De Cusco à Puno

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J102 – Dimanche 11 Octobre

Le départ de Cusco est prévu pour demain. Le programme du jour est donc de se reposer, de programmer l’itinéraire, de faire quelques courses et je me mets aussi en quête de nouvelles chaussures de randonnée car mes chaussures sont totalement éventrées et qu’il risque de faire bien froid en Bolivie. Pour éviter de perdre mes pieds en route, c’est donc une bonne idée de racheter de bonnes chaussures un peu chaudes.

 

 

J103 – Lundi 12 Octobre
78km ; D+ : 600m ; D- : 675m

Comme je n’ai pas acheté les chaussures hier, je me lève pas trop tard, pour retourner négocier au marché. Après un gros petit déjeuner avec passage à la boulangerie française située à côté de l’hôtel (les pains au chocolat ne sont pas les meilleurs que j’ai mangé, mais après 3 mois de voyage, c’est quand même un régal), je prends la direction du marché des Molinos, réputé pour vendre des marchandises tombées des camions boliviens. J’arrive au marché un peu après 8h. Manque de chance, ça ouvre à 9h et puis les péruviens n’étant généralement pas très ponctuels, les boutiques ouvrent petit à petit. A 10h, je suis prêt à baisser les bras et à rentrer bredouille car aucune boutique ne vend les chaussures que je recherche, quand tout à coup, un type lève son rideau métallique, laissant apparaitre les chaussures tant convoitées 🙂

Je suis le premier client, j’essaye les chaussures, elles me vont toujours, et contrairement à la boutique d’hier, ce vendeur n’essaye pas de me refourguer 2 chaussures qui ne sont pas de la même pointure. On commence à négocier, le prix baisse de 470 Soles à 312 Soles, soit environ 80€ pour une belle paire de chaussures de randonnée North Face.

De retour à l’hôtel, la matinée est déjà bien avancée. Sam est, lui aussi, rentré de ses quelques courses. Nous finissons de boucler les sacoches, on échange les Facebook et adresses mail avec les autres cyclistes, on papote … bref, on ne part qu’à midi.

Il y a pas mal de circulation pour sortir de Cusco, mais ça descend, donc on avance plutôt bien. Dans les quelques montées, Sam, qui est encore assez peu habitué à l’altitude, peine un peu, mais nous finissons toujours par arriver en haut. Après 10 jours, c’est chouette de reprendre le vélo. Il fait beau mais pas trop chaud, les paysages sont beaux et en plus, il n’y a pas de col au programme de la journée.

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En cours de route, nous croisons 3 français, dont le tandem de http://letandemdunreve.com/. Ils sont sympas et ont croisé André il y a 2 jours, ainsi qu’un couple français qui voyage à vélo avec un gosse de 18 mois.

Nous passerons la journée à osciller entre 3100 et 3200m d’altitude, mais la route n’est jamais plate, toujours en pente douce et à la fin de la journée, le dénivelé encaissé n’est pas extraordinaire, mais pas nul non plus. Sam est tout de même à cours d’oxygène quand ça monte, mais en fin de journée, nous avons quand même bien roulé en ayant parcouru 80km dans l’après-midi. Nous nous arrêtons dans un petit coin sympa pour planter les tentes.

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Demain la journée devrait être longue, avec 100km au programme et 1100m de dénivelé positif pour passer le col. Mais a priori, ça monte en pente douce.

 

 

J104 – Mardi 13 Octobre
91km ; D+ : 1030m ; D- : 231m

Ce matin, le réveil sonne à 6h, mais comme nous ne sommes pas bien rapides, nous ne prenons le départ qu’à 8h30. La route monte petit à petit, et comme les routes péruviennes n’ont pas pour habitude de nous faciliter la tâche, nous faisons du « up and down », histoire de multiplier le dénivelé à grimper. Heureusement, les pentes restent douces et nous avançons à une vitesse honorable.

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En cours de route, nous rencontrons Pavel, un cycliste Polonais. Vers 14h30, nous arrivons à Sicuani, il est plus que temps de manger, surtout pour le pauvre Sam qui me semble un peu au bout du rouleau. On aurait sans doute dû s’arrêter plus tôt. J’ai faim et mange 2 assiettes, tandis que Sam n’est pas au mieux de sa forme et ne finit pas la sienne.

Nous repartons 1h plus tard, il reste 40km et 800m de dénivelé positif pour atteindre le col. Les 10 premiers kilomètres passent bien, les 10 suivants sont un peu plus difficile et les 10 derniers très difficiles pour Sam. Nous n’atteindrons pas le col aujourd’hui, mais nous devrions y arriver assez rapidement demain matin, il ne reste plus que 100m à monter en 10km. Et puis aujourd’hui, j’ai aussi franchi la barre des 2000km à vélo.

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En cours de route, nous passons par un village qui semble largement abandonné, l’église tombe en ruine et une très grande demeure serait le lieu idéal pour enfermé quelques jeunes le temps d’une soirée d’Halloween. Je profite également de la route pour me friter avec un chauffeur de colectivo, qui nous fait des queues de poisson 3 fois de suite, mais visiblement au Pérou, le cycliste n’a aucun droit, je me récupère donc sur le dos l’ensemble des passagers qui défendent le chauffeur et sa conduite déplorable.

Nous nous arrêtons donc avant le col, à Aguas Calientes. Il y a une auberge pour 30 Soles la nuit, mais on nous laisse planter la tente pour 5 Soles. Là où c’est un super plan, c’est que ces 5 Soles nous ouvrent également l’accès aux piscines de ce complexe thermal, même si l’eau est trop chaude à mon goût (genre 62°C).

 

 

J105 – Mercredi 14 Octobre
113km ; D+ : 435m ; D- : 600m

Après la longue journée d’hier, nous mettons le réveil à 7h, mais nous ne sommes pas plus performant et partons à 9h30.

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Avant de partir, nous rencontrons Florian, un cycliste allemand qui a passé la nuit à l’auberge. Il voudrait bien rouler avec nous, mais nous sommes visiblement trop lents pour ranger nos affaires et il part sans nous.

Plus que 10km pour arriver au col, ça monte en pente douce et c’est le col le plus facile depuis mon départ. Depuis Cusco, notre route suit le chemin de fer Cusco/Puno. Une nouvelle fois, le train est hors de prix et je suis bien content d’être à vélo.

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A 4313m, nous voici au col, point culminant de la route entre Cusco et Puno et frontière entre les 2 départements. Comme il y a une jolie vue sur les montagnes, il y a beaucoup de cars de touristes et un marché d’artisanat s’est installé ici. Etrangement les prix ne sont pas prohibitifs et j’en profite pour m’acheter une petite veste à capuche avec des lamas : peruvian’style !

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Il y a un car de touristes allemands : Sam est un peu la star et fait des photos avec les touristes, il y en a même 2 qui lui donnent de l’argent ! On croisera également 2 brésiliens à moto et un couple d’argentins de Cordoba à vélo. Bref, avec tout ça, on reste 1h30 au col et on ne décolle qu’à 12h30.

C’est parti pour la descente, à nous l’altiplano péruvien. Pour commencer, on descend de 200m, puis la route est relativement plate. Enfin, au Pérou, relativement plat, ça veut dire qu’il n’y a que des faux-plats qui montent et descendent de 10 ou 20m. Les pourcentages sont faibles, mais à la longue, ça use quand même un peu.

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Ici les paysages sont assez atypiques et sont constitués de grands plateaux entourés de montagnes culminants à environ 4500m. Il y a aussi quelques rivières qui permettent la présence de nombreuses activités agricoles et d’élevage.

30km après le col, nous arrivons à Santa Rosa pour déjeuner. Sam est fatigué et me dit qu’il va continuer pendant une trentaine de kilomètres à vélo, puis faire du stop jusqu’à Juliaca. Comme j’ai envie de tout faire à vélo, nous nous séparons. Je compte aller jusqu’à Pukara, à 73km d’ici. Il me restera ensuite 60km jusqu’à Juliaca, puis 45km jusqu’à Puno.

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La route, dans ces nouveaux paysages, est assez sympa, il ne fait pas trop chaud, mais il y a pas mal de trafic routier puisque c’est quasiment la seule route. A 17h, j’arrive à Ayaviri, après 40km de route. Ça sera normalement le terminus pour Sam avant de faire du stop. Une petite pause de 30 minutes et je repars, il me reste encore 33km et il va faire nuit dans 1h. La reprise est un peu difficile et surtout, le vent s’est levé et n’est pas favorable : un coup de côté, un coup de face … La nuit tombe doucement et le vent se renforce, au loin les éclairs et parfois le tonnerre. J’espère que je ne vais pas me taper l’orage en route. Le coucher de soleil sur les montagnes est très beau.

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Les 10/15 derniers kilomètres seront difficiles, mais je finis par arriver à Pukara. Je me mets alors en quête d’un lieu pour dormir. Dans une petite épicerie, on m’indique un hôtel « pas cher » où on me demandera 35 Soles pour passer la nuit. Bien trop cher pour moi, je repars donc et me fais alors accoster par une femme et sa fille qui me demandent si je cherche un endroit pour dormir. Elles sont visiblement scandalisées par le prix demandé par l’hôtelier et décident de m’aider à chercher.

Je dois avoir l’air d’un clodo sans le sou car on ne fera qu’un hôtel, à 10 Soles la nuit, malheureusement fermé. On demandera ensuite à des gens dans la rue et finirais finalement chez la gérante de l’épicerie voisine de celle qui m’avait indiqué l’hôtel. Mon hôte du jour (ou plutôt de la nuit) loue visiblement au black 1 ou 2 chambres. Pour moi, il n’y a pas de prix, je donne ce que je veux en partant. Si on avait rien trouvé, ma bienfaitrice de la soirée était prête à me faire dormir chez sa mère ou chez sa sœur. Les gens d’ici sont vraiment hyper gentils.

 

 

J106 – Jeudi 15 Octobre
107km ; D+ : 300m ; D- : 400m

Après cette nuit chez l’habitant, je prends la direction de Juliaca pour récupérer Sam. Départ à 8h pour 60km de route que j’espère boucler en 4h.

La route est assez monotone, il faut aimer les grandes lignes droites de 5 ou 10km. Comme hier, la route n’est jamais vraiment plate, mais est constituées de successions de faux plats montants et descendants. Le paysage reste sympa, mais malgré tout un peu répétitif.

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J’arrive à Juliaca à midi. C’est probablement la ville la plus moche que j’ai vu au Pérou : urbanisation anarchique, trafic routier important, pollution, déchets, pistes en mauvais état, entrée de ville en travaux … bref, ça ne donne pas envie de rester.

Je retrouve Sam à la Casa de Ciclista de Juliaca, tenue par Geovanni. Les Casas de Ciclista, c’est un peu comme du couch-surfing, mais réservé aux cyclistes. En général, en plus du gite, on y trouve aussi une super ambiance et de nouveaux compagnons de route. En plus de Sam, j’y trouve Frank, encore un cycliste allemand, que je reverrais probablement à La Paz.

Le temps de glander un peu, de papoter et de manger, il est 15h lorsque Sam et moi reprenons la route, direction Puno, à 45km de Juliaca. Le ciel s’est assombri et le vent s’est levé. Ça sent l’orage. Geovanni nous mets en garde, mais nous partons quand même.

Au début, la chance est avec nous : nous avons le vent dans le dos et filons à 30km/h sans faire trop d’efforts. Mais la chance est de courte durée et après 3 ou 4 km, l’orage éclate et on se prend une averse de grêle sur le coin de la figure. Nous trouvons refuge dans une station-service pour enfiler les k-ways et c’est reparti. La grêle laisse la place à la pluie et je suis vraiment trempé (sauf au niveau du k-way). L’orage tonne et les éclairs zèbrent le paysage. Il ne fait pas beaucoup plus de 5ºC et on se les gèle un peu. Avec mes chaussures éventrées, j’ai très rapidement les pieds mouillés et gelés. Avec le vent dans le dos, les 25 premiers kilomètres passent rapidement, mais peu à peu, le vent diminue d’intensité et notre vitesse avec.

A 10km de l’arrivée, nous attaquons la montée. Le pourcentage n’est pas très élevé, mais après quasiment 100km dans les jambes, ça pique quand même un peu. Nous n’avons toujours pas de vue sur le lac Titicaca, pourtant juste à côté sur la carte, à croire que le lac est asséché. La nuit tombe et nous arrivons en haut dans l’obscurité. La ville de Puno se dévoile et on peut deviner le Lac Titicaca. Là encore, le trafic routier est anarchique et les conducteurs péruviens commencent sérieusement à me gonfler.

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Geovanni nous a réservé 2 places dans un hébergement pour Cyclistes à Puno. Mais quand on arrive, le propriétaire des lieux nous informe que deux autres personnes sont arrivées avant nous et nous ont piqué la place. Ça valait le coup de réserver … Nous finissons donc dans le même hôtel qu’André : recommandé par TripAdvisor, mais à mon goût assez cher, très bruyant, avec un wifi capricieux et largement sous-équipé en prises de courant.

One Response

  1. Félicitation pour tes 2000km! En plus tu les passes sur de la vrai route!!

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