D’Alausi à El Tambo

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J27 – Mardi 28 Juillet
-> 47km ; environ 1050m de D+ et 850m de D-

Après une nuit à Alausi, je prends la direction de El Tambo / Canar / Ingapirca. Environ 95km que j’espère pouvoir faire en 2 jours. « Espère » car d’après Google Maps, le relief n’est pas tendre avec ma pauvre condition de cyclovoyageur. On verra bien…

Avant le départ, traditionnel passage par le marché pour manger et acheter quelques produits frais pour les jours à venir.

Pour digérer, rien de tel qu’une petite montée. Je commence donc la journée par quelques lacets qui m’amèneront quasiment 500m plus haut.

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En chemin, je passe devant un genre de petite falaise en terre qui bourdonne. En y regardant de plus près, la paroi en terre est constellée de petits trous d’où entrent et sortent des insectes ressemblant à de grandes guêpes aux ailes rouge qui ont visiblement élu domicile ici (voici donc une photo sur laquelle vous ne verrez rien !)

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Le reste de la journée sera dédié à monter et descendre pour passer d’une montagne à une autre. C’est d’ailleurs fou d’avoir une telle concentration de montagnes. Durant les 35 premiers kilomètres, j’ai bien dû passer 5 cols ou ponts me faisant passer sur la montagne d’à côté. Si elles sont très rapprochées, les vallées n’en demeurent pas moins très étroites et surtout très profondes.

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Soudain, au bout de 35km, de l’espace. Je débouche sur une vallée bien plus large. D’après l’affiche du gouvernement placé au niveau du point de vue spécialement aménagé, ceci est un paysage typiquement andin (pas cool pour les précédents …)

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Ce qui est fou aussi, c’est que je dois quasiment être à l’extrême Ouest de la chaîne de montagne. Aujourd’hui les nuages sont bas et entre 2 montagnes, j’aperçois une mer de nuages à environ 2000m d’altitude. Soit les montagnes y sont bien plus basses pour qu’aucun sommet ne dépasse, soit j’aurais pu avoir vue sur la côte équatorienne (mais vu que je suis à peu près au milieu du pays, ça serait étonnant). -> Après vérification, je n’aurais pas pu voir l’océan car beaucoup trop loin, mais c’était effectivement la fin de la Sierra.

Après quasiment 50km et un dénivelé assez important, il est grand temps de s’arrêter pour la nuit. Je suis cependant un peu embêté car d’après mes souvenirs de la carte topographique, je devrais être à 3000m, or je ne suis qu’à 2800m d’altitude. Soit j’ai mal lu la carte, soit mes souvenirs ne sont pas bons, soit la carte est fausse. En attendant, ça promet encore du relief pour demain.

Vers 17h, je trouve un coin relativement tranquille. Le relativement à son importance, car à flanc de montagne, on n’est jamais à plus de 10m de la route, même s’il y a un petit rideau d’arbres entre les 2. Si le trafic routier n’est pas hyper important, les camions roulent quand même toute la nuit et il est de bon ton de se saluer d’un bon coup de klaxon quand on croise un collègue. Bref, j’attends une bonne heure avant de monter la tente, histoire de voir si l’éventuel propriétaire de ce carrée d’herbe montre le bout de son nez. Personne ne viendra, je m’installe donc avant la tombée de la nuit.

Ce soir, le ciel est moins couvert que d’habitude et on voit un peu de ciel entre les nuages. L’occasion de voir quelques étoiles, à moins que ce soit des avions car elles semblent bouger … non ça ferait beaucoup trop d’avions, ce sont les nuages qui doivent bouger ^^

 

J28 – Mercredi 29 Juillet
-> 47km ; environ 1050m de D+ et 850m de D-

Hier soir, sachant que le lendemain serait difficile, j’ai eu le bon goût de m’arrêter en haut d’une côte. C’est toujours plus facile de commencer par descendre
Fort bien reposé après cette nuit passée au bord de la route, j’enfourche le vélo et c’est parti pour une descente. Le problème des descentes, c’est qu’elles sont toujours suivies d’une montée. J’en viens à regretter à chaque fois que je m’engage dans une descente, sachant globalement ce qui m’attendra derrière.

Paragraphe sur les chiens :
Aujourd’hui, les chiens sont fous (enfin plus que d’habitude) en l’espace de 2km (soit environ 3min car c’était de la descente), je suis poursuivi par 7 chiens … et ce n’est que le début de la journée. Les chiens, c’est vraiment la plaie du cycliste, surtout en campagne. On peut distinguer plusieurs comportements de chien (oui, j’envisage de faire une thèse sur la sociologie canine) :
– Celui qui s’en fout : il t’entend passer, lève la tête et décide que tu n’es pas digne de son intérêt, il remet donc la tête entre ses pattes et se rendors (mais celui-là, on le trouve surtout en ville)
– Celui qui aboie pour la forme : il te voit arriver, se lève et aboie 2 ou 3 fois à ton passage, histoire de dire qu’il a fait son boulot (assez rare malgré tout).
– Celui qui a envie de se dégourdir les pattes : il te voit arriver, se lève, te préviens à l’avance en aboyant (au passage, il en profite pour prévenir les copains des maisons d’après de ton arrivée, au cas où y’en aurait un qui voudrait participer à la fête) et au moment où tu passes, il te court après en aboyant.
– Celui qui aimerait bien, mais qui peut pas. Parfois, oui oui, ça arrive (pas assez souvent, mais ça arrive), les gens ont la bonne idée de fermer la barrière lorsqu’il y en a une ou d’attacher le chien lorsqu’il n’y en a pas. Dans ces cas là, le chien te voit arriver, se lève, aboie, tente de te sauter dessus mais est très rapidement arrêté par la barrière ou la porte. Se voyant impuissant, il continu à donner de la voix pour prévenir les suivants qui auront peut-être plus de chance que lui.
– Celui qui a vraiment envie de te bouffer et qui a le champ libre : Jusqu’ici, j’ai eu la chance de toujours les croiser en descente. Mais tu apprends très rapidement à distinguer le chien court et aboie mais en fait c’est du flan, si tu t’arrêtes, que tu cries ou que tu avances vers lui, il se barre et celui qui te cours après en aboyant les babine retroussées, prêt à bouffer … et là du coup, t’as pas du tout envie de t’arrêter.

Passé ce petit intermède canin, je pense qu’on peut dire que cette journée a été la pire depuis le début. En plus du relief habituel, j’ai passé la journée dans le brouillard et/ou sous un petit crachin et/ou en plein vent. Sans exagérer, j’avais parfois du mal à tenir droit debout, je pense que ça soufflait à plus de 80km/h.
Ajouter à cela que le relief n’était pas habituel, mais bien pire. Ces deux derniers jours, j’ai avalé plus de 1000m de dénivelé positif chaque jour alors que sur les 10 jours de vélo précédents je montais en moyenne un peu moins de 600m.

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En plus arrivé à El Tambo, déception, la ville est moche comme tout, y’a rien à y faire, c’est tout petit … Bref, je repars demain pour Cañar à une quinzaine de kilomètres et profiterais de cette courte journée pour visiter Coyoctor, l’un des principaux centres d’archéologie Inca en Équateur qui se situe à mi-chemin. Coyoctor est également appelé Baños del Inca, comme son nom l’indique, semble être des genres de bains, puisqu’on y trouve des restes de bassins.

A noter quand même que si quelqu’un veut acheter un mini parc d’attraction, il y a quelqu’un a El Tambo qui a installer une petite grande roue et quelques roulottes sur un terrain en plein centre ville, et c’est à vendre, sautez sur l’occasion !
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En note positive, il faut quand même signaler que les montagnes ont joué à cache-cache avec les nuages : parfois c’était beau. Et depuis 2 jours, les paysages sont vraiment superbes.

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Ah oui, et je viens de passer la barre des 500km 🙂

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Vue la météo de ces 2 derniers jours, j’ai bien fais de ne pas emprunter le Chemin de l’Inca, avec un tel brouillard, il est paraît-il assez perdatoire.

Niveau agricole, les cultures maraîchères et céréalière sont désormais sporadiques et ont laissé la place à l’élevage bovin et à l’industrie laitière.

Ici aussi on fait la promotion de la production locale. Là pour des chaussures, mais on trouve la même chose pour la viande, les vêtements, …

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4 Responses

  1. Philippe Paumelle

    Ca n’a pas l’air d’être facile, ton escapade… Mais c’est magnifique
    J’ai bien aimé ta petite littérature sur les chiens!

  2. florence MARTIN

    Je te lis avec assiduité et te remercie pour tes commentaires géographiques, historiques, sociologiques, topologiques, zoologiques et humoristiques. Beau voyage …. Merci, bravo et bonnes routes…

  3. Les photos montagne-nuages sont magnifiques ! J’espère que je verrai des paysages comme ça en octobre 🙂

    • N’oublie pas ta doudoune et ton k-way, c’est le prix à payer pour les montagne-nuages …

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