De Baños à Riobamba

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J22 – Jeudi 23 Juillet

Réveil matin 8h, j’me réveil comme une fleur … et là je me rend compte que le déluge a repris.
Je passe rapidement à la douche avant de mettre le nez dehors …il pleut toujours.
Je prends mon courage à deux main, mon k-way et vais faire un tour dehors, histoire de trouver un petit déjeuner. Je tombe alors sur un stand au marché qui vend des empanadas à la banane : j’ai trouvé mon petit déjeuner.
10h, il pleut toujours. Pour passer le temps, je regarde un documentaire sur la crise économique en Europe, avec l’intervention du regretté Bernard Maris.
11h30 : ça y est, il ne pleut plus 🙂 Je finis de remplir les sacoches et c’est parti. Enfin presque parce que si c’est pour s’arrêter dans 1 heure pour manger, autant le faire tout de suite. Je pars donc en quête d’un déjeuner.
13h : je pars enfin !

Baños se situe à 1800m d’altitude, Riobamba à 2750m. Entre les deux, environ 75km de route avec un col à 2800m pour redescendre à 2300m et remonter ensuite. Me voilà prévenu, ça ne va pas être qu’une partie de plaisir. Je prévois donc 2 jours et espère bénéficier d’une vue dégagée pour voir le Tungurahua.

Les premiers kilomètres sont un peu difficiles. Faut dire que je n’ai plus l’habitude d’avoir des bagages après ma petite excursion en Amazonie, et évidemment, ça monte.

Malgré la météo incertaine, je suis content de quitter Baños. Cette ville ultra-touristique ne m’a pas trop plu … beaucoup trop de touristes.

Une petite pluie brumeuse fait son apparition. La brume forme un léger tapis sur la route et forme de jolies circonvolutions lorsqu’un véhicule passe.

Après 20min de route, je commence à trouver mon rythme. Je ne vais pas bien vite, mais je monte, doucement, mais sûrement.

J’ai croisé mes premiers cyclotouriste dans une portion un peu plus pentue que les autres. Je montais en poussant le vélo tandis qu’eux descendaient à toute vitesse.

2h après le départ, je n’ai parcouru que 15km et suis maintenant à 2200m. Et là, c’est le mur ! Sur google, la carte fait de jolis lacets. En vrai, c’est beaucoup moins mignon et ça rigole pas. Tous les kilomètres, je monte de 100m. Forcément, avec un tel pourcentage tu montes beaucoup plus vite … enfin tu avances aussi beaucoup plus lentement. Je pousserais donc le vélo pendant 2h pour parcourir 5 ou 6km.

À 18h15, je suis à un chouilla plus de 2700m. Je me suis fais quasiment 1000m de dénivelé positif et seulement 20 à 25km. La journée de demain risque d’être longue, mais j’ai une belle vue sur toute la vallée.

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La nuit commence à tomber, il est temps de trouver un endroit où poser la tente. Après quelques minutes, un vieux sur le bord de la route me fait signe et m’indique un chemin derrière lui. Pensant qu’il m’invite chez lui, je lui explique que je viens de Baños, que je suis fatigué et que je cherche juste un endroit où planter ma tente. Il m’indique toujours le chemin. Le vieux à l’air sympa, j’ai un bon feeling, je m’engage donc dans le chemin pour voir où il mène. 25m plus loin, je tombe sur une tente et 2 vélos : un couple de cyclotouristes allemands. Ils sont déjà couchés mais prennent quelques minutes pour discuter. Nous ferons plus ample connaissance demain. Je vais un peu discuter avec le vieux, le remercie, puis installe la tente avant qu’il ne fasse vraiment nuit. Je profite d’une jolie vue sur la vallée qui s’illumine au fur et à mesure que le ciel s’assombri.

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J23 – Vendredi 24 Juillet

Finalement, je ne ferais pas plus ample connaissance avec les allemands. À 6h, ils sont déjà sur le pied de guerre alors que je n’ai mis mon réveil qu’à 7h. Je crois comprendre qu’ils ont mis plus de temps que moi à venir de Baños et préfèrent partir avant moi pour avancer à leur rythme et éviter de se faire lâcher en route ^^ Finalement, ma performance n’était peut-être pas si mauvaise.

8h, je suis prêt à partir. Il a plu toute la nuit, mais le ciel est maintenant assez dégagé et j’ai une vue imprenable sur le Tungurahua depuis mon lieu de bivouac.

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En haut de la côte, un petit village. J’en profite pour me ravitailler en bananes et en eau. C’est ensuite parti pour une partie de yoyo. Je vais passer le reste de la journée à descendre à 2300m, c’est à dire au niveau de la rivière, pour ensuite remonter à 2600m, pour ensuite redescendre … Je ne sais pas si c’est la journée d’hier, l’habitude, ou le fait que je découvre l’utilité de mon plus petit plateau, mais la journée se passera étonnant bien. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’aime ça, mais en tout cas j’ai trouvé un rythme et je ne galère plus autant.

Les pluies de ces derniers jours ont engendré de nombreux glissements de terrain le long de la route qui est en cours de dégagement. La prudence est donc de mise, mais le trajet se déroulera sans problème.

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Je double les allemands dans une côte où ils se sont arrêtés pour manger le midi. Je ne les reverrais plus ensuite. De mon côté, je préfères me nourrir de biscuits et de bananes tout au long de la journée plutôt que de faire un vrai repas qui reste un peu sur l’estomac au moment où on attaque la monté suivante.

Un peu moins de 55km après mon départ, me voici à Riobamba. La dernière monté aura été longue et fatigante sous le soleil et la trentaine de degré qui va avec, mais je suis arrivé.

Cette ville est assez étonnante. Elle a été totalement ravagée par un séisme en 1797 et a été reconstruite 14km plus loin. Elle est donc organisée sur un plan très orthogonal digne des villes américaines, mais on y trouve quand même un centre historique d’architecture coloniale avec des bâtiments qui datent du 17ème siècle (au hasard, les bâtiments officiels et religieux), il reste même des rues pavées, qui vu l’état me semble d’époque (et disons que ce n’est pas le support le plus confortable pour le fessier d’un cycliste).

Après une recherche fastidieuse, je finis enfin par trouver l’office du tourisme. D’habitude, j’ai un peu l’impression de déranger, là je suis reçu en entretien individuel par un conseillé qui me fournit le plan de la ville et tout un tas d’autres informations. En cadeau, j’ai même droit à la casquette de la ville !

J24 – Samedi 25 Juillet

Je profite de la matinée pour dormir. En fin de matinée, je daigne enfin me lever pour aller visiter le centre historique. La ville est assez agréable, il y a plusieurs parcs, de beaux bâtiments, les gens sont sympas et il y a un nombre incroyable de marchés, probablement dû à l’importante activité agricole de la région. J’ai quand même réussi à en traverser 5 en l’espace de 3h !

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Je mettrais à profit la fin de l’après midi pour régler quelques problèmes automobiles, préparer l’itinéraire des jours à venir …

J’étais censé rester plus longtemps à Riobamba pour aller randonner aux environs de l’Altar. L’Altar est un volcan vraiment atypique. Il culmine aujourd’hui à un peu plus de 5300m et est éteint depuis 1490. Lors de sa dernière éruption, le volcan s’est littéralement effondré sur lui-même, il n’en reste aujourd’hui qu’une forme de fer à cheval d’environ 3km de diamètre, composée de 9 pics d’une altitude supérieur à 5000m (sacré fer à cheval quand même !). Au milieu du fer à cheval on trouve un lac glaciaire perché à 4200m.
Mais je n’irais pas le voir de plus prêt, la faute aux récentes pluies qui ont rendu le terrain totalement impraticable, à moins d’avoir la combinaison de pécheur qui permet d’être étanche jusqu’à la taille …
Quand on voit la photo fournie par notre ami Wikipédia, on se dit qu’il en manque quand même un bon bout et qu’il devait être bien plus haut avant.

Volcán_El_Altar_-_Riobamba_Ecuador

2 Responses

  1. Christine TETREL

    Je vois que nous partageons la pluie. Tes photos sont toujours très jolies. Bon courage pour tes futures découvertes. A part des bananes, tu manges quoi ?

  2. Contente de voir que ton periple se deroule sans trop de misere. Toujours beaucoup de plaisir a admirer tes photos et tes commentaires super interessants. On attend avec impatience e tes nouvelles bon courage et continue de nous faire rever… gros bisous nadine et denis

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