Gualaceo, Sigsig et Cuenca by night

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J36 – Jeudi 6 Août

Après mes 2 jours de rando et la soirée d’hier soir, j’étais un peu fatigué. Du coup, réveil tardif une fois de plus (ce voyage me permet vraiment de me rendre compte que je ne suis pas trop lève-tôt !).

Début d’après-midi, je file au terminal de bus pour aller jusqu’à Gualaceo. Il paraît que c’est une petite ville sympa avec un super marché. 1h plus tard, me voici sur place … j’imagine que le super marché c’est seulement le dimanche parce qu’aujourd’hui, il n’y a rien d’exceptionnel.

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Je fais quand même un rapide tour de la ville et décide de pousser un peu plus loin, à Sigsig, qui est un peu la ville du panama (le chapeau). 1h plus tard, me voici à Sigsig. Dans la rue, je croise 2 ou 3 femmes en train de tresser des chapeaux, mais c’est tout. Pas la moindre trace d’ateliers de fabrication ou de vendeurs de chapeaux. 2ème échecs de la journée … Comme il est plus de 16h, je me dis que ça doit déjà être fermé. En effet, ici le rythme de vie est un peu différent. J’ai l’impression que tout ce qui est marché, petits restaurants et artisanat ferme vers 16h. Par contre, les autres magasins et activités ferment vers 20h ou 21h. Du coup, après 16h, tu as du mal à manger, par contre, il y a pléthores de vendeurs de fringues, chaussures et autres avocats qui se font chier, puis qu’après 18h, il n’y a plus grand monde dans la rue.

Du coup, je décide de rentrer à Cuenca les mains vides, mais je n’ai pas perdu mon après-midi car j’ai vu une calèche de far west.

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Carlos a parlé plusieurs fois de crêpes ces derniers jours. Je décide donc de passer dans une petite épicerie juste avant la fermeture pour acheter de quoi faire des crêpes. L’aventure continue puisque la poêle n’a pas de manche : je vous invite à essayer pour voir … j’ai quand même fait tout un saladier de pâte à crêpes dans une poêle sans manche. Mais les crêpes étaient quand même bonnes. Je crois que la crêpe jambon œuf fromage n’a pas eu un succès renversant (en même temps, faut dire qu’ici, le fromage et le jambon sont pas foufou non plus) par contre, niveau crêpes sucrées ils ont très vite compris qu’on pouvait mettre tout et n’importe quoi dedans : Nutella, confiture, fruit, sirop d’érable … un savant mélange de tout ça … on aurait même bien tenté la glace, mais le pot était vide. Bref, on a quasiment mangé toutes les crêpes.

J37 – Vendredi 7 Août

Après mon échec d’hier, je décide de retourner à Sigsig pour acheter ces fameux chapeaux. 2h de bus plus tard, me revoici sur la place centrale et toujours pas d’atelier. J’ai bien trouvé un revendeur, mais j’aimerais bien visiter la fabrique, histoire d’en savoir plus sur la fabrication du chapeau. Comme toujours, les gens du coin m’indiqueront le chemin.

Je n’avais pas trouvé dans le centre tout simplement car c’était plus loin. La fabrique la plus connu est celle de l’association Maria Auxiliadora. C’est une coopérative de femmes de Sigsig, qui est relativement connue car elles ont fabriqué le plus grand panama du monde (9m de diamètre). C’est également un peu connu des touristes et voyageurs car on peut visiter l’atelier et les prix sont attractifs.

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Ici, le panama, s’appelle Tejido de paja toquilla. Textuellement, ça veut dire à peu près « chapeau de paille toquilla ». En effet, ce chapeau est tressé à partir d’une plante endémique de l’Équateur : la Carladovica palmata, plus communément appelé ici Paja toquilla, qui est une sorte de palmier. Et c’est de la feuille du palmier qu’est extraite la fibre qui sera ensuite tressée / tissée manuellement pour fabriquer le chapeau. Le prix du chapeau dépend de la finesse de la fibre utilisée. Plus la fibre est fine, plus il faudra de temps pour le tresser (de quelques jours à plusieurs mois pour un chapeau) et plus celui-ci sera flexible. Les plus fins (extra-fino) sont vendus roulé dans une petite boite et coûtent entre 200€ et plus de 1000€.

Une fois le chapeau tissé, celui-ci est passé dans un bain, au moins pour fortifier la fibre et la protéger de la pluie et éventuellement pour la teinter ou la décolorer. Après séchage, le chapeau passe dans une presse hydraulique pour lui donner sa forme définitive et une couturière s’occupe ensuite des finitions : bandeau intérieur, bandeau extérieur …

Tout ça ne nous dit pas pourquoi ce chapeau s’appelle panama alors qu’il est fabriqué en Équateur. L’essor de l’exportation du Tejido de paja toquilla est grandement lié au chantier du canal de Panama. En 1906, Théodore Roosevelt vient en visite sur le chantier du canal de Panama avec le désormais célèbre chapeau équatorien. Pour les travaux, des milliers d’ouvriers sont sur place, ils doivent se protéger du soleil et adoptent ce couvre-chef. Enfin, suite au chantier, le Paname (le pays) devient un lieu incontournable pour les exportations de produits équatoriens. Le chapeau prend alors abusivement le nom de panama.

Enfin bon, tout c’est sympa, mais quand j’arrive, c’est totalement vide, je fais rapidement le tour du magasin, de l’atelier … personne. Je finis quand même par dénicher quelqu’un et lui explique l’objet de ma visite (acheter des chapeaux, mais aussi visiter). Visiblement, je dérange la quiétude de ce lieu. On me fait patienter dans la boutique. Une deuxième personne arrive et me propose d’acheter un chapeau. Oui, merci, mais je voudrais aussi visiter l’atelier. On finit donc par m’emmener dans l’atelier et à me refourguer à une 3ème personne qui n’ayant plus trop le choix prendra 5 minutes pour m’expliquer le processus de fabrication des panamas avant de me ramener dans la boutique. Un peu léger à mon goût, mais c’est toujours mieux que rien. Je repars un peu plus tard avec mes chapeaux sous le bras et même s’ils ne m’ont pas coûté une fortune, une légère impression d’être le dindon de la farce et de n’avoir été accueilli que pour mon porte-monnaie.

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De retour à Cuenca, j’en profite pour faire quelques photos nocturnes de la ville.

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5 Responses

  1. Des crêpes !
    Gros chellenge sans manche, je tenterais la prochaine fois 😉

    Des bisous le camcam !

    • T’as le droit d’utiliser un torchon pour tenir le bord de la poêle quand même. Au final, on fini par s’y faire !

  2. Salut le Camille,
    cava?
    C’est marrant, j’ai vu très récemment un reportage sur ce chapeau qui reprend toutes tes explications, les meilleurs valent une fortune! Tu peux te lancer dans le journalisme!

  3. GEROME serge

    Merci aussi pour tous tes commentaires. On n’ira donc pas voir la fabrique de chapeaux …. Par contre pour les crêpes !!! Dés la fin de ton tour : c’est jouable ….
    Bises

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