De Jaén à Chachapoyas

Classé dans : 2_Pérou | 1

J48 – Mardi 18 Août
93km
900m D+
1000m D-

Départ à 9h, il fait déjà bien chaud : 30°C. À 10h, le température est montée à 38°C et à 12h, on frise les 44°C ! On m’avait prévenu qu’il faisait chaud ici, mais je m’attendais quand même à moins.

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Avec une telle chaleur, le niveau d’eau des gourdes descend assez rapidement et je décide de faire le plein en milieu de matinée. Je m’arrête devant un petit stand au bord de la route. Il fait 35°C à l’ombre, mais quelle sensation de fraîcheur ! C’est le moment de tester mon réservoir d’eau (une poche de 3L d’eau) qui me servira de réserve pour éviter la pénurie d’eau en cours de route. Je repars donc avec 5L d’eau sur le vélo. Je ne suis pas le 1er vélo à m’arrêter sur ce stand. Celui-ci arbore fièrement 2 stickers de « cosmogolemcyclingproject.com » : 2 belges flamands qui sont passés il y a quelques mois. N’ayant pas de sticker, ils se contenteront de mon souvenir impérissable, gravé dans leur mémoire.

Je passe tout l’après-midi à rouler en fond de vallée, entre 500 et 700m d’altitude, en longeant le Rio Utcubamba. La zone est très sèche, mais la présence de cette grande rivière permet d’importantes superficies de rizière.

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Les paysages sont superbes et certains endroits pourraient même faire penser au désert du Nevada (ou au moins à la représentation que je m’en fait).
Quelques nuages ayant fait leur apparition, la température oscillera entre 35 et 42°C tout l’après-midi.

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A 17h30, j’ai parcouru 95km, il est temps de s’arrêter pour la nuit. Avec peu de relief, ça roule quand même beaucoup mieux 🙂 Sachant que cette étape serait relativement plate, j’ai poussé 30 à 40km de plus que la distance initialement prévue. Les 2 étapes à venir ont des relief plus marqué (surtout la dernière), un peu d’avance devrait me permettre d’arriver dans les temps.

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À 21h, il fait nuit noire depuis 2h, la température est encore de 30°C. C’est une nuit quasiment sans nuages et on peut voir beaucoup d’étoile. Ici, on voit la lune différemment qu’en France et ce soir la lune sourit.

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Demain, je vais reprendre un peu d’altitude et espère retrouver un peu de fraîcheur.

 

J49 – Mercredi 19 Août
45km
1000m D+
500m D-

La nuit n’a pas été formidable. En effet, j’ai crevé mon matelas la semaine dernière, et en le regonflant hier soir, je n’ai pas trouvé la fuite. Du coup, je l’ai rangé et ai dormi sans, en attendant un endroit où je pourrais verser de l’eau dessus pour trouver la fameuse fuite. En plus, j’ai eu la bonne idée de planter la tente sous un arbre avec de gros piquants (il y en a beaucoup par ici). Du coup, plein de piquants aussi sous l’arbre et donc sous le sol de la tente, qui n’est pas prévu pour résister à ce genre de choses. Je me suis très rapidement rendu compte qu’il ne serait pas possible de dormir dans ces conditions, sous peine de me planter quantité d’épines dans le corps tout au long de la nuit (raison également pour laquelle je n’ai pas utiliser le matelas pneumatique). Mais en mettant un pantalon sous mon dos et un autre sous mes jambes, ça va beaucoup mieux 🙂

Réveil plus tardif que prévu … je ne pars qu’à 9h / 9h30 et il fait déjà 37°C, pire qu’hier à la même heure.

Après quelques kilomètres, j’attaque le col du jour. 400m plus haut, j’en vois le bout. La température à un peu dépassée les 41°C, c’est moins pire qu’hier, mais en montée, c’est assez éprouvant.

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Au Pérou, les panneaux routiers sont un tout petit peu éxagérés. En fait, les montées sont (pour le moment) plus douces qu’en Équateur.

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En contrepartie, il y a davantage de lacets et ceux-ci sont parfois assez serrés. Du coup, la vitesse est souvent limitée à 35km/h. Les voitures ont tendances à rouler plus vite, mais les autres véhicules sont relativement respectueux. Dans la descente, il y en a un qui devait rouler un peu trop vite : le camion s’est renversé. A priori pas de mal en dehors du camion couché.

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Je me retrouve ensuite dans une vallée très étroite, encaissée entre 2 montagnes / falaises assez hautes. Le paysage est assez étonnant, on se sent tout petit entre ces 2 montagnes qui ne sont pourtant pas très hautes. Quelques cascades ponctuent mon avancée, pour le plaisir des yeux.

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Cette route a l’air d’un faux-plat montant et après 15km, je me trouve anormalement fatigué … ah bah oui, je viens quand même de remonter de 400m ! Heureusement, les nuages ont fait leur apparition et la température n’a pas dépassé les 37°C cet après-midi. Elle va même finir par chuter à 20°C lorsqu’une grosse pluie se mettra à tomber.

Ici, comme en Équateur, il y a de gros problèmes de glissements de terrain. Il a dû beaucoup pleuvoir la semaine dernière car je trouve trace de nombreux glissements de terrain, tous n’ont d’ailleurs pas été intégralement dégagés et il n’y a parfois qu’une seule voie pour faire passer tout le monde (c’est à dire pas grand monde).

Les 10 derniers kilomètres se font un peu plus rapidement et je finis par arriver à Pedro Ruiz. Je suis aux 2/3 du chemin entre Jaèn et Chachapoyas. J’aurais voulu aller plus loin car l’étape de demain s’annonce plus difficile que celle-ci, mais je ne suis pas très en jambe aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est la distance et la chaleur d’hier, la nuit moyenne ou l’ascension sous le soleil ce matin, mais je n’étais pas au top. Espérons que je serais plus en forme demain car je viens de bouffer toute mon avance.

 

J50 – Jeudi 20 Août
55km
1000 D+
100 D-

Je crois que je vais devoir trouver un autre site que GoogleMaps pour étudier mes itinéraires. Il s’est complètement planté pour cette étape. Google me prédisait 65km avec 2 ascensions de 500m, puis une dernière de 700m pour arriver à Chachapoyas et en fait pas du tout.

Je n’ai roulé que 55km et les 2 premières ascensions n’existaient pas. Je suis juste resté dans mon fond de vallée, coincé entre 2 montagnes et longeant le Rio Utcubamba en grimpant lentement pendant 40km de 1400m à 1800m, avant d’attaquer les 15 derniers kilomètres qui, déviant de la route principal, me font monter à Chachapoyas, située à 2400m. Je n’ai toujours pas croisé de vélos, par contre, j’ai croisé 4 ou 5 voyageurs à moto. Entre 2 roues, on est quand même copains (même si eux ont un moteur) et on discute sur le bord de la route.

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Je profite de ce 50ème jour de voyage pour fêter mon 1000ème kilomètre.

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Et après 55km, j’arrive à Chachapoyas 🙂

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La météo fut bien plus agréable que les jours précédents. Bref, une bonne journée, je n’ai même pas eu besoin de pousser le vélo une seule fois ! Par contre, je me rends compte que je roule des distance plus importantes qu’en Équateur et je commence à avoir un peu mal aux genoux. Je vais peut-être ralentir un peu la cadence pour augmenter progressivement.

 

J51 – Vendredi 21 Août

Ce matin, je ressens toujours une petite gène au genou gauche. Du coup, je me repose et c’est un peu journée glande.

Chachapoyas n’était initialement pas sur mon itinéraire, mais tous les locaux que j’ai pu croisé mon dit d’y aller, je me suis donc exécuté. Je ne le savais pas, mais en fait, la région de Chachapoyas est très très riches en sites à visiter. Les Chachapoyas sont une civilisation pré-incas qui vivait ici, il y a donc plein de sites archéologiques à voir, en plus de sites naturels exceptionnels comme la Cataracta Gocta et quelques treks de plusieurs jours. Ayant un temps relativement limité, je suis obligé de faire des choix et programme la visite des 2 sites les plus connus : la Cataracta Gocta et les ruines de Kuelap.

Étonnamment, il n’y a pas de mototaxi ici (j’ai appris plus tard que c’est parcequ’il fait trop froid ^^). Seulement des voitures et des taxis. Les bus locaux ne semblent pas desservir ces sites touristiques. Bref, il est a priori obligatoire de passer par une agence de voyage pour ces 2 excursions. Il n’est pas possible non plus de faire les 2 sites dans la même journée, je vais donc devoir rester ici 2 jours de plus.

Ce n’est pas bien grave, c’est l’occasion de se poser un peu et la ville est assez agréable : les gens sont plutôt sympas, le climat est agréable … par contre, les connexions internet sont toujours aussi lentes. Je commence à me demander si cela ne va pas être le cas dans tout le pays.

J’en profite aussi pour faire rapidement le tour de la ville. Ici aussi (comme en Équateur) il y a un héritage colonial, mais celui-ci est totalement différent. Alors que l’Équateur faisait un peu dans la grandeur avec des églises, des cathédrales, des bâtiments en marbre … ici on a plutôt l’habitude de construire en bois et en terre. Du coup, les bâtiments les plus anciens sont aussi constitués de ces matériaux et il y a aussi de très nombreux balcons (les bâtiments les plus récents intègrent de plus en plus des structures poteaux-poutres en béton armé, avec remplissage en briques alvéolaires, comme en Équateur).

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  1. Alice

    Le panneau routier est juste génial !! Ils sont marrants ces Péruviens 🙂

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