C’est les vacances : Salta !

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Après ces 5 mois et 1/2 de route et après avoir parcouru un peu plus de 3700km, j’ai bien mérité 2 semaines de vacances, parceque bon, je voudrais pas faire mon petit malheureux, mais n’aller pas croire que comme je n’ai pas de travail je suis en vacances, faut quand même se les monter les cols à plus de 4000m d’altitude. En plus, mon réveil sonne quasiment 2h plus tôt que quand je travaillais ! Bon, j’avoue qu’il y a quand même quelques contreparties non négligeables et que si je n’ai pas envie de me lever le matin, je peux rester au lit (enfin au matelas pneumatique), personne ne m’attends.
Bref, je m’octroie donc 2 semaines de vacances pendant lesquelles j’ai le plaisir de recevoir Claire 🙂

 

 

J143 à 146 – Du vendredi 11 au dimanche 13 Décembre

Réveil de bonne heure pour prendre le bus de 7h du matin, direction Salta. Le chauffeur est sympa et ne me fait pas payer de supplément pour mettre le vélo en soute. Après avoir fait le tour du village pour ramasser tout le monde, nous quittons San Antonio de los Cobres.

Le bus s’élève petit à petit, sur une piste très sableuse et assez pentue pour atteindre un col, 20km plus loin. J’en connais 2 qui ne vont pas rigoler ce matin. Une fois passé le col, le bus circule quelques temps sur un grand plateau à 4000m d’altitude, puis c’est parti pour la descente. Les paysages défilent, la végétation ne cesse de changer au fur et à mesure des changements d’altitude.

J’arrive à Salta vers midi. Il est donc temps de trouver une auberge pour poser toutes mes petites affaires et d’aller manger. La suite du programme consistera à se renseigner sur les horaires du bus allant à l’aéroport pour y récupérer Claire demain midi et à trouver des pesos argentins.

A Salta, il n’est pas possible de payer le bus en espèce, il est indispensable de posséder la carte de bus de la ville. C’est ainsi qu’il me faudra 1h samedi matin pour dénicher cette fameuse carte et la charger pour pouvoir ensuite prendre le bus. Après quoi il me faudra 1h de plus pour trouver des empanadas sans viande et à un prix abordable. Heureusement, je m’y étais pris à l’avance et j’arrive à temps à l’aéroport. L’après-midi sera improductif car au-delà du décalage horaire pour Claire, moi je suis malade.

Dimanche, nous allons visiter la ville. Mais tout est fermé, c’est un peu ville morte. Et en plus, je suis toujours malade. C’est assez bizarre, dès que je mange, mon estomac se met à gonfler !

 

 

J147 – Lundi 14 Décembre

Il est temps de se préparer pour notre petit road trip de 5 jours ‘a la découverte de la région de Salta. Nous allons louer une voiture un peu tardivement et ne pouvons partir qu’à 17h, autant dire que la journée est déjà bien entamée. Nous partons quand même pour nous avancer de quelques dizaines de kilomètres. C’est ainsi que nous passons par une superbe route de montagne, traversant une forêt luxuriante envahie de milliers de papillons. Nous nous arrêtons ensuite dans un camping pour la nuit. C’est un camping avec piscine … sauf que la piscine est vide …

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J148 – Mardi 15 Décembre

Ce matin, nous roulons jusqu’à Tilcara, puis empruntons la route jusqu’à Humahuaca, qui passe par une très jolie Quebrada. De Humahuaca, nous prenons ensuite une piste très chaotique et déserte pour aller voir la montagne aux 14 couleurs. En sortant d’Humahuaca, nous ramassons 2 néo-zélandais en stop. Ils sont sympas et en plus, l’un d’eux porte de grandes chaussettes dans un style très tyrolien !

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Les 30km de piste pour monter au col et avoir la vue sur la fameuse montagne aux 14 couleurs sont assez difficiles, même en voiture et je suis bien content de ne pas être en vélo. En haut, nous passons au niveau de l’entrée au point de vue, marqué par un petit péage. Le type qui collecte l’argent nous raconte rapidement l’histoire de la découverte du lieu par son grand-père (si j’ai bien tout compris :s), puis nous déclame un poème avec force et passion ! Arrivée sur place, nous découvrons qu’avec ce ciel assez chargé, la montagne est dans les nuages. C’est très beau malgré tout.

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Vient le moment de redescendre. Au bout de quelques temps, la voiture se mets à siffler et fini plus ou moins par tomber en panne au milieu de nulle part. Surchauffe, le ventilateur ne tourne plus et est visiblement en panne. Ça s’annonce plutôt mal pour la suite. Après quelques minutes pour laisser refroidir le moteur et rajouter de l’eau dans le réservoir dédié, la voiture repart.

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On dépose les néo-zélandais à Humahuaca et direction Tilcara pour y passer la nuit. On serait bien allé plus loin, mais nous sommes en retard à cause de la panne. Au moins, ça ne semble plus surchauffer, c’est toujours ça de pris pour demain.

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Tilcara est une petite ville très vivante et très sympa. Les hôteliers sont très sympas aussi et nous indiquent les activités à faire dans le coin.

 

 

J149 – Mercredi 16 Décembre

Ce matin, nous allons faire une petite randonnée pour aller voir une cascade, qui finalement ne s’avèrera pas ouffisime. En plus, je suis toujours malade et mon ventre ressemble parfois à un ballon de baudruche.

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Revenu à Tilcara, on mange rapidement au marché et partons direction Pumamarca et la montagne aux 7 couleurs. Contrairement à la montagne aux 14 couleurs, ici ça ne fait pas arc-en-ciel, mais le massif est composé de 7 montagnes ayant chacune une couleur différente. Les couleurs sont dues aux différents métaux présents dans la roche. Nous mettrons un certain temps pour trouver le chemin de randonnée, mais finalement, au moment où nous allions abandonner, on finit par tomber dessus.

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Après cette petite balade, nous prenons la route pour aller aux Salinas Grandes, le plus grand Salar d’Argentine, situé à 3600m d’altitude, après le passage d’un col à 4100m. Autant dire que ça grimpe bien !

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La voiture refait des siennes, tombe en panne 2 fois et nous décidons donc de redescendre avant d’être arrivé en haut et retournons à Pumamarca pour y passer la nuit. Nous en profitons pour appeler le loueur de voiture et lui faire part de notre désarroi (pour ne pas dire de notre mécontentement). Plutôt commerçant, celui-ci nous en envoie une nouvelle qui arrivera vers minuit. On troque ainsi notre petite berline pour un Fiat Cubo, qui porte bien son nom

Pour se remettre de toutes ces émotions, on va dans un hôtel assez chouette 🙂

 

 

J150 – Jeudi 17 Décembre

Après l’échec d’hier pour monter au Salar, on se lève de bonne heure, pour essayer de rattraper une partie du temps perdu. Manque de chance, on nous informe qu’il n’a pas plu depuis longtemps et que le vent à transporter beaucoup de sable à la surface. Résultat, le Salar n’est pas vraiment blanc. On peut même dire qu’il est franchement couleur sable et c’est clairement pas le même rendu qu’en Bolivie. Des locaux tentent de nous faire payer un tour pour aller sur le Salar, au milieu, là où c’est bien blanc. Mais on ne nous la fait pas à nous et on ne tombe pas dans le panneau. Quelques kilomètres plus loin, on trouve une autre entrée et on s’offre quelques kilomètres sur le Salar. Mais bon, ce n’est toujours pas très très blanc et ça reste un peu décevant. Comme ce sont des Salinas, on y exploite le sel, d’où la présence de ces petits bassins.

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Nous faisons donc demi-tour pour revenir à Pumamarca, puis Salta et boucler cette boucle Nord. Financièrement, c’est un peu la loose, il ne nous reste que 30€ pour tenir 3 jours et faire la boucle Sud. Autant dire que ça va être compliqué. En fait, de nombreux distributeurs ne contiennent plus d’argent. Au moment de faire un retrait, aucun billet ne sort, le compte n’est pas débité, mais la carte compte quand même la somme demandée dans le plafond autorisé de retrait. Du coup, ma carte ne fonctionne plus, et celle de Claire non plus. C’est donc le moment de tenter ce qui est à peu près notre dernière chance : l’échange du billet de 100$ trouvé en Bolivie. Celui-ci ayant pris la flotte avant que je le trouve est un peu gondolé (un peu comme un livre) et en plus, je ne suis pas sûr que ce soit un vrai. Je me pointe dans la rue des changeurs à la sauvette (officiellement, c’est une pratique illégale, mais elle se déroule dans la rue des banque et sous le regard des policiers, cette pratique est donc très commune et tolérée), en choisi un qui n’a pas l’air de courir bien vite au cas où et vais pour changer mon billet. Après un examen long et minutieux, mon agent de change semble un peu suspicieux et je commence à douter. Et puis finalement il sort sa grosse liasse de pesos argentins et me change mon billet. Ouf, on va pouvoir manger dans les jours à venir ^^

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Nous allons passer la nuit au camping de Salta. Nous y trouvons la plus grande piscine que j’ai pu voir de toute ma vie, elle ressemblerait presque à un étang et mesure quasiment 200m de long. Bon, le seul problème, c’est qu’une fois de plus, la piscine est vide …

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J151 – Vendredi 18 Décembre

Aujourd’hui, nous avons roulé toute la journée. Il faut dire que si la boucle Nord est surtout constituée de sites à voir assez ponctuels, la boucle Sud est davantage composée de routes avec de superbes paysages.

C’est ainsi que nous passons notre matinée à aller à Cachi. 160km qui nous feront passer par la Cuesta del Obispo, passant de 1300m d’altitude à un peu plus de 3300m sur une longue route serpentant au milieu des montagnes. Une fois en haut, nous redescendant en traversant le Parc National Los Cardones (c’est un type de cactus), en passant par la Recta del Tin Tin, une parfaite ligne droite de 19km.

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Après cette matinée riche en paysages, nous mangeons à Cachi et reprenons la route, direction Cafayate. Encore 160km au programme, mais de piste cette fois. Autant dire qu’on ne roule pas bien vite et que c’est tout de même un peu long.

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Au départ de Cachi, nous sommes sur la célèbre route 40. La route 40 traverse toute l’Argentine du Nord (frontière bolivienne) au Sud (Rio Gallegos, au bord de l’océan Atlantique et à côté de la Terre de Feu), soit près de 5000km. Nous sommes au kilomètre 4500, et je la retrouverais bien plus au Sud, vers le kilomètre 2200 dans la Région des Lacs, puis vers le kilomètre 600 dans le Sud de la Patagonie Argentine.

La route de Cachi à Cafayate nous fera passer par la Quebrada de las Flechas. Cette Quebrada est une formation géologique datant de 20 millions d’années, érodée par le vent et le sable. Aujourd’hui, on y trouve ainsi de grandes flèches rocheuses (d’où son nom) qui monte jusqu’à 20m de hauteur.

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Quelques kilomètres avant d’arriver à Cafayate, nous retrouvons l’asphalte et découvrons nos premiers vignobles argentins. Nous passerons la nuit dans une charmante petite auberge, tenue par des gens super sympas qui nous donneront plein d’informations sur les visites à faire à proximité : randonnées, ruines, vignobles …

 

 

J152 – Samedi 19 Décembre

Sur les conseils de nos hôtes, nous allons visiter ce matin les ruines de Quilmes.

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D’après les historiens et archéologues, la famille Quilmes était originaire du Chili, mais aurait fui le pays devant l’avancée des Incas. On pourrait donc les considérer comme des réfugiés de guerre qui, eux, n’ont pas été refoulés à la frontière ou parqués dans des bidonvilles infâmes… Bon, ils n’ont pas non plus été super bien accueillis dans cette région d’argentine, mais ils ont fini par se faire accepter et à vivre en paix avec les autochtones. Les Quilmes ont alors fondé une ville, pratiqué l’agriculture et l’élevage et nouer des relations (notamment commerciales) avec les communautés voisines. Ainsi, la ville de Quilmes a prospéré et atteint une population de 5000 habitants, ce qui était vraiment beaucoup pour l’époque.

La cité de Quilmes étant stratégiquement placé à résister aux conquistadors pendant plus d’un siècle, à tel point que la ville a servi de refuge aux populations autochtones. Et puis finalement, ils ont quand même fini par être vaincu en 1667. Pour éviter toute rébellion future, les espagnols ont déporté les survivants à l’autre bout du pays où ils ont fondé une nouvelle ville s’appelant également Quilmes et situé dans la région de Buenos Aires. Quelques-uns ont tout de même pu échapper à la déportation et se sont installer dans la région de cette cité préhispanique, mais n’ont jamais obtenu l’autorisation de revenir dans leur cité. Le site a donc été totalement abandonné, jusqu’à être « redécouvert » en 1888 par un archéologue.

Nous passons donc notre matinée à déambuler dans les ruines de cette cité et à monter dans ses hauteurs via un petit chemin de randonnée.

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Nous retournons à Salta dans l’après-midi, en passant par la Quebrada de las Conchas. Il s’agit là de formations géologiques offrant une multitude de formes et de couleurs dans ce milieu aride, néanmoins traversé par une rivière. On y trouve notamment l’Anfiteatro et la Garganta del diablo. Et bien sûr, c’est très beau.

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De retour à Salta, nous rendons la voiture et nous mettons à la recherche d’un carton pour y mettre le vélo car demain soir, nous prenons le bus, direction Mendoza et la compagnie de bus demande la mise en cartons des vélos. Malheureusement, cette recherche sera vaine…

 

 

J153 – Dimanche 20 Décembre

Nous profitons de la matinée pour boucler les sacs et les sacoches, faire quelques courses et nous remettre en quête d’un carton. Les cartons de vélo étant introuvable, je me rabats sur un lot de petits cartons qu’il s’agira d’assembler pour y emballer le vélo.

Après ça, on glande tout l’après-midi, on mange à 18h et partons vers 19h pour aller au terminal de bus. N’ayant pas imprimé les billets de bus, il s’agit donc de le faire au dernier moment et c’est toute une aventure dont Claire se charge pendant que je démonte le vélo et le mets en cartons. A 20h, nous sommes dans le bus et c’est parti : 20h de bus pour parcourir les 1200km nous séparant de Mendoza.

3 Responses

  1. Philippe Paumelle

    C’est vrai que les paysages sont superbes ! Mais toi tu commences à ressembler à Fidel Castro, enfin pas aujourd’hui quand même….

  2. Olivier C

    J’aime beaucoup les cactus qui au premier regard, sur la photo, ressemblent à des doigts d’honneurs à l’aridité ! Genre :  » tu crois que les plantes ne poussent pas dans le désert ? Bah tiens! »

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