Kuelap et Gocta

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J52 – Samedi 22 Août

Aujourd’hui, visite des ruines de Kuelap. Pour y aller, il faut compter environ 3h de minibus, essentiellement sur une piste défoncée en bord de précipice. Mais heureusement, les français sont là, et la société Poma a vendu au gouvernement péruvien de construire un grand télécabine pour arriver à proximité des ruines après 4km en l’air. L’idée est au passage de faire passer le nombre de touristes d’un peu moins de 100 par jour actuellement à pas loin de 300 dans un premier temps et avec une capacité de 1000 personnes par heure. Autant dire que les locaux sont loin d’être ravis et que le paysage va en prendre un coup.
Il faut préciser que si la région possède de nombreux sites touristiques, le tourisme est aujourd’hui assez peu développé et ces sites reçoivent très peu de touristes. Kuelap est le plus connu et tourne avec moins de 100 visiteurs par jours. Les touristes actuels sont donc assez privilégiés et on est bien loin des files d’attente de la Tour Eiffel.

Le site de Kuelap est sans doute le plus grand vestige Chachapoyas découvert à ce jour. Perché en haut d’une montagne, cette cité abritait 3000 personnes, globalement les riches et l’armée, pendant que la populace était à l’extérieur.

Les Chachapoyas sont allés installer en haut d’une montagne, faisant face à une montagne sacrée. Et comme c’était pentu, ils ont créé une plate-forme, pour amener tout la ville au niveau du sommet. Du coup, il y a des tonnes et des tonnes de pierres, les archéologues estiment qu’il y en a plus que pour la construction de la pyramide de Kheops en Egypte. En plus, la carrière était 5km plus bas, autant dire qu’ils ont dû s’amuser pour monter toutes ces pierres.

Les constructions ont été réalisées en pierre calcaire avec des joints en mortier de craie, de sable et d’argile additionnés d’un peu d’eau. Abandonné depuis plus de 500 ans, le mortier s’est dissous sous les pluies, mais les pierres sont restées et quelques murs sont encore en assez bon état. Ces murs ont plus de 500 ans, pas mal quand même !

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L’entrée principale est étrangement étroite. L’objectif était défensif, les ennemis étaient obligés de passer 1 par 1, ce qui était nettement plus facile pour les zigouiller en cours de route.

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Contrairement aux Incas (qui sont arrivés après) et comme les Cañaris en Equateur, les constructions Chachapoyas sont rondes, tout simplement car c’est une forme élémentaire et facile à réaliser alors que les bâtiments rectangulaires demandent davantage de connaissances et n’ont donc était généralisés que par des peuples plus « développés ». Le site de Kuelap est donc rempli de cercle de pierre qui étaient en fait des habitations.

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Ce tas de cailloux est en fait une boussole, parfaitement orientée Nord / Sud, comme l’ensemble du site.

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Et ceci est une reconstitution de comment les archéologues imaginent les habitats Chachapoyas d’après les vestiges retrouvés. D’ailleurs, dans chaque habitation, il y a une fosse : on considérait que les morts protégeaient les vivants, donc quand il y avait un mort, on le mettait dans la fosse pendant quelques années, le temps se décompose et qu’il ne reste plus que des os et ensuite, je n’ai pas trop compris ce qu’ils faisait des restes.

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Les Chachapoyas vénéraient les serpents. Savez-vous d’ailleurs qu’avant les chrétiens, le serpents était un symbole de connaissance, de sagesse … ? c’est pour cela que l’on retrouve un serpent dans le symbole des pharmacies. Ce sont les chrétiens, qui ont diabolisé le serpent avec l’histoire d’Adam et Eve et de la pomme.

Comme dans beaucoup de sites archéologiques, on retrouve ici un temple, mais contrairement aux Incas, les Chachapoyas ne sacrifiaient que des lamas. La forme de ce temple est assez originale, puisqu’elle est conique (5m de hauteur pour 13,5 de diamètre) et qu’à l’intérieur, on trouve un grand vide de la forme d’une forme de bouteille.

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L’histoire est assez cruelle avec les Chachapoyas (comme avec beaucoup d’autres peuples d’ailleurs). Ils se sont fait attaqué par les Incas lors de l’expansion de l’empire Inca, ont plutôt bien résisté, mais on fini par se faire envahir quand même. Autant dire qu’ils n’aimaient pas trop les Incas (aujourd’hui encore, tout ce qui est Inca n’est pas très populaire dans cette région). Du coup, quand les espagnols sont arrivés, les Chachapoyas se sont alliés à eux pour essayer de virer les Incas. Ils ont réussi … un peu trop bien d’ailleurs. En échange, les espagnols ont demandé aux Chachapoyas de quitter toutes leurs cités pour rejoindre les villes espagnols. C’est ce qu’a fait la majorité des Chachapoyas. Quelques résistants ont bien vu qu’il s’agissait alors de la fin de leur civilisation et ont tenter de résister en restant dans leur cité. C’est comme cela que Kuelap a été incendié par les espagnols.

Depuis la nature reprend peu à peu ces droits, il y a des très nombreux arbres sur le site et d’encore plus nombreux bromélias qui colonisent tout ce milieu (les arbres, les pierres …). En effet, les bromélias peuvent pousser sans terre et se nourrissent de l’eau de pluie, et de l’humidité et des nutriments présents dans l’air (c’est pour ça que chez nous on en trouve même plantés dans des gels colorés). Les bromélias sont présents ici depuis très très longtemps, puisque les Incas (et probablement les Chachapoyas) les utilisaient déjà.

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On trouve également une quarantaine de lamas qui habite désormais au milieu de ces ruines et que les touristes sont priés de ne pas déranger.

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Durant cette visite, j’ai rencontré quelques touristes sympathiques avec qui j’ai pas mal discuté et j’ai récupéré quelques tuyaux pour mon passage dans les villes à venir. J’ai même rencontré un couple germano-péruvien et j’ai pu parlé en français avec le guide touristique, qui en plus de faire la visite en espagnol et en anglais avait sans doute envie de s’exercer un peu en français et m’a parfois fait aussi la visite en français juste pour moi 🙂

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J53 – Dimanche 23 Août

Aujourd’hui, passage à la Cataracta Gocta. En français, on peut dire une cataracte, mais d’après la définition que j’ai pu trouver, c’est peut-être un peu usurper. En effet, une cataracte est la chute d’eau d’un fleuve, remarquable par sa hauteur, sa largeur et son débit. Nous verrons que si c’est effectivement très haut, le reste de la définition colle un peu moins.

Cette cascade n’est pas très loin de Chachapoyas, je suis d’ailleurs passé devant le chemin qui y mène en vélo, mais je n’avais pas trop envie de me taper 15km de piste. Du coup, je fais mon touriste est prend l’option minibus.

Arrivé dans le mini village de Cocachimba, il reste encore 2h30 de marche pour arriver à la cascade, mais on la voit déjà. Effectivement, c’est très haut. Quelques heures plus tard, nous voici au pied de la cascade. Enfin, je devrais plutôt dire au pied de l’une des cascades.

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La Cataracta Gocta est officiellement la 3ème plus haute chute d’eau du monde, avec une hauteur de 771m, répartie en 3 chutes successives. La première ne fait que 2,5m, la 2ème cascade envoie l’eau 231m plus bas et la 3ème finie 540m plus bas, dans un petit plan d’eau. De là où nous sommes, c’est à dire tout en bas, nous ne voyons « que » la 3ème chute, mais c’est déjà hyper impressionnant.

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La roche a pris ici une forme quelque peu étrange, un peu comme un escargot.

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Ce qui est impressionnant aussi c’est le bruit. Avec une telle chute d’eau, je m’attendais à un bruit d’enfer, et en fait, pas du tout. Le débit de la chute d’eau étant assez faible (enfin tout est relatif), l’eau à tendance à se vaporiser en cours de route et tombe sous forme de fines gouttelettes d’eau et le site est assez calme. L’eau vaporisée va ainsi arroser les surfaces rocheuses avoisinantes et nous voici dans un petit écrin de verdure tout mignon.

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Le truc de fou avec cette cascade qui vue sa hauteur ne passe pas inaperçue, c’est qu’elle n’a été officiellement découverte et inscrite dans les registres qu’en 2002 par un touriste allemand.

En cours de route, je croise d’ailleurs une allemande qui s’appelle Korina (je croise décidément plein d’allemands au Pérou, alors que tout le monde me dit qu’il n’y a que des français ici), avec qui j’ai passé quelques heures à discuter. Et bien figurez vous que j’ai quand même réussi à tenir une conversation de plus de 3h en anglais (oui oui!) et qu’il paraît que mon anglais est assez bon, ce qui est rare pour un français (oui oui!).

Après mon passage en Équateur, je suis plutôt rodé avec l’altitude et quelques heures de rando à 1800m d’altitude ne me posent pas de problème. Du coup, sur le chemin du retour, avec Korina, on est arrivé un bon quart d’heure avant les premiers équatoriens, qui nous ont donc trouvé devant le restaurant en train de siroter une bière bien fraîche. Ils nous ont demandé si on pouvait voler pour aller à une telle allure ^^ (c’est le moment où je me la pète un peu).

2 bières et un repas plus tard, me voici de retour dans le minibus pour revenir à Chachapoyas. Je profite de cette fin de journée pour faire un petit détour par le terminal de bus et programmer les 2 jours à venir pour aller à Cajamarca en bus.

C’est, paraît-il, la route la plus jolie du pays, mais je préfères préserver mes genoux quelques jours de plus avant de reprendre le vélo. Initialement, je voulais aller à Cajamarca en vélo et faire le trajet Cajamarca – Huaraz en bus, mais j’ai appris qu’il n’y avait pas de bus pour cette liaison, je vais donc être obligé d’enfourcher le vélo pour 550km (sauf si je trouve un peu de bus en cours de route car j’aimerais rattraper un peu de mon retard). Je vais donc faire un petit tour de bus plus tôt que prévu, avec une escale à Leimebamba pour visiter le musée qui semble assez complet sur la culture Chachapoyas.

3 Responses

  1. Christine TETREL

    Ce site semble très féérique, magnifique. tu as raison de prendre soin de ton genou, il te reste encore beaucoup de kilomètres à parcourir. Bon courage pour la suite. Bises

  2. Philippe Paumelle

    je trouve les paysage de plus en plus beaux, en plus le soleil est de la partie, c’est quand même plus sympa.
    Bizooooooooooooooooo

  3. NATIEZ

    Paysages magnifiques, on doit se sentir tout petit au pied de cette cascade gigantesque !
    Bon courage pour la suite de ton voyage.

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