Le Chimborazo

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Jeudi, au petit matin (6h), il pleut, mais je ne désespère pas. 8h, la pluie s’arrête, il est temps de se bouger. A 10h, je pars du terminal de bus d’Ambato et vers midi, me voici à l’entrée du Parc National du Chimborazo, perché à 4386m d’altitude.

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C’est le début d’une petite randonnée qui me mènera au refuge d’altitude servant de point de départ pour les ascensions du Chimborazo. Une route en terre monte doucement durant 8km jusqu’à un premier refuge, puis une sentier plus petit et plus raide (et non carrossable) monte au second refuge. Je suis visiblement le seul à monter à pied car les quelques personnes que je croiserais sont toutes en voiture et je passe un peu pour un fou. Le départ se fait dans le froid, le vent et le brouillard … pas très agréable quoi. Mais au bout d’un 1/4 d’heure, le soleil fait son apparition et les nuages se dissipent petit à petit, le vent reste, lui, bien présent.
Le paysage est impressionnant. Les environs sont désertiques, à peine quelques touffes d’herbes et mini-buissons pour servir de nourriture aux nombreuses vigognes. Les vigognes sont un peu comme des lamas, mais avec moins de moumoutes et en un peu plus élancées. D’ailleurs saviez-vous que les alpagas, lamas et vigognes font tous les 3 partie de la famille des camélidés ? Ce sont donc des cousins plus ou moins lointains des chameaux.

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Bref, les environs sont désertiques et le sommet glacé du Chimborazo fini par percer au milieu des nuages. A 2000m du sommet, celui-ci semble malgré tout très proche.

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2h plus tard, me voici au 1er refuge, le refuge Carel, à 4800m, un petit Mont Blanc quoi ! Je commence à sentir l’air se raréfier depuis 1/4 d’heure environ et je suis content de faire une pause. Le 2nd refuge, le refuge Whymper, est en vue, à seulement 1km, mais le sentier est plus étroit et plus pentu. Je décide tout de même de tenter ma chance.

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Là, ça devient un peu plus compliqué, je m’arrête tous les 50 ou 100m pour reprendre mon souffle et le mal d’altitude se fait un peu plus présent. Quelques minutes plus tard, j’arriverais quand même à ce second refuge situé un chouilla au dessus de la barre des 5000m 🙂
Sur la fin, je suis talonné par un groupe d’indigènes équatoriens, visiblement bien plus habitués à l’altitude que moi et qui avancent d’un pas rapide dans cette fin de sentier. Une fois arrivé, l’effort physique terminé, il est bien plus facile de respirer par contre, ça tambourine toujours un peu dans ma tête. Je ne m’éterniserais donc pas là haut, d’autant plus qu’à cette altitude, il ne fait pas bien chaud et que le vent n’arrange rien. Quelques photos plus tard, il est temps de redescendre.

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De retour au 1er refuge, je me rend compte qu’il est déjà 16h10 … et les accès au Parc National ferment à 17h. Ne connaissant pas l’heure du dernier bus, je me presse dans la descente pour tenter d’arriver avant la fermeture des portes. J’arrive en devant l’entrée 1h plus tard, après une descente en un temps record (j’avoue avoir parfois couper les virage pour gagner quelques minutes). Heureusement, pas de portes mais juste une chaîne à enjamber pour sortir, ils doivent avoir l’habitude des retardataires.

Une fois sorti, ne me voilà pas beaucoup plus avancé car je ne sais toujours pas à quelle heure passe le bus. Je tente vainement de faire du stop pendant 5 minutes, mais un bus finira quand même par pointer le bout de son nez. 2h plus tard, je suis de retour à Ambato 🙂

Après toutes ces péripéties, je suis fatigué et j’irai bien me coucher. Mais ce soir, Maëlle et Sylvère ont des invitées : Gaëlle et Anaïs, elles aussi françaises, viennent manger à la maison. 5 français dans la même pièce en Équateur, c’est assez peu commun.
Maëlle, Sylvère, Gaëlle et Anaïs bossent ou ont tous bossés dans des associations équatoriennes. On y retrouvent visiblement les mêmes problèmes structurels qu’en France auxquels s’ajoutent parfois quelques dérives sectaires des dirigeants.
En parlant de secte, je me rend compte que je ne vous ai pas encore parlé de la religion en Équateur. L’équateur est un pays très croyant. Si on y trouve une grande majorité de catholiques, il y a également d’importantes communautés sectaires comme les Évangélistes, les Baptistes, les Mormons et autres Témoins de Jéhovah.

PS : oui, les photos se ressemblent toutes, mais moi j’avais l’impression d’avancer, donc j’en mets plusieurs 🙂