El Parque Nacional Cajas

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J34 – Mardi 4 Août

Aujourd’hui, je vais randonner dans le Parque Nacional Cajas. Après un réveil un peu difficile, je fais mon sac rapidement et c’est parti pour tenter de prendre le bus de 9h. La chance est avec moi et j’arriverais avec 15 minutes d’avance : le temps d’acheter quelques produits frais pour les jours à venir (bananes et pains), en plus des soupes et des pâtes que j’ai déjà. J’en profite également pour acheter un repas puisque je n’ai pas pris le temps de petit déjeuner. Dans la précipitation, j’oublie l’eau …

1h plus tard, me voici à l’entrée du Parque Nacional. Je suis le seul avec un gros sac et donc le seul à programmer une rando sur 2 jours. Avant de partir, il faut s’inscrire au registre en indiquant son itinéraire. Pour ma part, je compte marcher la moitié de l’itinéraire n°6 pour ensuite récupérer l’itinéraire n°8.

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Mon cas étant un peu particulier, je suis prié de passer le dernier. J’en profite donc pour me mettre en quête d’eau … celle-ci me sera facturé un bras. Va vraiment falloir que je me mette à l’eau du robinet !

Pour camper dans le Parque Nacional, j’apprends qu’il faut payer 4$. Ce n’est pas que c’est cher, surtout que l’entrée du Parque est gratuite, mais ils pourraient juste prévenir avant. J’apprends également qu’aucune carte n’est fournie. Une fois de plus, je pars donc sans carte, enfin si, j’ai quand même la photo de la carte de l’ensemble du Parque Nacional …

1h après être descendu du bus, je prends enfin le départ, il est déjà 11h. Après 1 ou 2 km sur la route, je croise le début du chemin de randonnée n°6. La toute première montée met tout de suite dans le bain : je suis à 4000m d’altitude et il y a de l’eau et de la boue partout (ambiance Trailwalker pluvieux). En fait, le Parque Nacional Cajas, malgré son altitude est assez marécageux. On y dénombre pas moins de 235 lagunes d’origine glaciaire. C’est donc très humide, mais j’ai de la chance, aujourd’hui il ne pleut pas, il y a même un peu de soleil pour réchauffer l’atmosphère.

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En plus de ne pas avoir de carte, le chemin n’est pas très bien balisé (pour ne pas dire presque pas balisé). Mais le chemin n’est pas bien compliqué à trouver, il suffit de suivre le chemin boueux. Souvent, le chemin se démultiplie : il y en a alors 2, 4 voire 8 en parallèle. Le but du jeu est de trouver le plus praticable.

100 ou 200m après avoir pris le sentier, je glisse est sens mon pied s’enfoncer dans la boue. La chaussure est totalement recouverte. Heureusement, elle est bien attachée, ce qui m’évite de la perdre et de la chercher dans la boue (petite pensée amusée à quelqu’un à qui cela est arrivé début Juin ^^). C’est donc parti pour 2 jours de randonnée à marcher avec les pieds humides et plein de boue. Heureusement, mes supers chaussettes en mérinos du Wintertrail m’éviteront d’avoir (trop) froid aux pieds.

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Le chemin de randonnée s’enfonce dans le Parque en longeant les lagunes. Celles-ci se suivent, mais ne se ressemblent pas, les paysages sont superbes, je vous laisse admirer les photos, qui ne sont cependant pas à la hauteur du lieu. Si le sol était un peu plus ferme, ça serait que du bonheur.

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3h plus tard, me voici à l’intersection pour récupérer le chemin n°8. Ce circuit est mieux balisé que le précédent … plus boueux aussi. Il m’amènera quasiment au centre du Parque Nacional. Là tout est silencieux. Les seuls bruits sont ceux de l’eau des lagunes et des cours d’eau, et aussi ceux de mes chaussures qui font flocfloc !

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En effet, à un moment, le chemin s’est séparé en 2, ne voyant pas de marquage, je tente ma chance à gauche … erreur ! Je me retrouve dans une zone un peu plus marécageuse avec une mini lagune / grosse flaque qui me barre la route. On ne voit que 4 ou 5 cm d’eau, mais mon bâton de randonnée m’indique un bon 30cm de vase en dessous. Bref, n’ayant pas envie de faire demi-tour, je cherche un moyen de traverser en sautant par-dessus (oui, dit comme ça, ça semble déjà un peu bête …) quand tout à coup, le tapis de mousse qui me servait de support cède sous mon poids. C’est le sauve qui peut pour éviter de finir tout mouillé. Je m’en sors relativement bien avec « seulement » de l’eau jusqu’en dessous du genou côté gauche, le pied dans l’eau côté droit et les mains et gants mouillés. Je reprends donc ma route en faisant flocfloc et en me disant qu’il sera difficile de remettre demain des vêtements et des chaussures mouillées, puisque partant pour seulement 2 jours, je n’ai pris aucun rechange.

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L’après-midi sera toute aussi belle que la matinée et les paysages tout aussi magnifiques. Je m’arrête vers 17h alors que le soleil passe derrière les montagnes, que la lumière et la température commencent à décroître.

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Le temps de monter le bivouac, de manger et de prendre quelques photos, il est déjà 18h30. Dehors, il ne fait plus que 5°C, le brouillard commence à arriver, suivi d’une petite pluie fine. Heureusement, dans mon duvet, il fait bien chaud.

J’espère que la pluie de va pas s’intensifier. Comme je suis dans un milieu très humide, je pense qu’avec une bonne grosse averse orageuse, le niveau de l’eau pourrait monter assez rapidement et transformer ma tente en radeau. J’ai quand même pris soin de m’installer sur une petite butte. On verra bien demain …

J35 – Mercredi 5 Août

La nuit n’a été qu’une succession de petites averses. Pas de quoi transformer ma tente en radeau 🙂

Suite à un réveil tardif, je ne pars qu’à 10h. Les petites averses se poursuivent et se succéderont toute la journée, mais rien de bien méchant. Je n’ai presque plus d’eau et le parc est totalement vierge de toute construction (un peu comme le Vercors), je rempli donc le camelbag avec l’eau d’un ruisseau (a posteriori, l’eau était tout à fait potable).

J’ai campé non loin d’une lagune, dans un genre de vallée située à plus ou moins 4000m. Le programme de la matinée est de marcher quelques kilomètres dans cette vallée, de passer un col à un peu moins de 4300m, puis de longer 3 grandes lagunes durant l’après-midi.

Pour une raison inconnue, le marquage se fait de plus en plus rare. De mon côté, comme je suis un peu en retard suite à mon réveil tardif, je confonds un peu vitesse et précipitation et avance sur le chemin qui me semble le plus prononcé lorsque je me retrouve devant des intersections non/mal indiquées. Résultat, je me suis perdu plusieurs fois durant la matinée et j’ai cherché mon chemin pendant au moins 2h. Il est donc un peu plus de midi et je n’ai pas vraiment avancé.

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Je trouve finalement le chemin montant au col. Durant l’ascension, celui-ci est plutôt bien indiqué. Je prends de la hauteur, la vue change, mais la beauté du paysage persiste. Au milieu du parc, on se sent vraiment isolé. Au-delà du silence, je ne croiserais personnes en 2 jours. Ça serait assez reposant si je n’avais pas besoin de chercher mon chemin perpétuellement et j’ai bien envie de rester une journée de plus. C’est d’ailleurs ce qui risque de m’arriver si je n’avance pas un peu plus rapidement.

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Arrivé en haut du col, j’amorce la descente. Si dans la vallée, le marquage était bien caché, il sera ici totalement inexistant pendant plus de 2h. La hauteur me permet cependant de visualiser une relative trace longeant la lagune dont je suivrais globalement la direction. De toute façon, même s’il n’y a pas vraiment de chemin, sur le papier ce n’est pas bien compliqué, c’est toujours tout droit.

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Après les deux lagunes, toujours pour une raison inconnue, le marquage revient. Et là, ils s’en sont donné à cœur joie, il y a un trait de peinture sur chaque rocher longeant le sentier. Impossible de se perdre. Cependant, même sens se perdre, l’heure tourne. En théorie, il n’est pas autorisé de randonner après 16h30. Il est déjà 16h et a vue de nez, il me reste environ 2h de marche. En même temps, je ne vais pas m’arrêter si près du but, surtout que mes hôtes de couch-surfing m’attendent ce soir et qu’il n’y a pas du tout de réseau dans le Parque (ni même à ses abords). Je continu donc ma route et profiterais du début du coucher de soleil sur les montagnes.

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Dernière épreuve et non des moindres. Il reste une rivière à traverser. Celle-ci est cependant beaucoup plus large que les petits ruisseaux à enjamber que j’ai pu croiser ces 2 derniers jours. Un pont serait bien trop simple. Il faut donc traverser sur des pierres. Un petit pas suffit à monter sur la première pierre. Un grand pas pour atteindre la 2ème pierre. Jusqu’ici, tout va presque bien, en dehors du fait que je suis au milieu d’une rivière avec un gros sac de rando sur le dos, qu’il y a du courant et que je suis obligé de sauter pour atteindre la 3ème et dernière pierre. Pas très courageux, je ne fais pas trop le fier sur ma pierre. Mais bon, je n’ai pas trop le choix. Au pire je finirais mouillé … Je m’élance et j’ai de la change, mes semelles sont à peu près sèche. Du coup, je ne glisse pas et m’en sors de manière tout à fait honorable, ouf !

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Un peu avant 18h, je retrouve la route. J’attendrais quand même 30 minutes qu’un bus passe, puis 1h de route pour rentrer à Cuenca. C’est les vacances scolaires en Equateur et à cette heure-là, les bus sont plutôt rares. J’erre pendant plus d’1h en ville pour tenter de trouver un bus m’amenant à destination (un petit village à 5km du centre-ville), en vain et finirais par rentrer en taxi.

J’arrive à la maison un peu boueux et vaseux et tombe à pic pour un repas familial : une dizaine d’invités sont dans le salon. Je passe donc rapidement par la douche avant de passer à table.

4 Responses

  1. Philippe Paumelle

    Magnifique, très jolie rando, un peu « sportive » et humide mais très belles photos

  2. Paysages magnifiques, nous te suivons pas à pas, un grand Merci pour ce partage. Bon courage pour la suite.

  3. Je vois que tu as profité de mon expérience malheureuse en serrant bien fort les lacets de chaussures ! 😉
    Figures-toi que je ne me suis toujours pas débarrassée de la boue sur mes chaussures, le lavage dans le lavabo n’a pas été très efficace, haha !

    • Pour le nettoyage, j’utilise plutôt la douche, du savon et une brosse. Mais en ce moment, je n’en ai pas trop besoin, n’oublie pas que cette paire à des propriétés auto-nettoyantes 😉

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