Hissez haut : Santiago !

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J167 – Dimanche 3 Janvier
110km

Il est temps de quitter la région de Valparaiso pour rejoindre Santiago, capitale du Chili. Il y a un peu plus de 100km à parcourir et nous partons peu avant midi, nous ne sommes pas en avance. Je dis « nous » car je pars en compagnie de Vincent.

La route est loin d’être formidable, sans doute car cette seule route est en réalité une autoroute ou presque. Si les voitures, bus et camions ne roulent pas excessivement vite, c’est parce que le trafic est assez intense. Nous sommes dimanche et tous les chiliens de Santiago venus fêter le nouvel an à Valparaíso rentrent chez eux car demain, il y a école. Résultat, il y a vraiment beaucoup de monde sur la route. Heureusement, il n’y a pas trop de dénivelé, la route n’est pas trop difficile et nous arrivons dans le centre de Santiago vers 20h. Les journées ont bien changées depuis l’Équateur et le Pérou où il faisait nuit vers 18h. Ici la nuit ne tombe que vers 21h. Les jours sont plus longs et ça fait du bien.

 

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Vincent est hébergé chez un ami astrophysicien français. Je m’incruste quelques minutes pour trouver du wifi et savoir où je vais passer ma nuit, car comme d’habitude, moi, je ne suis pas organisé du tout. L’avenir semble s’éclaircir, j’ai 2 plans logements : Pedro, de la Casa de Ciclista de Santiago, m’a dit que je pouvais venir, tandis que Cécile et Elise (avec qui Vincent et moi avions monté le Huayna Potosi, à La Paz) sont hébergées à Santiago et m’invitent également.

Les quelques minutes de wifi se transforment en quelques heures car je suis au passage invité à manger. Mais bon, il ne faudrait pas abuser non plus, je fini par m’éclipser en fin de soirée pour aller retrouver mes hôtes de la soirée. Une fois dehors, je me rends cependant compte d’un souci : Je n’ai pas vu le temps passer, il est quasiment minuit et donc délicat de me pointer chez Pedro qui habite à plus d’1h de vélo alors que je ne le connais pas et que je n’ai pas son adresse exacte. Idem pour Cécile et Elise, je connais leur arrêt de métro, mais je n’ai pas l’adresse et pas de moyen de les contacter. Je commence donc à errer dans les rues de Santiago pour une petite visite nocturne de la ville, ma foi assez agréable. J’envisage de passer la nuit dans un parc, mais me ravise en raison du nombre relativement important de clochards et ne sachant pas trop quoi faire du vélo. Je vais ensuite sonner dans 2 casernes de pompiers où on me dit gentiment que je ne peux pas dormir ici, je finis donc par trouver une petite auberge, dans le centre-ville, à un prix très abordable et encore ouvert à 2h du matin.

 

J168 – Lundi 4 Janvier

Après la longue journée d’hier et mon dodo tardif, je glande un peu ce matin et profite du wifi de l’auberge. Ensuite, je prends la direction d’une boutique de téléphone pour acheter une carte sim chilienne, avec de la 3G, histoire de renouer un peu avec la modernité et d’éviter de nouvelles déconvenues comme hier soir. Le vendeur est très sympa, c’est un cycliste aussi. Ensuite, direction l’office du tourisme où je suis également très bien reçu. Je repars avec de (trop) nombreuses cartes et documentations, et notamment les lieux les plus intéressants à visiter et quelques itinéraires cyclables pour visiter la ville.

Le soir, nous allons manger dans un bar avec Cécile, Vincent et ses hôtes. Je repars ensuite chez Pedro, dont j’ai cette fois l’adresse. J’ai bien fais de ne pas y aller hier soir, puisque Pedro a déménagé à noël. Pour me rendre chez lui, j’ai droit à 20km de vélo et 400m de dénivelé positif.

 

J169 à J174 – Mardi 5 à Dimanche 10 Janvier

Maintenant que je suis à Santiago, il est grand temps de penser au renouvellement de mon pédalier pour avoir de vraies pédales. Avec Vincent, nous allons faire un petit tour dans des magasins de vélo de la rue San Diego et ensuite, direction l’appartement de Mario, un cycliste chilien rencontré à Cusco et avec qui j’étais allé au Machu Picchu. Nous prenons un petit gouter chez lui avant de se diriger vers la Masse Critique de Santiago. Autant à La Paz, nous n’étions qu’une petite centaine, autant à Santiago le vélo est beaucoup plus développé. Le manque d’aménagements cyclables dans la ville est flagrant et ce n’est pas toujours facile de se déplacer entre les très nombreux taxis, bus, piétons et voitures. Cela aurait de quoi décourager nombre de cyclistes, mais pourtant, ceux-ci sont relativement nombreux et usent de nombreuses astuces pour s’en sortir comme rouler au ralenti sur les trottoirs ou encore rouler à gauche des files pour éviter les bus qui n’hésitent pas à se rabattre sur nous au niveau des arrêts.
Résultats entre 4000 et 5000 cyclistes dans les rues de Santiago, sur un circuit sécurisé par la police, au grand damne des autres véhicules qui restent parfois bloquer 30min à une intersection avant de caresser l’espoir de pouvoir traverser.

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Le lendemain est consacré à une petite visite de la ville, avec Vincent et l’une de ses amies, Paola. Depuis quelques jours, tous les musées sont en grêve car les travailleurs demandent de meilleures conditions de travail. A Valparaíso, le musée était néanmoins ouvert, ici tout semble fermé. Nous allons donc faire un tour sur le Cerro Santa Lucia, une petite butte, transformée en parc en plein centre-ville. Un petit château y a été construit en 1816 et plusieurs terrasses aménagées pour avoir de jolies vues sur la ville. Je retrouve ensuite Pedro et l’un de ses amis dans un bar.

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Jeudi, je retrouve Mario et André au marché de Santiago pour manger et acheter de quoi organiser un repas demain. Je file ensuite au cinéma avec Vincent et ses hôtes pour voir le dernier Star Wars, en anglais sous-titré espagnol, mais j’ai quand même bien compris. Le scénario n’est pas super original, certains évènements sont assez téléphonés (je vous évite les spoils) et c’est globalement assez décevant, mais ça reste quand même un bon divertissement.

Vendredi, je décide d’aller faire quelques achats pour trouver une bâche que je pourrais placer sous ma tente dans les régions pluvieuses du Sud de la Patagonie. Mais comme dans toutes les grandes villes, je suis d’une inefficacité chronique et après quelques jours, je commence à tourner en rond. Les vraies bâches sont un peu chères et je suis à 2 doigts de me laisser tenter par un rideau de douche. Je réserve donc mon verdict pour demain.
Sur le chemin du retour, je croise Fabien et Kristell dans la rue. Ils allaient chez Pedro mais n’ont pas les clés et n’arrivent pas à le joindre. Ça tombe bien, moi j’ai les clés 🙂
En cours de route, je m’arrête dans un magasin de vélo où on me règle gratuitement mon jeu de direction qui avait un peu de jeu, puis il est temps de préparer à manger. Ce soir, j’accueille quelques cyclistes chez Pedro pour le diner. On se retrouve à 6 autour de la table, au menu, lasagnes et tarte tatin.

Samedi, après mon inefficacité de la veille, je décide de faire mieux. Je clôture donc l’épisode achat de bâche et achat d’un nouveau pédalier. En plus Mario m’a donné une ancienne paire de pédales qu’il n’utilise plus. Merci Mario 🙂

Je mets à profit le reste de mon après-midi pour préparer la mise à jour du blog, monter le nouveau pédalier et les pédales. C’est non sans émotions que je me sépare de mon ancien pédalier et de ma super pédale/boulon qui aura tout de même tenu 1500km.

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Dimanche, je décide qu’il est temps de bouger et de quitter Santiago, si je ne veux pas moisir ici. Je poursuis la mise à jour du blog qui est décidément bien chronophage, boucle les sacoches et en route pour le terminal de bus. Et oui, je vais encore faire un petit tour de bus. El Niño étant à l’œuvre cette année, j’ai un peu peur que la saison des pluies soit un peu en avance dans le Sud de la Patagonie. Mon planning initial me faisait arriver vraiment très juste, je prends donc quelques jours d’avance en faisant un bon de 800km, qui devrait également me permettre d’être moins pressé en Patagonie.

Je quitte donc l’appartement de Pedro pour me rendre au terminal de bus, achète mon billet de car, puis pars visiter le centre-ville de Santiago à vélo. C’est dimanche et il y a de nombreuses animations dans les rues : musique, chant, danse traditionnelle … Santiago est l’une de ces nombreuses villes où les bâtiments les plus modernes côtoient les plus anciens. Je retrouve ainsi les très grands centres commerciaux et les buildings, notamment la tour Costanera Center, qui du haut de ses 303m et 71 étages est le plus haut bâtiment d’Amérique du Sud (mais elle fait 20m de moins que la tour Eiffel).

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Niveau centres commerciaux, Santiago est très bien pourvu, il y en a même un spécialement dédié aux magasins de sports. Ici, ils ne font pas les choses à moitié. Au rez-de-chaussé, il y a tout un magasin qui exposent des dizaines de bateaux, et en plus des nombreux magasins et des quelques restaurant, on y trouve aussi une vague de surf, un mur d’escalade et un parcours d’accrobranche !

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Je retourne ensuite au terminal de bus. Je m’arrête en cours de route pour m’acheter à manger, Quelques secondes d’inattention suffisent pour qu’un type commence à se faire la malle avec mon vélo et tout son chargement. Heureusement je le surprends à temps et celui-ci n’a pas le temps de faire 2m. Attention donc, Santiago est réputé pour ses nombreux vols de vélo. Après cette séance émotion (oui, parce qu’un voyage à vélo sans vélo …), j’arrive néanmoins au terminal de bus et y rencontre Pavlo, un chilien qui habite Santiago et qui va passer ses vacances dans la région de Pucon qu’il découvrira en se baladant à vélo. Je lui laisse donc le nom d’un camping pas cher à Pucon, peut-être qu’on s’y recroisera.

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