Huayna Potosi

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J121 – Vendredi 30 Octobre à J123 – Dimanche 1er Novembre

C’est parti pour 3 jours en altitude, à l’assaut du Huayna Potosi, objectif 6088m !

Dès le départ, l’affaire ne semble pas super bien embarquée. Hier, il manquait une semelle dans l’une des chaussures d’Elise et ce matin, elle n’est toujours pas là. Le temps de trouver une autre paire de chaussures (et en pointure 36, ce n’est pas évident), nous partons avec plus d’une heure de retard.

2h de pistes défoncées et boueuses plus tard et nous voici au camp de base … situé tout de même à 4800m. A cette altitude, sans grande surprise, le paysage est très minéral. Il y a déjà de la neige par endroit et les pauvres lamas en sont réduits à grignoter de l’herbe givrée au milieu des cailloux.

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Nous avons fait la route dans le brouillard, espérons que le temps sera plus clément pour l’ascension finale dimanche matin. En cours de route, les guides nous ont pris en photo devant la montagne, mais on ne s’en rend pas trop compte à cause du brouillard. Pour cette ascension, la dream team est composée d’Elise, Cécile, Vincent et moi.

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Les 2 premiers jours sont principalement dédiés à l’acclimatation pour éviter d’être trop malade en passant de 3600m d’altitude à La Paz au sommet à 6088m. Aujourd’hui, c’est donc petite randonnée jusqu’au pied du glacier pour apprendre à se servir du matériel : baudrier, crampon, piolet … Tout cela n’est pas bien difficile, c’est même très simple. Pour le fun, on escalade une petite paroi de glace d’environ 7m avec crampons et piolets, puis descente en rappel. Moi qui suis un peu sujet au vertige, ça passe tout seul. Plus tôt dans la saison cet exercice est indispensable car il y a un mur de glace de 15m à escalader vers 5700m, mais en à cette saison, le temps est trop chaud et l’escalade trop dangereuse, donc on fait le tour.

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Après cette petite sortie glaciaire, nous retournons au camp de base pour nous finir l’après-midi, nous reposer, manger et dormir. Pour moi, c’est le début des problèmes intestinaux. J’étais parti de La Paz avec quelques gargouillis, mais là c’est carrément une grosse chiasse et je suis KO. Sans doute un effet secondaire de l’altitude. Bref, ça ne va pas fort et je passe la fin de journée au lit.

 

Le Samedi matin, on ne fait pas grand-chose à part manger, faire les sacs et manger encore. Et à midi, nous entamons l’ascension jusqu’au camp d’altitude situé à 5130m, juste au pied du glacier. Le chemin est très chaotique avec de gros pierriers. La redescente de demain ne s’annonce pas drôle. Passé les 5000m, la végétation semble avoir totalement disparue et l’environnement n’est constitué que de roche et de glace.

 

Mes intestins vont un peu mieux et c’est maintenant Cécile qui ne semble pas au mieux de sa forme. Juste avant le départ, nous faisons la connaissance de Mathieu, qui voyage (mais pas à vélo) depuis 9 mois et va tenter l’ascension en 2 jours avec la même agence que nous. Il saute donc le 1er jour et se joint à nous. Comme nous avancerons en cordées de 3, il y a 2 guides pour 4 alpinistes. Avec l’arrivée de Mathieu, nous sommes 5 et avons le droit à un guide supplémentaire : le boss de l’agence. Petit, trapu, une vraie force de la nature qu’aucune montagne ne semble pouvoir arrêter. Nous arrivons au camp d’altitude en milieu d’après-midi. Ce soir, c’est repas à 17h et dodo à 18h car demain matin, le réveil sonne à minuit. J’ai quand même le temps d’apprendre à jouer au jeu du cochon à mes compagnons de cordée. La partie sera gagnée haut la main par Elise.

 

Ce soir, nous sommes relativement isolés et se sont les guides qui font à manger. La qualité de la nourriture s’en ressent. Mathieu n’a pas faim à cause de l’altitude, pour le plus grand bonheur de Vincent qui mange 2 assiettes. Après ça, au lit. Entre l’heure et l’altitude, je ne ferme quasiment pas l’œil de la « nuit ».

 

Ce n’était pas fait exprès, mais nous entamons l’ascension le dimanche 1er Novembre, tout juste pour fêter mes 4 mois de voyage. Mais ce n’est rien à côté de Vincent qui fête son année de voyage aujourd’hui.

 

Le réveil sonne bel et bien à minuit, ce n’était pas une blague. L’objectif est de grimper toute la nuit pour arriver en haut peu après le lever du soleil et redescendre avant qu’il ne fasse trop chaud et que la neige ramollisse.

 

Vers 1h30, la vingtaine de candidats du jour est prête : petit dej’ avalé, mini-sac sur le dos, tout plein de vêtements pour ne pas avoir froid pendant l’ascension, harnais, casque, frontale, chaussures d’alpinisme, crampons, piolet … Ila neigé cette nuit (enfin cette soirée) les extérieurs sont verglacés et je manque de me vautrer avant même de prendre le départ. Il neige encore et il y a un peu de vent, mais rien de bien méchant. Je suis encordé avec Vincent, Cécile avec Elise et Mathieu est tout seul avec son guide. C’est parti, les cordées s’élancent les unes après les autres.

 

La nourriture des guides ne devait pas être fameuse. Je retrouve ma diarrhée, l’état de Cécile empire et Vincent après ses 2 assiettes semble dans le même état que moi.

 

Les pentes sont assez raides, il y a pas mal de chemins en arrête, quelques crevasses et des vides difficiles à évaluer de nuit. La montée est lente, mais assez régulière et nous montons finalement plutôt bien. Petit à petit, les cordées les moins sportives ou les moins habituées à l’altitude font demi-tour devant la difficulté et rentrent au camp d’altitude. Pendant que le vent et la neige te fouettent le visage (déjà tu commences par remonter ton col), il n’y a pas grand-chose à faire, à part toujours mettre un pied devant l’autre pour avancer et se rapprocher du sommet.

 

Vers 5700m d’altitude, Vincent et moi n’en pouvons plus, il est indispensable de faire une pause caca ! L’idée est donc de creuser un trou dans la neige, d’y faire ses besoins et de recouvrir. Mais en cordée, on ne se décroche pas. On se retrouve donc l’un à côté de l’autre, à 2m de distance en train de faire caca au bord du chemin. C’est assez original et ça aurait presque mérité une photo. Faire caca ça 5700m d’altitude : I did it !

 

C’est reparti et ça va beaucoup mieux. Vincent qui randonne assez peu a de plus en plus peur et dans la cordée Elise/Cécile, Cécile est de moins en moins en forme. On profite donc d’une pause pour switcher les cordée. Je me retrouve avec Elise, tandis que Vincent repars avec Cécile. Petit à petit, le jour se lève : Il est un peu plus de 5h du matin, la neige tombe toujours, les nuages persistent et la visibilité reste très réduite. Cécile et Vincent font demi-tour peu après la barre des 5900m.

 

Après le passage d’une crevasse, nous arrivons vers 5950m, il n’y a plus que 4 ou 5 cordées en route, mais personne n’ira plus loin aujourd’hui. Une avalanche a eu lieu il y a 2 jours et avec les récentes chutes de neige, le manteau neigeux reste instable et il serait trop dangereux de continuer. Tout le monde fait demi-tour. C’est la déception de s’arrêter à un peu plus de 100m du sommet et avant la barre des 6000m, mais il faut maintenant redescendre.

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La descente est assez rapide, il fait maintenant bien jour et la vue se dégage: Nous sommes dans la montagne, au dessus des nuages, c’est assez magique. La déception est d’autant plus grande que nous aurions sans doute eu la vue dégagée en arrivant au sommet. Mais bon, c’est le jeu ma pov’ Lucette. Nous arrivons vers 8h au camp d’altitude pour une petite soupe. Le temps de refaire les sacs, puis nous redescendons au camp de base. La descente sur pierre est bien plus dure que sur neige et j’arrive en bas totalement cuit. On remonte dans le colectivo et vers 12h30 nous sommes de retour à La Paz. J’attends avec impatience l’heure de dormir. Vincent, Elise et Cécile profitent de l’après-midi pour aller voir le Cholitas Wrestling.

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3 Responses

  1. Christine TETREL

    Eh bien, quelle épopée !! Que vas tu faire maintenant ? Bonne route au Chili.

  2. Philippe Paumelle

    super rando, que dis-je escalade. Mais je reconnais qu’il manque la photo des deux chiasseux l’un a coté de l’autre le cul a l’air, rien d’imaginer ça m’a fait rire

  3. Tu pourras te vanter de m’avoir faite pleurer de rire avec ta diarrhée en tandem…. Enfin, j’espère que tu as réussi à récupérer par la suite 😉

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