De Copacabana à La Paz

Classé dans : 3_Bolivie | 1

J113 – Jeudi 22 Octobre
45km ; D+ : 550m ; D- : 590m

Ce matin, je prends le départ de Copacabana pour rejoindre La Paz en 2 jours. En sortant de la ville, je passe devant la grande cathédrale de Copacabana, largement surdimensionnée au regard de la taille de la ville. J’y rate un spectacle assez atypique : en venant à Copacabana, j’avais croisé des voitures avec des décorations de fleurs … Renseignements pris, il s’avère qu’ici lorsque tu achètes une nouvelle voiture, tu la décores et va la faire bénir par un prêtre spécialisé en voiture devant la cathédrale de Copacabana. Malheureusement aujourd’hui, il n’y a aucun prétendant à la bénédiction de voiture, je n’assisterais donc pas à ce « spectacle ».

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Dès la sortie de Copacabana ça grimpe et je passe de 3800m à 4250m. Je m’élève lentement mais surement au-dessus de Copacabana et du Lac Titicaca et navigue entre les montagnes pour traverser la petite presqu’île. Si le soleil est au rendez-vous, de gros nuages noirs ne sont pas bien loin et menacent.

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Mon problème dans tout ça, c’est que j’ai mal aux genoux et ça sent le début de tendinite, ce qui serait très handicapant pour la suite. Du coup, je prends mon temps et évite d’appuyer sur les pédales comme un âne. Peut-être un souvenir des dernières étapes assez longues. Je décide néanmoins de poursuivre jusqu’à San Pedro de Tiquina. La route est superbe. Je roule sur une petite péninsule étroite et montagneuse et peux, par moment voir le lac Titicaca des 2 côtés de la route.

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Si c’est une péninsule avec le lac des 2 côtés, c’est que c’est visiblement un cul de sac. Pourquoi donc aller par ici me direz-vous ? Déjà parce que c’est beau, mais aussi parce qu’une fois arrivé au bout de la péninsule, il y en a une autre en face, distante d’un petit kilomètre. Comme à la nage ce n’est pas très pratique (pour les cyclistes, mais aussi pour les piétons, les voitures, les bus, les camions …) les boliviens ont mis en place un système de traversiers pour faire passer tout ce beau monde. Les embarcations n’inspirent pas franchement confiance : toutes en bois, plus ou moins en bon état et a priori pas super stables. Beaucoup profite des arrêts permettant de stabiliser la barque pour écoper l’eau qui s’infiltre ! Comme ça ne met pas trop en confiance, ces embarcations sont plus ou moins réservées aux véhicules et les passagers peuvent, eux, embarquer sur de « vrais » bateaux. A ce petit jeu, les cars de touristes remportent les suffrages haut-la-main. Faire monter un bus de plusieurs tonnes sur une barque bringuebalante, c’est quand même une attraction et tout le monde sort son appareil photo pour immortaliser ce moment.

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Avec le vélo, j’ai quand même le droit de monter sur ces barques douteuses pour faire la traversée. Ça tangue un chouilla, mais c’est finalement bien plus stable que ça n‘en a l’air. Quelques minutes plus tard, me voici de l’autre côté, le vélo c’est fini pour aujourd’hui.

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A la base, je voulais passer la nuit ici et profiter d’un dernier coucher de soleil sur le Lac Titicaca, mais la vue n’est pas formidable, le ciel est couvert et l’orage menace. En plus, il n’y a pas trop de coin pour camper et l’hôtelier du coin est désagréable en plus d’être un escroc. Bref, je prends un bus pour La Paz dans la soirée. Ce trajet en bus m’offre une vue sur le coucher de soleil d’un côté et une vue sur la Cordillère Royale de l’autre côté.

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J’ai bien fais de prendre un bus car les 50 à 70 derniers kilomètres sont affreux : route en travaux, beaucoup de circulation et en plus, les 15 derniers kilomètres sont une autoroute urbaine où tout le monde roule comme un fou. Cette autoroute permet de descendre 500m plus bas et d’accéder au centre-ville de La Paz. C’est pas trop le fun et je compte bien prendre un bus pour remonter histoire d’augmenter mes chance d’arriver en haut en vie.

Me voici donc dans la presque capitale de la Bolivie. La Paz est une ville tentaculaire d’environ 800 000 habitants à laquelle vient se greffer El Alto, ville de banlieue qui compte environ 650 000 habitants. La Paz est la presque capitale de la Bolivie car en réalité, la Bolivie compte 2 capitales : Sucre, qui est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, c’est notamment la ville qui héberge la Cour Suprême. La Paz est, elle, la capitale administrative du pays, c’est elle qui héberge le gouvernement. Ainsi le pouvoir judiciaire est basé à Sucre, tandis que les pouvoirs exécutifs et législatifs sont à La Paz. Si tous les pouvoirs ne sont pas regroupés à La Paz, c’est pour une raison historique. Sucre est située à proximité de Potosi, ville minière très importante du pays, notamment pour ces mines d’argent. C’est donc à Sucre qu’a été établie la capitale du pays. Mais avec le déclin de l’industrie minière, Sucre perd de son aura et la capitale sera officieusement déplacée à La Paz. Aujourd’hui, Sucre est une petite ville de 250 000 habitants, au centre historique colonial est parait-il assez remarquable et classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité. De son côté, La Paz profite de son altitude élevée pour collectionner quelques records :
– Capitale administrative la plus haute du monde
– Aéroport international le plus élevé du monde.
– Stade olympique agréé le plus haut du monde. La FIFA a émis une règle interdisant l’organisation de matchs officiels dans des stades à plus de 2 500 m d’altitude, mais la Bolivie a fait une demande spéciale, précisant que ses infrastructures sportives se situaient dans des villes au-delà de la limite et que ça lui couterait un bras de tout transférer dans une ville moins haute (sans compter que la moitié du pays est à cette altitude)
– Et l’eau pure y bout à 87 °
Fait original : la langue courante en Bolivie est l’espagnol, mais la constitution du pays reconnaît pas moins de 37 langues officielles.

Pour en revenir à ma petite vie, il se trouve que je ne suis toujours pas très organisé et que je ne sais pas où passer la nuit. J’erre donc dans la ville à la recherche d’un hôtel pas cher, déambulant au milieu des très nombreux piétons, taxis, bus … Je finirais dans un hôtel pas pas cher, mais c’est mieux que rien.

One Response

  1. Philippe Paumelle

    tu vas avoir pris tous les moyens de transports. mais vu l’embarcation que tu as prise, fait attention qu’on ne te prenne pas pour un migrant…. surtout avec la barbe qui sur les dernières photos commence a poussé grave… hihihihi.

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