Le boucle du Quilotoa

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La Boucle du Quilotoa est une randonnée de 5 jours partant du cratère du Quilotoa (d’où son nom) et parcourant la région dont les paysages sont, parait-il, les plus beaux d’Equateur. N’arrivant pas à trouvé de carte, d’itinéraire ou de descriptif pour la rando de 5 jours, je pars finalement pour 3 jours, avec un semblant de carte dessinée à main levée et un descriptif assez approximatif.

Suite à mon bivouac mouvementé en haut du Quilotoa, c’est donc parti pour 3 jours de randonnée. 1h plus tard, j’ai l’impression d’être perdu, mais ayant de quoi être totalement autonome pendant plusieurs jours, et les paysages étant effectivement exceptionnel, je décide de continuer. Au pire, ça sera une randonnée de 4 jours. Finalement, j’étais sur le bon chemin, mais l’absence de balisage n’aide pas à se repérer.

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Les paysages sont grandioses. Après avoir parcouru la moitié de la crête du volcan, je jette un dernier regard sur la lagune et descends vers le village de Guayana.

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De Guyana, je rejoins ensuite Chugchilan. Entre les 2, le chemin consiste à descendre au fond d’un impressionnant canyon pour remonter ensuite de l’autre côté. Entre les 2 une petite rivière qu’il faut traversé sur un « pont » constitué de troncs.

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Pour passer une nuit plus calme que la précédente, je décide de planter ma tente dans le jardin d’un hôtel. Et quel hôtel : je tombe chez Mama Hilda ! Mama Hilda est une petite mamie équatorienne d’environ 70ans (mais je ne me suis pas permis de lui demander confirmation), qui a créé ce lieu écolo il y a fort longtemps. Les bâtiments sont superbes et la végétation luxuriante. En bonus, Mama Hilda ne manque pas d’humour et le jardin est parsemé de petites pancartes affichant quelques citations sur la nature, l’homme, la femme, l’optimisme … Tout le monde est très gentil et je me ferais même inviter à manger le soir avec la famille.

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Après une bonne nuit de repos, direction Isinlivi. Pour cela, je redescends un autre versant du canyon pour traverser une rivière. Manque de chance (enfin je crois), je me trompe de pont et prends le 1er qui vient, alors que j’aurais dû prendre le suivant. En plus, il s’agit d’un vieux pont suspendu à la stabilité douteuse. Je me retrouve alors sur l’ancien chemin de randonnée qui mène à Isinlivi. Je ne sais pas si ce chemin est plus court, plus long, plus facile ou plus dur. En tout cas, il grimpe sacrément raide sur un chemin qui ne semble plus être emprunter que par les locaux. On se serait parfois cru dans une jungle tropicale, mais comme depuis plusieurs jours, les paysages sont magnifiques.

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En cours de route, je tombe sur une mystérieuse forme circulaire, dessinée au sol et profonde d’une dizaine de centimètre. Renseignement pris, il ne s’agit ni de l’emplacement d’une yourte, ni du lieu d’atterrissage d’un OVNI, mais d’un « moulin ». On installe cela a proximité du précipice. La récolte est alors placée dans le cercle et on y fait marcher les bêtes attachées à un pieux pour séparer le grain du reste de la plante. Ensuite, on fait « voler » le tout, le grain, plus lourd retombe au sol tandis que le reste plus léger est emporté par le vent.

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Après 5h de marche, j’arrive à Isinlivi. Le seul point négatif est les chiens, qui protègent leur territoire, mais aussi le chemin qui passe devant, c’est à dire le chemin de randonnée … c’est donc parfois le sauve qui peux pour passer sans se faire bouffer (avec le sac de rando sur le dos bien sûr !)

Après un bivouac à Isinlivi, direction Sigchos pour terminer cette randonnée. Pour ce 3ème jours, les jambes commencent à ressentir les montées et descentes de ces derniers jours, mais la fin est proches et les paysages toujours aussi … superbes, mais accidentés. J’ai d’ailleurs appris que les plate-formes que l’on voit en haut du canyon, au milieu … partout en fait, ne sont pas naturelles, mais auraient été aménagées par les Incas pour faciliter l’agriculture. Cela n’empêche pas les équatoriens d’avoir des exploitations sur des terrains ayant des pentes à 45°. Les paysans locaux ont l’air assez pauvres, ils cultivent principalement du maïs, des pommes de terre de de l’alfalfa (a priori, c’est pareil que la luzerne) et ont généralement quelques poules / moutons / cochons / vaches / chevaux / ânes … les plus riches ayant bien sûr un petit assortiment.

Je parlais juste au dessus des Incas, ce peuple est vraiment super balèze. Dans un précédent article, je parlais de la Mitad del Mundo, qui est donc la localisation de l’équateur. Il semblerait que les Incas avaient déjà, à leur époque, localisé cette ligne imaginaire. Les géographes sont ensuite passés par là et l’ont décalé de quelques centaines de mètres, c’est à cet endroit qu’a été construit le monument et qu’on a mis les bustes de tous ces géographes … finalement, le calcul de l’emplacement de l’équateur par les satellites donnerait raison aux Incas ! C’est fou non ?!

Bref, pour en revenir à ma rando, environ 3h30 plus tard me voilà à Sigchos où je prends directement le bus sans avoir eu le temps de visiter la ville. J’ai quand même eu le temps de voir que beaucoup d’ouvrages y sont neufs et payés en quasi-totalité par l’Espagne, va savoir pourquoi ?!
Sur quelques photos, vous pourrez voir des champs brûlés, c’est tout simplement parceque certains paysans équatoriens ont encore recours à la culture sur brûlis pour fertiliser les sols.

Mon chauffeur de bus, c’est un peu Starsky et Hutch, mais en bus et sur les routes de montagne équatorienne. Autant dire que ça remue pas mal. 3 ou 4 équatoriens sont vraiment dans le mal et demandent des sacs à vomir (dont ils n’auront heureusement pas l’utilité). De mon côté tout va (étrangement) bien, je profite de le route pour prendre quelques photos, qui s’avéreront finalement assez floues.

A peine arrivé à Latacunga, Emilio et Alex me récupèrent, direction la maison pour prendre une douche et me changer. Nous voici ensuite parti pour un festival de black / death / trash métal ! … sous la pluie et dans le froid. Alex étant l’ancien guitariste de l’un des groupes nous y resterons quand même quelques heures et je ferais rapidement la connaissance de quelques personnalités locales.

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