Et après ?

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Et après ?!

 

Après, je me suis reposé 2 jours à Ushuaïa, en attendant Vincent. Si vous n’avez pas tout suivi, Vincent, c’est le cycliste canadien que j’ai rencontré à Abancay (un peu avant Cusco, au Pérou) et le 1er avec qui j’ai roulé. Depuis on s’est recroisé à La Paz, à San Pedro de Atacama, à Valparaiso et à Santiago. C’était donc assez chouette de faire une photo finish avec le 1er cycliste croisé.

 

J’ai ensuite fait du stop jusqu’à Rio Grande où je me suis reposé une grosse semaine. Vincent m’a donc rattrapé et nous avons fait route jusqu’au petit cabanon au milieu de la Terre de Feu. 2 jours de vélo où le thermomètre a oscillé entre -6°C et +4°C. Autant dire qu’on avait un peu froid quand on ne pédalait pas. Et après 2 jours de vélo, j’ai été contraint d’abandonner Vincent. Après 9 mois et 8000km de vélo, mon corps m’a rappelé que je ne pouvais pas toujours faire ce que je voulais : de bonnes douleurs aux 2 genoux, plus possible de pédaler.

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J’ai donc repris le stop au milieu de nulle part et un pick-up a fini par avoir pitié de moi et m’a déposé à Rio Gallegos, au Sud du continent, sur la côte Atlantique. En couch-surfing chez la famille de Daniela et Franco. J’étais censé y passer juste une nuit, mais avec mes douleurs de genoux, ils m’ont accueilli un peu plus longtemps et on vraiment été sympa avec moi. Je me suis dit que j’allais enfin avoir l’occasion de mettre à contribution mon assurance voyage, mais finalement ça ne s’est pas passé exactement comme prévu. Ici, la médecine est un peu différente qu’en France. Tu ne vas pas chez le médecin, mais tu vas en voir un à l’hôpital et si tu n’as pas de rendez-vous pour voir un médecin payant, tu vas à l’équivalent des urgences où tu vois des médecins gratuits. Et disons que tu en as pour ton argent … après 1h30 d’attente, je rentre donc dans la petite salle avec le médecin m’assoie sur la table d’examen et on commence à papoter. Diagnostic : je dois juste attendre. Il n’a pas voulu voir ou toucher mes genoux. Non non, c’est juste l’effort et le froid. Je dois attendre quelques jours que ça passe et si ça ne passe pas prendre rendez-vous avec un traumatologue. J’ai depuis appris que la plupart des handicaps physiques en Argentine le sont suite à des erreurs médicales ou à des absences de soins. Rassurant n’est-ce pas ?

 

Bref, après quelques jours à Rio Gallegos, je pédale une dizaine de km jusqu’à la sortie de la ville et reprend le stop, direction Comodoro Rivadavia, 800km plus au Nord. Et c’est mon jour de chance : après avoir pris place dans 4 véhicules différents au cours de la journée, j’arrive en début de soirée à Comodoro Rivadavia et suis hébergé par Naty et Diego, futurs voyageurs à vélo. Ils hébergent également un espagnol installé à Mendoza depuis quelques mois et Pablo, un argentins qui habite officiellement à Buenos Aires, mais qui voyage à travers l’Amérique du Sud depuis de nombreux mois et ne compte pas s’arrêter là.

 

Après 2 nuits à Comodoro, il est temps de reprendre la route. Ma progression étant bien plus rapide qu’à vélo, je peux me payer le luxe de me poser un peu, je décide donc de faire un crochet à l’Ouest, direction El Bolson, au pied de la Cordillère des Andes. Mais la route pour retraverser le pays est nettement moins fréquenté que la route de l’Atlantique. Après une journée, j’arrive à Sarmiento, le lendemain, je parviens à Gobernador Costa, et ensuite … j’ai attendu 2 jours et personne ne m’a embarqué :s Pris de désespoir, j’ai donc choisi l’option bus pour sortir de ce trou perdu. Quelques heures plus tard, me voici à El Bolson.

 

El Bolson, c’est une petite ville de hippies. Y’a encore quelques années, c’était même encore un village, mais les hippies sont plutôt grégaires, donc ils se regroupent. Du coup maintenant c’est une petite ville de 15 000 à 20 000 habitants, niché dans une vallée. J’en profite pour rester ici 3 semaines, à faire du bénévolat dans une EarthShip (NaveTierra en espagnol ou encore Vaisseau de Terre en français). En gros, c’est une maison auto-construite, principalement en terre et en matériaux recyclés, comme par exemple des vieux pneus, des canettes, des bouteilles en verre … La conception intègre également une grande serre et un système de ventilation passif, qui permet de se chauffer passivement avec le soleil en hiver et de ventiler en été pour éviter que le bâtiment ne se transforme en four. Bref, c’est plutôt bien foutu et agréable à vivre, même si à titre personnel, l’idée d’enterrer des pneus, des bouteilles et des cannettes ne m’enchante qu’à moitié.

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La EarthShip d’El Bolson est un peu particulière parce qu’en fait, ce n’est pas une maison mais un hôtel, l’aménagement intérieur est donc un peu différent, mais le principe reste le même. Le bâtiment est associé à une petite ferme en agriculture biologique pour nourrir les bénévoles de passage (dont moi). Au cours de ces 3 semaines, on a donc un peu bossé, mais pas trop quand même. C’était la fin de saison, l’hiver approchait, donc on ne s’est pas non plus tué à la tâche. Au programme, création de 2 petites marres et d’un filtre pour la gestion des eaux pluviales et eaux usées de la cuisine, création de chemins, étanchéité de certains vitrages fuyants, isolation de conduites d’eau, aménagements divers et puis j’en ai aussi profiter pour faire une petite révision des vélos loués l’été. Il y a plein de randos sympa à faire dans le coin, mais j’ai été franchement pris de procrastination et je me suis dit que je repasserais bien un jour. Du coup, je n’ai fait qu’une seule rando, l’ascension du Piltriquitron, le sommet qui domine toute la vallée du haut de ces 2260m.

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Après ces 3 semaines pas trop intensives, il est temps de reprendre la route. Mon vol étant dans 2 semaines à environ 2000km d’El Bolson, le vélo sera une nouvelle fois relégué au statut de meuble à transporter. Un peu de bus pour aller à San Carlos de Bariloche, puis un train jusqu’à Viedma, du stop jusqu’à Bahia Blanca et encore un train pour finalement arriver à Buenos Aires 5 jours plus tard.

 

A la gare, je suis récupéré par Pablo, voyageur à vélo argentin que j’avais rencontré à Comodoro et qui m’héberge chez lui (enfin chez ses parents) durant ces 10 jours. Je suis très bien reçu et tout le monde me fait la liste de tout ce que je n’ai pas fait ou vu en Argentine dans l’espoir de me garder un peu plus longtemps, mais bon, il faut savoir partir/rentrer. Ça sera l’occasion de revenir. Ces quelques jours à Buenos Aires seront l’occasion de visiter un peu la ville et les environs : le centre historique et les différents quartiers de la ville.

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C’est aussi la mission pour trouver un carton de vélo et préparer mes bagages, puisqu’il n’y a pas de balance dans cette maison mais que je dois peser mes bagages pour être sûr de ne pas trop en emporter. Direction donc la pharmacie d’à côté ^^

 

Lundi soir, nous accueillons également Vincent qui a tout remonté en vélo depuis Ushuaia et va poursuivre sa route vers le Brésil.

 

De mon côté, je fini mes de boucler mes bagages, démonte le vélo pour l’encartonner et direction l’aéroport. Ma petite cyclo-escapade touche à sa fin …

 

 

One Response

  1. Martin josiane

    Merçi Camille tu nous a fait réver.

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