Chiloé

Classé dans : 4_Chili | 1

J186 – Samedi 23 Janvier
69km ; D+ : 400m ; D- : 400m

Nouveau record, ce matin nous sommes partis à midi ! Faut dire qu’on est bien chez Simon et qu’on se couche un peu tard. On finit quand même par partir, sans trop savoir jusqu’où nous pourrons aller. Dans l’idéal, jusqu’au bateau qui nous emmènera demain sur l’île de Chiloé.

Il fait plutôt beau, mais Simon nous prévient qu’il risque de pleuvoir demain. A priori, par ici, les pluies ne durent pas longtemps, mais sont très intenses. La route pour aller jusqu’à l’embarcadère, à Pargua n’est pas des plus sexy, c’est de l’autoroute. Nous optons donc pour rouler le plus longtemps possible le long de la côte. Nous rejoignons ainsi l’autoroute après 20km de route, pour y trouver un panneau indiquant que Puerto Montt se trouve à 11km d’ici … ou comment perdre son temps alors qu’on est déjà en retard. Enfin bon, on n’est plus à ça prêt et même si nous avons traversé la zone portuaire et industrielle de Puerto Montt, c’était quand même sympa. En plus nous pouvons déjà apercevoir, au loin, les montagnes et volcans enneigés qui jalonnent le début de la Carretera Australe.

DSC09265

DSC09268

 

L’autoroute à vélo n’est pas plus divertissant qu’en voiture. Heureusement, il reste tout de même quelques taons pour nous tenir compagnie et nous occuper. Un arrêt vers 15h30 pour manger et 1h plus tard nous reprenons la route. Nous avons un peu le vent de face et ne roulons pas super vite, mais les kilomètres passent tout de même, petit à petit.

Vers 19h, nous arrivons à Pargua et voyons l’île de Chiloé en face de nous. Il s’agit maintenant de trouver un endroit où poser les tentes. Les pompiers ne peuvent pas nous héberger, la police nous propose d’aller sur la plage, mais il y a visiblement des sites plus sympas sur l’Ile. Nous optons donc pour cette solution et embarquons donc sur un petit ferry. Nous sommes les premiers passagers, mais nous sommes rapidement rejoins par de nombreux camions et voitures. Ici, ça sent la mer : l’air salin et l’odeur de moule. Le conducteur fait chauffer les moteurs et nous partons.

DSC09272

DSC09277

 

25min plus tard nous mettons pied à terre et partons à la recherche d’un spot de camping. En chemin, nous passons devant un panneau indiquant la présence d’un camping. Il s’agit en fait d’une famille qui laisse les voyageurs planter la tente dans le jardin en échange d’une modique somme. Il n’y a pas l’eau chaude, mais un bon wifi. Nous passerons donc la nuit ici. Les gosses de la famille sont de vraies pestes qui passent leur temps à hurler et à pleurer, mais après 1h de supplice, ceux-ci rentrent enfin dans la maison et le calme revient dans le jardin 🙂

 

 

J187 – Dimanche 24 Janvier
33km ; D+ : 350m ; D- : 300m

Au petit matin, les monstres dorment encore. Le soir, ça remue beaucoup, mais quand il faut se lever le matin il n’y a plus personne. Avant de partir, nous essuyons une petite averse matinale et ensuite, c’est parti. On commence par une bonne grosse montée et ensuite, nous enchainerons les montées et les descentes … le Chili n’est jamais plat !

DSC09280

DSC09281

DSC09285

 

Nous arrivons à Ancud pour le déjeuner, mais nous ne sommes pas bien rapides et il se passera un bon 3h entre notre arrivée à Ancud et le moment où nous sommes prêts à partir pour LA principale activité d’Ancud, aller un peu plus à l’Ouest pour aller voir une petite île sur laquelle s’est installée des colonies de manchots. C’est même le seul endroit au Chili où l’on peut voir 2 espèces de manchots différents au même endroit. Le plus simple est d’acheter un tour dans une agence, mais les prix sont assez prohibitifs. Le moins cher reste, comme toujours, de se débrouiller tout seul. Mais ici, rien n’est vraiment intuitif et je ne trouverais pas les bus pour aller jusqu’à l’embarcadère, situé 30km plus loin … bref, pas de manchots aujourd’hui et une journée relativement improductive. Heureusement, il y a d’autres manchots, plus au Sud.

DSC09289

DSC09291

 

Ancud est une petite ville avec un port de pêche et des maisons colorées.

DSC09292

DSC09294

DSC09295

DSC09299

 

Comme je n’ai pas grand-chose à vous raconter pour ce dimanche, voici, en supplément, les éléments principaux de la légende de l’île de Chiloé. La légende raconte qu’il y a des milliers d’années Chiloé n’était pas une île et faisait partie intégrante du continent. Mais un jour, Cai-Cai Vilú, l’esprit des eaux, apparut. Il ordonna que le niveau des eaux monte, inondant du coup les basses terres et les vallées, puis les montagnes. Tous les êtres vivants habitant sur terre mouraient. Alors se présenta Ten-Ten Vilú, l’esprit protecteur de la terre. Et ce fut le début d’une longue bataille… La lutte entre les deux esprits fut longue et douloureuse. Quand l’un élevait le niveau des eaux, l’autre répondait en élevant les terres. Chacun essayait de protéger les êtres vivants de son domaine. Aucun ne montrait de réelle supériorité et la lutte paraissait sans fin… Enfin, après de longues années de bataille, Ten-Ten Vilú, l’esprit protecteur de la terre, réussit à vaincre Cai-Cai Vilú. Mais les champs de bataille ne revinrent jamais à leurs formes d’origine. Et c’est ainsi que se formèrent les multiples îles qui constituent aujourd’hui l’archipel de Chiloé. De même le relief accidenté de l’île est vu comme les cicatrices résultant de cette longue bataille.

 

 

J188 – Lundi 25 Janvier
82km ; D+ : 900m ; D- : 900m

Après ce passage à Ancud, il est temps de prendre la direction du Sud pour prendre un bateau. Nous quittons donc Ancud avec l’objectif d’atteindre Castro ce soir. C’est une grosse journée qui nous attend, avec plus de 80km sur une route assez vallonnée. Le seul problème c’est qu’on part vers 10h30 car Fabien à quelques difficultés à régler son dérailleur avant.

Avant de partir, nous essuyons, comme hier, la petite averse matinale quotidienne. La route n’est pas formidable, c’est un peu long. On enchaine les montées et les descentes. Bref, rien de bien passionnant. L’économie Chilote est essentiellement basée sur l’exploitation du bois, mais aussi et surtout, sur celles de la pêche et des fruits de mer. C’est donc assez régulièrement que des camions nous doublent en laissant derrière eux une forte odeur de moule à la fraicheur douteuse.

DSC09301

Nous arrivons à Castro en fin d’après-midi, et là, nouveau problème. J’avais envoyé 5 ou 6 demandes pour nous faire héberger en couch-surfing et personne ne peut nous accueillir. Il faut dire que nous sommes en pleine saison touristique et que la Région des Lacs et l’Île de Chiloé sont les 2 régions les plus touristiques du pays. Les campings sont 5 km plus loin et nous n’avons pas trop envie de rouler 5km de plus ce soir pour les refaire en sens inverse demain matin, bref, on reste dans Castro et on se paye l’hôtel.

On profite de la soirée pour visiter très rapidement le centre-ville et notamment l’église de Castro. Il faut dire que Chiloé est reconnue pour ses églises en bois, dont 16 sont classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco. La ville de Castro, comme beaucoup de villes ou villages de bord de mer sur l’Ile de Chiloé est connu pour ses Palafitos, qui sont les maisons traditionnelles, sur pilotis pour résister aux marées.

DSC09307

DSC09313

DSC09322

Pano1

 

 

J189 – Mardi 26 Janvier
26km ; D+ : 320m ; D- : 320m

Petite journée aujourd’hui. Après un réveil bien tardif dans notre petit hôtel bien confortable, nous prenons la direction du bureau de la société de bateaux pour traverser de Quellón à Chaíten.

Manque de chance pour nous, la personne de l’accueil nous indique qu’il reste des places pour nous, mais pas pour les vélos. On insiste un peu pour lui expliquer qu’un vélo, à ne prend pas 5m2 et que tout cela est bien ridicule, mais rien n’y fait. Nous étudions donc les autres possibilités : les bateaux qui descendent plus au Sud n’ont pas de place non plus pour les vélos. Il ne reste donc que 2 alternatives : prendre le bateau de dimanche ou rentrer à Puerto Montt pour prendre un bateau de là-bas.

Pour ma part, j’avais prévu de prendre le bateau dimanche, mais n’ayant pas d’hébergement couch-surfing à Castro, mes plans pourraient changer. J’opte donc pour faire des demandes d’hébergement sur couch-surfing à Quellón et voir sur place. Si j’ai un hôte, je reste sur place et prends le bateau dimanche, sinon je prends le bateau jeudi matin. Pour Kristell et Fabien, la question est un peu plus délicate. Ils doivent arriver en Terre de Feu 2 semaines avant moi et n’ont donc pas de temps à perdre, veulent partir d’ici au plus vite et ne compte pas attendre dimanche. Nous tentons donc d’appeler l’agence de la société de bateau, directement à Quellón et là, surprise, mettre des vélos ne semble pas être un problème. Après quelques discussions par téléphone, Fabien envoie un mail avec les informations nécessaires et le tour est joué. De mon côté, je préfère en rester à mon plan précédent et voir sur place, au dernier moment.

Dans tout ça, il est déjà plus de 11h du matin, nous quittons l’hôtel, repassons à l’agence de la société de bateaux pour valider la réservation et imprimer les billets. C’est un peu plus compliqué que prévu et Fabien et Kristell repartent sans billet. Le mail a bien été reçu, mais n’a pas encore été traité, ils recevront validation par mail.

Il est maintenant midi et nous n’avons toujours pas pris la route. Heureusement, nous avons 2 jours pour parcourir les 90km nous séparant de Quellón. On mange rapidement un « completo », sandwich à mi-chemin entre le hot-dog et le panini et c’est parti.

Nous ne ferons que 25km aujourd’hui, histoire de rejoindre la petite ville de Chonchi et un petit camping familiale bon marché. Nous roulons une partie de la route sous une petite pluie fine et arrivons relativement de bonne heure à Chonchi. Heureusement, car ensuite, nous avons tout juste le temps de monter les tente et c’est le déluge. J’en profite donc pour avancer la mise à jour du blog 🙂

DSC09328

 

Dans ce camping, il y a une pièce commune, ce qui n’est pas du luxe sur cette île où il pleut 300 jours par an. On y rencontre un couple qui traine des pieds et un couple qui fait à manger pour 50 personnes.

Sur l’île de Chiloé, le camping sauvage est assez difficile et plusieurs cyclistes se sont fait déloger en pleine nuit par la police. On joue donc la sécurité en faisant le tour des campings pas chers.

 

 

J190 – Mercredi 27 Janvier
69km ; 1000m D+ ; 1000m D-

Il a bien plu cette nuit et hier soir. Ce matin, c’est toujours bien couvert et pluvieux, on repli donc les tentes encore trempées entre 2 averses.

Nous prenons la route pour Quellón, au Sud de Chiloé, d’où nous prendrons le ferry pour Chaíten, sur la Carretera Austral. Mais pour cela, il nous faut des billets. Fabien et Kristell ont réservé par mail, mais n’ont pas reçu de confirmation … et moi, je n’ai rien organisé, je préfère voir sur place.

Les 1ers kilomètres sont fatigants, avec beaucoup de montées et de descentes assez longues et pentues (on le voit d’ailleurs bien sur le dénivelé du jour). Après, ça se calme un peu 🙂

La route principale de Chiloé n’est pas passionnante et il y a pas mal de trafic, mais le cadre reste agréable. Et surtout, il n’y a que 2 ferry par semaine. Si nous ratons celui de demain, il faudra attendre dimanche : ça motive pour avancer.

Le ciel se découvre petit à petit, ce qui nous permet de retirer k-way et polaire, c’est mieux quand même. L’objectif est d’arriver à Quellón pas trop tard car on ne sait pas à quelle heure ferme le bureau de la compagnie maritime. Nous arrivons à 16h et le bureau ferme à … 3h du matin, heure de départ du ferry !

DSC09330

DSC09332

DSC09336

DSC09351

DSC09354

 

Fabien et Kristell récupèrent leur ticket : ouf ! Comme je n’ai personne pour m’héberger ici, je vais prendre le bateau aussi. J’achète donc l’une des dernières places.

 

Si l’histoire de Chiloé fait l’objet d’une légende, on trouve aussi de nombreux personnages mythologiques. 4 d’entre eux sont présents sur la place de Quellón :

– Le Trauco : c’est un genre de gnome répugnant. Il vit dans la forêt et fait naître des rêves impurs chez les jeunes vierges. Il est donc souvent présenté comme le père de mystérieux des enfants nés hors mariage. Si les femmes ne peuvent résister à son attrait magique, les hommes le craignent car son regard peut être mortel.

20160127_203013

– La Pincoya / Sirena : c’est une très belle femme nue, qui incarne la fertilité des côtes chilotes et de la richesse de la vie marine. Elle a de longs cheveux blonds et chacun s’en amourache au premier regard. D’elle dépend l’abondance des récoltes en crustacés et poissons.

20160127_203020

– Le Camahueto : c’est un genre de petit bœuf muni d’une corne (comme les licornes). Il commence sa vie sous terre, dans les monts proches de la mer, où il se développe durant 20 à 30 ans. Lorsqu’il émerge, il se dirige vers la mer pour trouver des vaches de mer, détruisant tout sur son passage. C’est ainsi qu’il est désigné responsable des éboulements de terrain proches de la mer. Le seul moyen de l’attraper est de recourir à un sorcier. Il faut ensuite le conduire jusqu’à la mer et il est possible de lui couper la corne pour le calmer car il tire sa force et sa virilité principalement de cette corne. Accessoirement, la corne de Camahueto aurait aussi des pouvoirs magiques curatifs et de jouvence.

20160127_203036

– Le Basilisco : C’est un mélange de coq et de serpent. Le jour, le Basilisco se cache sous les maisons et la nuit, il sort de sa cachette et rentre dans les maisons. Son chant hypnotique maintient les personnes endormies, pendant qu’il mange. Le Basilisco se nourrit du souffle et de la salive des personnes endormies. Au fur et à mesure des jours, les victimes perdent l’appétit, gonfle et deviennent pâles. Ensuite apparaît une toux forte et persistante, des problèmes respiratoires et ils finissent par en mourir.

20160127_203051

Après, j’ai peut-être l’esprit mal placé, mais je trouve quand même que le Basilisco ressemble à une grosse bite et que le Camahueto est une sorte de licorne qui aurait troqué sa corne pour un sexe. Ces chilotes me semblent donc particulièrement porté sur ce sujet.

 

Le départ du bateau est à 3h du matin et l’embarquement à 1h. On va donc glander quelques heures dans un resto avec wifi pour patienter et préparer la suite de l’itinéraire. Vient enfin l’embarquement et la nuit à bord. Ce n’est pas super confortable et la nuit est assez courte. Ce n’est donc pas très reposant.

20160128_013424

One Response

  1. ton blog est tres interessant j attends la suite je suis egalement celui des bretons je vous envie de faire ce circuit mais moi je ne l aurais jamais fait car cele est tres dur

Laissez un commentaire