De Puerto Natales à Punta Arenas

Classé dans : 4_Chili | 0

J245 – Mardi 22 Mars
82km ; D+ : 1000m ; D- : 800m

Comme à chaque fois que je quitte une ville, je ne suis pas trop du matin et part après 11h.

DSC00992

 

Avec le vent de face que j’avais eu à l’aller pour arriver dans la ville, j’avais bon espoir de repartir avec le vent dans le dos. Mais le vent a tourné et je sors de Puerto Natales et remonte 200m de dénivelé avec un vent latéral ou de face. Par contre, une fois en haut de cette petite côte, cap au Sud, puis à l’Est, avec des vents globalement favorables. C’est tout de suite plus facile, je ne descends plus sous les 20km/h et lors des rafales les plus fortes, le vélo frise les 40km/h, sans vraiment pédaler. Autant dire que ça fait plaisir 🙂

Niveau paysage, c’est un peu différent que du côté argentin. Toujours de la pampa, mais tout de même un peu plus d’arbre et surtout une présence humaine bien plus importante.

DSC01004

 

Vers 18h30 et après plus de 80km, j’ai parcouru 1/3 de la route menant à Punta Arenas et plante la tente pour la nuit.

 

 

J246 – Mercredi 23 Mars
66km ; D+ : 1000m ; D- : 1150m

Oulala, ça caille ce matin ! J’ai eu droit à un très beau lever de soleil vers 7h30, mais à 10h, il ne fait toujours qu’à peine 3 degrés et on ne dépassera pas les 10 degrés aujourd’hui. La polaire et la doudoune sont donc de rigueur.

Je poursuis sur ma lancée d’hier, avec vent dans le dos, en espérant faire la route en 3 jours au lieu des 4 prévus. Mais je vais rapidement déchanter. Après une poignée de kilomètres plein Est avec le vent de dos, la route file vers le Sud et je récupère le vent en latéral. Et parfois même un peu de face.

Le reste de la journée ne sera que galères, à lutter contre le vent en roulant à peine à 7km/h et en faisant de gros écarts à chaque rafale. Comme ça ne suffisait pas, j’ai eu droit à quelques petites averses, histoire d’être bien sûr que je n’allais pas me réchauffer de la journée.

DSC01005

 

En fin de journée, j’arrive à Villa Tehuelches, mini-bourg qui apparait en gros sur les cartes car c’est le seul bled sur les 250km séparant Puerto Natales et Punta Arenas. Je me mets alors en quête d’un coin pour dormir. Le semblant de caserne de pompier parait abandonné. Je vais voir au poste de police, en espérant un accueil des plus chaleureux comme chez Fabian (en sachant que c’est tout de même assez peu probable). Le policier est jeune et sympa, mais ne compte m’offrir un toit pour la nuit. Il m’envoie un peu plus loin, dans une écurie flambant neuve et pas encore utilisée. Je passe donc la nuit dans un box relativement spacieux (ou en tout cas, pas beaucoup plus petit que certains appartements parisiens), mais ouvert et qui sera sans doute un peu froid cette nuit. Mais au moins je n’aurais pas besoin de démonter la tente demain matin.

DSC01007

 

 

J247 – Jeudi 24 Mars
78km ; D+ : 800m ; D- : 950m

Finalement le froid m’a épargné cette nuit et j’ai bien dormi. Je me lève d’ailleurs un peu tardivement. Etant plus chanceux qu’hier, j’aurais droit à un petit vent de dos toute la journée. Pas du genre à te faire avancer sans pédaler, mais au moins je ne l’ai pas dans la face.

Pano1

 

A 13h30, je m’arrête manger en ayant déjà parcouru 50km, soit la moitié de la distance qui me séparait de Punta Arenas ce matin. Je m’arrête finalement après 78km. Il ne me restera que 22km à rouler demain.

J’aurais probablement pu arriver à Punta Arenas ce soir, mais je n’ai un hébergement qu’à partir de demain et un début de douleur au mollet droit. Il me semble donc inutile de forcer pour rien.

Je suis au bord du Détroit de Magellan. Je ne sais pas trop si j’ai vu sur l’Atlantique ou sur le Pacifique, mais je me couche avec vue sur l’Océan.

DSC01013

 

 

J248 – Vendredi 25 Mars
25km ; D+ : 100m ; D- : 100m

Les quelques kilomètres me séparant de Punta Arenas sont sur une bonne 2 x 2 voies. Le nombre de voitures augmente petit à petit. L’entrée de ville est très industrielle et c’est relativement moche.

Une fois dans la ville, je me mets en quête de l’office du tourisme et d’une connexion wifi pour avoir l’adresse de mon hôte du jour. Mais tout est fermé, ce qui est assez étrange pour un vendredi midi. Après quelques temps d’errance dans la rue, je me fais aborder par Claudia. C’est la coloc’ de Dani, qui m’héberge en couch-surfing. Quelle chance de se croiser dans la rue, par hasard ! Elle est accompagné d’Anna et Christian, un couple espagno-chilien qui se fait aussi héberger là-bas.

Je sais désormais pourquoi tout est fermé, c’est le week-end de Pâques et le vendredi est férié.

 

 

J249 à J251– Samedi 26 à Lundi 28 Mars

C’est un peu la glande ce week-end. En même temps, il ne fait pas super beau et tout est fermé pour cause de week-end pascal. Du coup, on mange et on dort beaucoup.

Punta Arenas est la ville la plus au Sud du continent américain. Pour aller plus au Sud, il faut quitter le continent et traverser le Détroit de Magellan jusqu’en Terre de feu. La suite de mon itinéraire passe donc par Porvenir, en Terre de Feu. Mais dans cette intense activité, je réussi à rater le bateau du dimanche après-midi, ce qui reporte mon départ au mardi puisqu’il n’y a pas de bateau le lundi

Je profite de ma présence à Punta Arenas pour visiter un peu la ville et son cimetière, présenté comme le plus attractif au monde. Dans ce cimetière, on trouve des arbres taillés en forme phallique. Des monuments impressionnants côtoient des tombes dépouillées et il y en a pour tout le monde : la police, les pompiers, les espagnols, les italiens, les français et même les roux !

Cette ville est assez stratégique pour le Chili et les colons qui se sont installés ici, puisque c’est la ville la plus Australe du continent. Avant l’ouverture du Canal de Panama en 1914, le Détroit de Magellan était la principale (si ce n’est la seule) voie de navigation entre l’Atlantique et le Pacifique. Les bateaux faisaient donc escale ici pour se préparer au difficile passage du Cap Horn. Aujourd’hui encore, l’activité portuaire est l’activité principale de la ville. La ville s’est donc développée assez rapidement et le centre-ville comporte de nombreux bâtiments datant de la fin du 19ème siècle.

DSC01031

DSC01015

DSC01017

DSC01047

 

Cette ville est également marquée par l’importante immigration croate de la fin du 19ème siècle. Les croates fuyaient principalement la famine et la misère liées à une épidémie de phylloxéra et ont beaucoup participé au développement de la ville. Aujourd’hui, on estime que 50% des 130 000 habitants de la ville a des origine croate !

Enfin, on trouve à Punta Arenas, un aéroport (comme dans toutes les villes chiliennes). Outre le fait de proposer des vols pour l’Antarctique, ce qui n’est déjà pas courant, celui-ci présente également la particularité de proposer et de recevoir une fois par semaine un vol direct pour Londres. Pourquoi ? Tout simplement parce que les avions britannique ne peuvent pas aller directement de Londres jusqu’au Iles Malouines/Falkland (je ne sais pas trop pourquoi, peut-être pour des raisons de carburant ou de dimensions des pistes). Bref, il y a des accords britanico-chiliens pour que les britanniques allant de Londres aux Iles Falkland (et inversement) fassent escales ici, étant donné que ce ne sont pas les argentins de Terre de Feu qui accepteraient de genre de choses vu le conflit en cours.

Comme c’est Pâques, j’ai même eu droit à quelques œufs en chocolat 🙂

Laissez un commentaire