine à trouver une vis qui convienne bien, idem pour les rondelles. Quelques coups de meuleuses plus tard, la vis est en place et tout fonctionne bien 🙂

Ça aura pris quand même 2 ou 3h car Miguel est très consciencieux et aussi parce que pas mal de clients sont passés pendant ce temps là. Bref, il est maintenant midi, et bien trop tard pour prendre la direction de Chachapoyas. Miguel en profite pour me fournir quelques précieuses informations sur la route entre Jaén et Chachapoyas, mais aussi sur l’étape d’après entre Chachapoyas et Cajamarca, qui est paraît-il l’une des plus belles routes du pays.

Bref, comme je vais passer une nuit supplémentaire ici, j’en profite pour trouver une connexion wifi et c’est grâce à cela que vous pouvez lire ces lignes 🙂

La chaleur est paraît-il pire sur la route de demain, je vais donc tacher de partir de très bonne heure, ce qui n’est pas gagné d’avance ^^

 

PS : je ne prends pas le temps de répondre à tous vos petits commentaires, mais sachez que je suis quand même très content de les lire. Merci 🙂

2 Responses

  1. Philippe Paumelle

    coucou camille, tu as eu l’air de bien en chier en quittant l’équateur et en arrivant au Pérou
    bon courrage , tes photos sont toujours magnifiques ; bizoooooooooooooooooooooooooooo

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