Coyoctor et Ingapirca

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J29 – jeudi 30 Juillet

Aujourd’hui, j’ai un peu l’impression de m’être fait escroquer !

Je commence par une grasse matinée, il n’y a pas grand-chose à faire à El Tambo, donc ce n’est pas du temps de perdu. Après un levé tardif, je me rends au niveau de la station de train d’où part un train (cela semble évident) qui descends environ 1,5km plus loin pour s’arrêter à Coyoctor. Là, un système de demi-tour pour train a été mis en place, et le train retourne à la gare. De mon côté, je compte y aller en vélo pour pouvoir aller ensuite directement à Cañar, à quelques kilomètres de là.

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A la gare, un type qui traîne dans le coin m’indique qu’il est inutile de partir maintenant (il est un peu plus de midi) car ça n’ouvre pas avant 13h. Je vais donc passer le temps en parcourant les quelques rues d’El Tambo. Un peu après 13h, je me dis qu’il est temps d’y aller. Je retourne à la gare et lorsque je demande le chemin, tout le monde m’indique de suivre la voie de chemin de fer, comme le train ne passe pas souvent, ce n’est pas dangereux. Je m’engage donc en vélo à côté de la voix de chemin de fer. Au bout de 100m, je finis par descendre du vélo et par le pousser parce que ce chemin est très accessible pour les piétons, mais pas du tout pour les vélos chargés. Au fur et à mesure de mon avancée, je me rends compte que la voie sert aussi pour les voitures sur certaines portions …

Quelques minutes plus tard, j’arrive devant l’entrée … qui est fermée. J’attends quelques minutes. Au bout d’1/4 d’heure, je demande à un voisin qui ne sait pas à quelle heure le site ouvre. J’attends encore un peu et décide finalement de partir. 200m plus loin, je trouve un autre voisin qui m’indique que ça ouvre à 14h (c’est à dire 20min plus tard). Je retourne donc près de l’entrée et reprend mon attente. A 14h30, je décide que le site n’ouvrira jamais. En plus, vue de l’extérieur ça semble assez petit et je n’ai pas trop envie d’attendre 3 heures pour faire le tour en 30 minutes. Je prends donc le départ pour Cañar. Évidemment, toute cette attente s’est faite dans le vent et sous le petit crachin qui commence à devenir habituel.

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Quelques kilomètres plus tard, me voici à l’entrée de Cañar. Sur le grand panneau d’entrée de ville, il est indiqué « Cañar, capitale archéologique et culturelle de l’Équateur » Ça a de la gueule quand même ! Je me dis que là, ça va envoyer du pâté.

Cañar est un peu plus jolie qu’El Tambo. Par contre, la ville est toute aussi morte et il n’y a rien à faire non plus. En fait, son principal atout est d’avoir un bus pour Ingapirca (passant par El Tambo) où il semble y avoir vraiment des ruines incas (encore que je commence à me poser des questions ^^).

Bref, pour le moment, je n’ai pas de chance avec les Incas. D’ailleurs, je crois que je suis le seul à m’être fais berner car ça fait quelques jours que je n’ai pas croisé le moindre touriste.

Par contre, je dois avouer qu’on trouve dans cette partie du pays une importante proportion d’indigènes. Sur le marché, la nourriture est réduite à sa portion la plus congrue et à la place on trouve de nombreux stands de vêtements plus ou moins traditionnels. C’est riche en couleurs et très esthétique.

 

J30 – Vendredi 31 Juillet

Le temps ne s’est pas vraiment amélioré, mais c’est parti pour Ingapirca. Je n’attends le bus que 2 minutes et en route.

Une fois sur place, victoire, il y a des ruines et c’est ouvert !

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Ici, il y a le tarif pour les équatoriens à 2$ et le tarif pour les étrangers à 6$ … Une fois encore, je suis pris pour un américain et je dois confirmer 3 fois que je préfère la visite en espagnol plutôt qu’en anglais (a posteriori, je dois avouer que j’aurais sans doute compris plus de choses avec la visite en anglais, mais au moins ça m’a fait bosser mon espagnol et je pense avoir saisi l’essentiel de la visite). Une fois délesté de mes 6$, je vais donc à l’entrée du site pour commencer la visite.

Ingapirca est un site assez particulier car il est « hybride ». En effet, avant la conquête de la région par les Incas, celle-ci était sous domination Cañaris, dont les descendants encore présents en Equateur forment l’une des communautés indigènes (si j’ai bien tout compris). Bref, les Cañaris étaient déjà là et avaient fait de ce site un lieu important pour leur culture et leur religion. Les Incas tentent de conquérir la région, mais les Cañaris sont de farouches guerriers et ne se laissent pas faire. A priori, ils auraient finis par capituler face à l’inca Tupac Yupanqui et son armée, mais en négociant que ce site soit dans la même veine que le Machu Picchu (j’ai pas encore vu le Machu Picchu, mais je peux quand même affirmer qu’ils se sont bien fait avoir, c’est vachement plus petit ^^)

Du coup, le site d’Ingapirca est, semble-t-il, essentiellement dédié au culte religieux. Il n’a cependant pas été retrouvé de restes prouvant qu’il y ait eu des sacrifices humains. Ici, ils auraient plutôt eu tendance à sacrifier des animaux pour ensuite se faire un banquet.

Si le site semble essentiellement religieux, on y trouve cependant des restes de quelques habitations, de silo de stockage pour les excédents de récoltes, un coin avec quelques artisans, un autre avec les activités administratives, astronomiques, militaires …, mais aussi quelques petites places et bien sûr le temple du soleil.

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D’un point de vue architectural, on retrouve quelques marques Incas, comme les portes trapézoïdales (parce que ça résiste mieux aux séismes) mais aussi et surtout le temple orienté Nord-Sud avec le coucher du soleil qui arrive à un endroit bien aux solstices et aux équinoxes. Mais comme vous le savez sans doute, les Incas ne connaissaient pas la roue. Tout était très carré chez eux. Je ne sais pas si les Cañaris avaient la roue (a priori non), mais ils aimaient bien les courbes car pour eux, cela représentait la lune qu’ils vénéraient (avec les Incas qui vénéraient le soleil, ils se sont donc bien trouvés). Résultat, le temps d’Ingapirca serait le seul temple de tout l’empire Inca a ne pas être carré ou rectangulaire, mais de forme ovale.

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En parlant de l’Empire Inca, j’ai aussi appris qu’en fait il ne s’est passé qu’1 siècle entre le moment où ils ont vraiment commencé à s’étendre et le moment où l’empire a atteint sa dimension maximale et où ils se font conquérir par les espagnols. Ils en ont quand même fait des trucs en seulement 1 siècle !

Pour revenir sur le site d’Ingapirca, on a retrouvé sur le site, une pierre avec des trous dedans. Cette pierre serait un calendrier lunaire. Il y avait de l’eau au fond des trous et en se mettant à un endroit bien particulier pour regarder la pierre, on voyait la lune se refléter dans l’un des trous et on pouvait savoir où on en était dans le mois. D’ailleurs les Incas avaient un calendrier avec 13 mois de 28 jours, c’est-à-dire 13 cycles lunaires, soit 364 jours.

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Aux environs du site, on trouve aussi la tête de l’Inca, c’est une formation rocheuse qui ressemble à la tête d’un Inca.

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Voilà un très rapide CR de cette visite culturelle 🙂

Au programme de demain, départ pour Cuenca. C’est un peu loin, mais en dehors d’une très longue montée au début, le parcours semble être descendant. Si je suis en forme, je le ferais d’une traite, sinon, je ferais une pause en route et n’y arriverais que dimanche.

One Response

  1. la vieille tata annie

    Pensons à toi, petites bulles pour nous, la sueur pour toi !! le soleil brille chez nous, merci de nous l’avoir envoyer.
    Gros bisous et bon courage, pédale bien, on te suit. Tous les Tétrel à Gainneville.

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