De Caraz à Huancayo

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J72 – Vendredi 11 Septembre

Après ces quelques jours de rando, réveil à 9h (c’est presque une grasse mat’ ça dis donc !), je refais les sacoches et à 11h, je prends la direction de terminal terrestre pour prendre une navette pour Huaraz. L’idée est d’ensuite prendre un car pour Huánuco. Il faut normalement faire une correspondance d’une nuit à La Union et je devrais donc mettre 2 jours à rejoindre Huánuco, si j’arrive à prendre le bus à Huaraz aujourd’hui.

D’après mes lectures, le car part à 13h. Le trajet pour Huaraz étant d’1h, j’ai un peu de temps devant moi, mais il ne faut pas trainer.

Arrivé au terminal terrestre, je me rends très rapidement compte que ça ne va pas être aussi facile que prévu. En effet, ici, les collectivo n’ont pas de galerie pour embarquer le vélo. Le prix est de 6 Soles par personnes et en général, je négocie le prix du vélo à 1/2 place. Le premier collectivo me propose de prendre le vélo pour 20 Soles. Comme c’est clairement un prix de gringo, je refuse et décide d’attendre un peu. Heureusement, c’est une ligne très fréquenter et les collectivos partent toutes les 4 à 5 minutes, mais bon, les véhicules défilent et pas une galerie à l’horizon. On me propose de prendre le vélo pour successivement 200, 300, puis 400 Soles, de quoi me faire regretter les 20 Soles du premier. Mais bon, au bout d’une heure, il y a enfin un collectivo à galerie qui se pointe, et pas trop voleur, il me propose d’embarquer le vélo pour le prix d’une personne, je ne négocie donc pas (pour gagner 3 soles de toutes façons …) et accepte de suite, bien content d’enfin partir, il suffisait de patienter un peu. Enfin dans l’histoire, il est quand même 12h15 et je vais probablement rater le bus pour La Union.

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Je suis quand même à moitié content car Huaraz a l’air d’une ville sympathique et en plus on m’a parlé d’un bar, tenu par un Belge et un Américain, qui brassent leur propre bière. C’est paraît-il un petit bout de Belgique au Pérou, et surtout l’occasion de boire enfin une vraie bonne bière.

L’heure de trajet initialement prévue durera finalement 1h45, cette fois, c’est sûr, j’ai raté le bus. Mais bon, je commence quand même par chercher le lieu de départ de ce fameux bus pour connaître les horaires de demain. Après 20 minutes de recherche, je trouve enfin l’agence … et le bus qui est devant. Les horaires ont changé et celui-ci part finalement à 14h45, c’est à dire dans 15 minutes ! L’occasion est trop belle. Tant pis pour Huaraz et la bière, j’embarque.

En vélo, j’aurais pris une piste qui traverse la chaîne de montagne. Le bus préfère une route plus longue pour contourner la chaîne de montagne, mais sur un bel enrobé. Le paysage est quand même sympa. On roule pendant un bon moment à 4000m avant de s’élever pour passer un col à 4700m. C’est d’ailleurs au col que je retrouve ma fameuse piste.

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Je crois que j’arrive dans une partie un peu « profonde » du pays. On recommence à croiser des mines et je sais qu’il y en a encore pas mal dans les villes à venir. Nous passons notamment devant la mine de Huanzala. On y exploite notamment le Zinc, le Plomb et la Pyrite, mais cette mine détient très probablement le record du monde sur le tonnage total de minéraux différents produits par une seule mine. Comme tout bon pays en développement, les ressources naturelles sont pillées par les étrangers, ici de sont les japonais qui sont à l’œuvre.

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Ici, l’espagnol est différent, je ne sais pas si c’est un mix avec un patois local, avec du Quechua ou s’ils ont un sacré accent, mais je ne comprends rien.

Un peu après 19h, nous voici à La Union. Normalement, le trajet s’arrête ici pour ce soir, je dors dans un petit hôtel miteux et reprends un bus demain. Mais la vie est pleine de surprise. Aujourd’hui dans le bus, il y a plusieurs autres personnes qui vont à Huánuco et c’est visiblement moins cher de se partager un taxi que de payer une nuit d’hôtel et le bus. Comme ils sont sympas, ils m’invitent à venir avec eux, la suite du trajet se fera donc « à la péruvienne ».

Ça veut dire à 10 dans un break (toujours 5 places) : 3 devant, 4 derrière et 2 dans le coffre + 1 bébé quelque part sur des genoux. Le temps de mettre le vélo sur le toit, tout le monde a embarqué et je finis donc dans le coffre.

Au final, j’ai donc passé 5h dans un coffre de break, avec un péruvien et plein de bagages, assis sur un truc métallique (genre le châssis de la voiture) … bref, pas confortable du tout. La soirée a été longue, mais j’arrive finalement vers 1h du matin à Huánuco et boucle en 1 journée le trajet que je pensais faire en 2 ou 3 jours.

 

 

J73 – Samedi 12 Septembre

Hier soir, à 1h du matin, pour trouver un hôtel pas cher, il ne fallait pas faire la fine bouche, j’ai donc atterri dans ce qui est sans doute l’un de mes hôtels les plus pourris jusqu’ici, mais bon, un lit et un lit et j’ai quand même bien dormi. Enfin bien dormi jusqu’à 8h, quand quelqu’un est venu tambouriner à la porte de la chambre jusqu’à ce que j’ouvre pour me prendre les draps. Ici visiblement, c’est un hôtel où on n’a pas trop le droit de dormir. Autant dire qu’elle s’est fait recevoir, mais est quand même parti avec les draps.

30 minutes plus tard, je me décide à sortir de ma piaule pour aller en ville. Au programme, trouver une agence de bus qui va à Jauja, prochaine ville étape, si possible en 1 journée, j’aurais alors fais un sacré bon en avant et pourrait reprendre le vélo.

Je trouve un cybercafé, mais pas trop d’info sur les compagnies de bus. J’aurais dû m’en douter, le plus simple et toujours de demander dans la rue. J’en profite quand même pour traîner 1h sur internet et trouve qu’il y a vraiment une odeur désagréable ici.

Je ressors et effectivement, l’odeur vient de la boutique du dessous qui vend des poulets, mais bien sûr sans le moindre système de réfrigération, d’où cette odeur écœurante Je demande le chemin des agences qui vont à Jauja, visiblement, il n’y en a qu’une. En route, je prends un petit déj et c’est parti. Quelques minutes plus tard, me voici devant une agence : pas celle indiquée, mais elle va quand même à Jauja, il y en a donc au moins 2. Le départ du bus est programmé à … 21h30. J’ai donc toute la journée sur place. Le truc bizarre dans cet horaire, c’est qu’on ne roule pas toute la nuit, on arrive vers 4h du matin. Il y a des trucs que j’ai du mal à comprendre dans ce pays, ça aurait quand même été plus simple de partir 2 ou 3h plus tard.

Enfin bon, j’ai la journée pour visiter Huánuco, ville pas très jolie, à l’image de sa cathédrale. Après un rapide tour du centre, je vais donc de nouveau m’enfermer dans un cybercafé histoire de préparer un peu la suite de l’itinéraire, relever les mails, traîner sur facebook, skyper … Après ça, direction le marché pour manger, puis, les 2 cybercafés ne m’ayant pas suffi, je prends mon PC et vais m’enfermer dans le centre commercial à l’occidentale de Huánuco pour préparer ces quelques publications.

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C’est mon premier centre commercial au Pérou, Huánuco doit être une ville plus riche que les autres. Les prix sont inaccessibles pour le Péruvien « de base », mais le centre commercial ne désempli pas, il doit y avoir une bonne proportion de classe moyenne ici.

Pour finir ma journée, je prends donc le bus à 21h30. Le temps de remplir la soute, que tout le monde s’installe, départ à 22h.

Manque de chance pour moi, le siège d’à côté est occupé par une femme obèse qui a tendance à déborder de son siège. En même temps, la probabilité était importante. Au Pérou, la malbouffe est reine : (très) peu de légumes, beaucoup de gras, de sucre et quasiment que des sodas. La question est tellement préoccupante dans le pays qu’une loi anti-malbouffe a été votée il y a 2 ans. Du coup, pour un long trajet de bus comme celui-ci, il faut savoir prendre ses aises même si on n’a pas besoin de tout le siège, parce qu’une fois installé, le péruvien n’est pas facile à bouger.

Avec ce trajet nocturne, j’ai raté les villes de Cerro de Pasco et de La Oroya. Cerro de Pasco est une ville bâti autour, par et pour la mine : une immense mine à ciel ouvert de 2km sur 400m de profondeur, à telle point qu’il est envisagé de déplacer la ville. Ce qui est assez original c’est que Cerro de Pasco est perché à 4300m d’altitude et est très probablement la ville de plus 50 000 habitants la plus haute du monde. Bien évidemment, cette ville est ultra polluée par l’activité minière. Mais sur ce plan, elle n’égale tout de même pas La Oroya, également ville minière, qui a été classée en 2007 2ème ville la plus polluée du monde (peut-être parcequ’ici l’exploitant est américain …).

A 4h du matin, j’arrive a Jauja. Je m’attendais à tomber sur une ville déserte, mais nous sommes samedi (enfin maintenant dimanche) et à 4h du matin, c’est la sortie des discothèques. Il y a donc du monde dans la rue, tous alcoolisés, soit parce qu’ils sortent de boîte, soit parce que ce sont les alcooliques du coin. Après quelques tentatives infructueuses, je finis par trouver un hôtel pour finir la nuit, malheureusement, la demi-nuit ne coûte pas le demi-prix. Je m’en doutais un peu, mais j’ai quand même tenté ma chance.

 

 

J74 – Dimanche 13 Septembre

9h je suis réveillé, 10h je suis débout, 11h je suis dans la rue prêt à partir pour Huancayo.

Huancayo est l’une des principales villes du centre du Pérou. Elle est située à une 50ène de kilomètres de Jauja et entre les 2, c’est un plateau : je me remets en jambe en douceur.

Le seul problème c’est que c’est dimanche et qui dit dimanche au Pérou, dit fête et marché. Du coup je tombe sur l’orchestre de cuivre local, qui accompagne la troupe de danseur et après 2 ou 3 morceaux pour s’échauffer, le défilé est lancé. C’est assez amusant car j’ai l’impression qu’il y a très souvent ce type de manifestations, mais les péruviens n’ont pas l’air de s’en lasser et tout le monde suit le défilé comme si c’était le 1er. Après le défilé, je tombe sur le marché et c’est un très grand marché. Il occupe toutes les rues sur un rectangle d’environ 6 pattés de maisons sur 4. Et on y trouve de tout : bien entendu des plats préparés sur places, de la nourriture (fruits, légumes, céréales, viandes, poissons), mais aussi toutes sortes de vêtements, chaussures et autres accessoires, ainsi que tous les objets possibles et imaginables. J’ai même vu des gens repartir avec une commode. Bref, Jauja a l’air d’une petite ville toute à fait sympathique.

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Avec tout ça je pars alors qu’il est plus de 12h30. Quelques kilomètres plus loin, je tombe sur la ligne de départ du « Marathon de los Andes ». C’est un marathon (42,195km donc) qui relie les villes de Jauja à Huancayo depuis maintenant 31 ans, mais comme en vrai il y a 50km entre les 2 villes, le statut de marathon n’a été obtenu qu’en 1987 (la belle année). Depuis, la ligne de départ est au milieu de nul part et l’arrivée à Huancayo. Le terrain est relativement plat, la principale difficulté est donc l’altitude, puisqu’il se déroule à plus de 3200m d’altitude.

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Pour ma part, j’ai bouclé le marathon en 2h15min environ. Un peu décevant car j’avais bouclé le semi en 1h, mais l’état de la route s’est ensuite dégradé et durant les 5 derniers kilomètres en ville, faut quand même respecter un minimum le code de la route … En vélo, mais chargé je suis donc un chouilla plus rapide que l’Éthiopien qui a gagné la dernière édition en 2h22min… Si vous voulez vous inscrire, le prochain départ est le 15 Novembre, peut-être qu’il reste des dossards.

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Avec près de 350 000 habitants, Huancayo est l’une des plus grandes villes du centre du Pérou (si ce n’est la plus grande). On y trouve donc plusieurs places, plusieurs églises, plusieurs marchés, tout plein de rues commerçantes et même une gare. Le train part tous les 2 jours pour rejoindre Huancavelica à 150km. Je vais donc faire un petit bout de train parce que je n’en ai pas encore pris en Amérique du Sud et parce qu’il paraît que le trajet est vraiment très sympa.

Étrangement, les hôtels sont assez chers ici, mais après quelques recherches, je finis par me dégoter un hôtel à un prix relativement correct, qui dispose de l’eau chaude et même du wifi.

 

 

J75 – Lundi 14 Septembre

Aujourd’hui, c’est journée repos. Au programme, achat du billet de train pour mercredi, préparation de la rando de demain (je vais aller voir un glacier) et petite ballade dans la ville. Et si au passage je trouve un magasin de vélo, ça serait pas mal parce que j’ai perdu mon rétroviseur, très probablement dans le bus de samedi soir et j’aimerais bien en racheter un, c’est quand même bien pratique !

Bon, finalement, je me lève sur le coup de 13h, le temps d’aller manger et de trouver la gare, il est 14h10 et le guichet est fermé. Je réveille le vigile qui pionce tranquille dans un coin et apprends qu’il faudra revenir demain matin (va savoir pourquoi la gare est ouverte tout l’après-midi alors que le guichet est fermé et qu’aucun train ne va arriver). Ça ne m’arrange pas trop car ça n’ouvre qu’à 9h, et je comptais partir plus tôt pour monter au glacier Huaytapallana. Mais bon, je ferais avec, en espérant avoir le temps d’aller au glacier quand même.

En passant devant la cathédrale le soir, il y a encore une fanfare avec une procession qui sort de l’église pour aller se balader autour. Ici comme l’orchestre avance avec la procession, ils accrochent leur partition dans le dos du voisin de devant ^^

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La journée n’aura finalement pas été très productive car je n’ai pas trouvé de magasin de vélo non plus et finalement, c’est quand même un peu la glande.

 

2 Responses

  1. Christine TETREL

    Je vois que tu négocie dur, dur. Serait-ce que le péruvien est un peu arnaqueur !
    Pour l’année 1987, je te rassure, il y en d’autres qui sont aussi bien. Tu veux des exemples ?

  2. Philippe Paumelle

    bon moi je voulais m’inscrire pour le marathon, plus de place!!!
    je suis déçu, déçu…

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