D’El Calafate à Puerto Natales

Classé dans : 4_Chili, 5_Argentine | 0

J230 – Lundi 7 Mars
56km ; D+ : 650m ; D- : 250m

Couché tard hier soir, j’écrase le réveil à 7h et me rendors pendant 45min. Je me réveille juste à temps pour dire au revoir à Alice, Benoit et Charley qui partent en bus à Puerto Natales.

Le temps de ranger toutes les sacoches, de replier la tente … je ne quitte le camping que vers 10h30 et me rends compte qu’il me reste encore plein de trucs à faire avant de quitter la ville : le plein d’essence pour le réchaud, acheter des cartes postales pour nos anciens et passer á la banque car je n’ai plus une tune en poche. Comme dans le Nord de l’Argentine, je retrouve les queues de 15 à 20 min devant les banques pour accéder au distributeur et prends mon mal en patience.

Après tout ça, il est quasiment l’heure de déjeuner, je mange donc avec de partir et mets les voiles. Je refais en sens inverse la route parcourue vendredi après-midi, mais avec cette fois le vent de dos. Je trouve cependant le vent bien timide, même si c’est toujours plus facile de l’avoir dans le dos 🙂

DSC00630

 

Les kilomètres défilent dans ce paysage de pampa, jalonné de quelques estancias que l’on distingue au loin. Après 40 ou 45km, j’attaque l’ascension de la Cuesta de Miguez. La route prend de la hauteur à flanc de montagne et je m’élève au-dessus de la pampa. Le paysage prend une nouvelle ampleur.

A 54km du centre-ville d’El Calafate, alors que je suis encore dans l’ascension, je vois un peu en contrebas de la route, un ancien poste de la Vialidad (DDE locale) abandonné. Le prochain abri connu est dans 40km et il est déjà 16h30, je n’aurais donc pas le temps d’y arriver ce soir. Après quelques tergiversations, je décide finalement de rester ici pour la nuit.

DSC00642

 

La météo ne semble pas engageante, il commence à pleuvoir quelques gouttes et le vent ne semble pas vouloir faiblir. Le hangar est fermé, mais la maison abandonnée est ouverte. Je fais un rapide tour du propriétaire : la maison semble abandonnée depuis plusieurs années et l’état de dégradation n’est pas franchement rassurant. Mais bon, elle encaisse les tempêtes depuis un certain temps, elle devrait bien tenir une nuit de plus.

 

 

J231 – Mardi 8 Mars
60km ; D+ : 500m ; D- : 700m

Ce matin, ça caille. 5 degrés dans la maison, et à 10h, le thermomètre dehors ne dépasse pas les 7 degrés. Il faudra patienter midi pour passer péniblement la barre des 10 degrés.

Je commence ma journée par finir l’ascension d’hier, pour arriver à 800m d’altitude. J’ai une super vue panoramique sur toute la vallée et suis maintenant sur un grand plateau (ici ils appellent ça une table !). La végétation n’a pas changé, mais le climat est ici un peu plus froid et venteux (de face bien sûr !).

Pano1

 

Le paysage est assez monotone et avec le vent de face, je n’avance pas bien vite. Autant dire que je trouve le temps long.

DSC00657

 

Vers 13h30, j’arrive enfin au poste de Vialidad, 40km plus loin, tenu par Claudio. Je m’y abrite pour manger et repars sur une mauvaise piste en ripio. Vers 17h30, j’arrive 20km plus loin au poste de police de Fabian, perdu au milieu de nulle part. Fabian est un type sympa, il m’invite à manger (de la viande découpée à la scie à métaux et grillée au four) et me propose un lit pour la nuit. Faut dire que tout seul ici, avec quand même pas beaucoup de crimes à résoudre puisqu’il n’y a personne dans les environs, il doit quand même pas mal s’emmerder. Au cours de la soirée, nous sommes rejoints par Sebastian, un cycliste argentin qui fait la route dans l’autre sens.

 

 

J232 – Mercredi 9 Mars
69km ; D+ : 450m ; D- : 400m

Ce matin, je pars sous le soleil. Pas de nuage, et pas de vent non plus. A 9h30, il fait déjà plus de 12 degrés, la doudoune qui m’accompagne depuis plusieurs jours ne sortira pas de la sacoche aujourd’hui. Ce soir, c’est la nouvelle Lune et Fabian m’avait prédit l’arrêt du vent à partir de demain, il semble que la météo ait un peu d’avance !

Je passe une bonne partie de ma journée à rouler sur la route en ripio d’hier, puisqu’il me reste 50km à parcourir avant de retrouver l’asphalte. Le paysage est toujours aussi désertique. On m’avait prévenu que la route n’était pas super passionnante, je ne peux que confirmer. Heureusement, j’ai acheté un lecteur MP3 à Santiago, qui me permet d’écouter des podcasts pour faire passer le temps.

DSC00658

DSC00659

 

En milieu d’après-midi, je rejoins la route asphaltée, refais le plein d’eau et repars pour 20km de plus. Comme c’est la nouvelle Lune, le ciel aurait dû être favorable à l’observation des étoiles en l’absence de la luminosité de la Lune, mais les nuages en décideront autrement … en espérant éviter le déluge cette nuit.

DSC00672

 

 

J233 – Jeudi 10 Mars
61km ; D+ : 1000m ; D- : 800m

Ce n’est pas le déluge, mais je me réveille tout de même sous une bonne pluie. La pluie s’arrête pour mon départ, mais le vent persiste et se renforce au cours de la matinée. Après 25km de pampa, je m’arrête dans un fossé pour souffler un peu et manger.

1h plus tard, me revoici en selle. Le vent est toujours là, toujours aussi puissant et ce n’est pas la journée la plus fun de ce voyage. Mais la chance fini par me sourire : le vent tourne durant quelques kilomètres et je profite alors d’un bon vent de dos. Ça avance beaucoup mieux.

DSC00673

 

Après quelques kilomètres, j’arrive dans une nouvelle vallée où je peux distinguer 1, puis 2, 3, 4 et même 5 mines de charbon, ainsi que la centrale thermique qui va bien à côté, histoire de pouvoir brûler une partie du charbon et assurer l’approvisionnement électrique de Rio Turbio, la ville voisine.

Je traverse d’ailleurs le rio en question (qui a donc donné son nom à la ville) et vois la ville devant mois, 5km plus loin. Ayant changé de cap, j’ai maintenant un fort vent de face pour m’empêcher d’avancer, des rafales de côté pour m’empêcher de rouler droit et une bonne grosse pluie fait son apparition, sinon c’était pas drôle. Pour compléter le tableau, la route entre les mines et la ville est très fréquentée et les locaux semblent être de bons gros Jacky qui roulent un peu n’importe comment. Bref, les conditions sont assez épouvantables.

Je me distrais cependant en observant qu’environ la moitié des automobilistes du coin ont jugé classe de mettre des vitres teintés et un pot d’échappement bruyant sur la poubelle qui leur sert de voiture … ou la voiture qui leur sert de poubelle, parfois la frontière est mince.

Je finis tout de même par arriver à Rio Turbio. La ville ne vit visiblement que par et pour les mines. Je n’aurais pas le temps de rejoindre Puerto Natales, 30km plus loin, mais décide quand même de quitter cette ville sans intérêt pour aller camper un peu plus loin.

5km plus loin, j’ai trouvé mon coin. J’ai le choix entre l’entrée d’une mine abandonnée et transformée en monument où je serais á l’abri de la pluie et du vent ou une zone sous les arbres un peu plus loin. Je me laisserais bien tenter par la mine, histoire d’être à l’abri, mais les bouteilles vides au sol laissent présager que le lieu sert aussi de squat-beuverie. Je me décide donc pour l’herbe sous les arbres. Une voiture de mineurs qui semblent venir ici en pèlerinage avant d’aller bosser finit définitivement par me convaincre que je serais plus tranquille ailleurs.

A peine la tente montée, il se met à bien pleuvoir et je sais que je vais prendre l’eau cette nuit. Je commence à regretter la mine, mais bon … wait and see.

 

 

J234 – Vendredi 11 Mars
32km ; D+ : 400m ; D- : 1000m

Finalement, je n’ai pas pris l’eau. La route sera courte aujourd’hui, j’en profite donc pour faire une petite grasse mat’. Je reprends ensuite mon ascension de la veille, passe rapidement la douane argentine et arrive au col. J’attaque la descente et avance bien, malgré un vent très fort qui me fait faire des écarts à chaque rafale.

A la douane chilienne, j’ai cette fois droit à une vraie fouille des sacoches et le douanier fini par dénicher un petit bout de gingembre que Javiera m’avait donné à Coyhaique, mais que je n’avais pas utilisé et totalement oublié. Heureusement, le douanier est relativement sympa et j’évite l’amende.

Je poursuis la descente avec un gros gros vent de face, mais fini quand même par arriver à Puerto Natales où je retrouve Henry, Rubi et Sir qui sont descendus dans la même auberge que moi.

DSC00683

 

 

J235 – Samedi 12 Mars

Aujourd’hui, c’est repos avant de partir demain pour randonner dans le Parc Torres del Paine, mondialement connu pour son sentier de randonnée !

J’en profite donc pour glander un peu, faire un petit tour en ville, faire quelques courses, acheter mon ticket de bus car l’entrée du parc est à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville. J’aimerais aussi réserver les campings de la randonnée auprès des gardes forestiers, mais ils sont fermés le week-end. Je profite donc de la fin d’après-midi pour faire l’étanchéité des coutures de ma tente histoire de ne pas passer 10 jours de rando dans une tente et un duvet mouillé si la météo n’est pas clémente.

DSC00688

DSC00691

DSC00693

Laissez un commentaire