Carretera Austral – Partie 4 : Cochrane Villa O’Higgins

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J209 – Lundi 15 Février
61km ; D+ : 970m ; D- : 1000m

Départ vers 10h, sous le soleil 🙂
A la sortie du village, je retrouve quelques auto-stoppeurs partis 1h plus tôt et qui attendent toujours. Ils ne me redoubleront que vers 11h30, tandis que moi, je passerais ma matinée à monter et descendre de petites côtes.

L’après-midi, j’attaque la monté d’un col : une longue ascension, puis une longue descente.

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Après la descente, je vois au loin 2 cyclistes arrêtés sur le bord du chemin. Leur silhouette ne m’est pas inconnue, la couleur des k-ways et des protections de sac à dos non plus. Mais oui, il s’agit bien de Fabien et Kristell. Kristell est un peu malade et ils ont tenté toute la journée de faire du stop, sans succès. Il est 17h, on discute un peu et nous repartons ensemble pour rouler une 15ène de kilomètres avant de planter les tentes.

Le 1er emplacement envisagé était pas mal, mais avec une 10ène de bœufs à côté et sans clôture. Le 2ème était bien aussi, mais en plein vent. Nous nous installons finalement un peu plus loin sur un emplacement plat et à l’abri du vent. Au moment de se coucher, le troupeau de bœufs refait son apparition. Ils rentrent tout seul à la ferme et nous sommes à côté du chemin. Ils s’arrêtent devant nous et nous regardent un peu étonnés par la présence d’individus étrangers. Nous tenterons de les éloigner en les attirant un peu plus loin, sans succès. Et finalement, c’est en se mettant derrière eux pour les pousser que le troupeau se remet en marche. J’ai toujours su que je ferais un bon cow-boy ^^

 

 

J210 – Mardi 16 Février
62km ; D+ : 900m ; D- : 1050m

Il a plu toute la nuit, mais les bœufs ne sont pas revenus. Nous passons notre matinée à monter et descendre de petites bosses sous un temps très mitigé, mais sans trop de pluie.

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Un peu avant midi, nous passons devant un camping, 3 cyclos nous font coucou. Ils nous rattraperont un peu plus loin lors d’une pause. Il s’agit de Heiko (un cycliste allemand que j’avais déjà croisé à La Paz et à San Pedro de Atacama), accompagné d’Henry et Ruby, un couple turquo-nèo-zélandais. Henry et Ruby voyagent avec un chien, qu’ils ont trouvé en cours de route et qui les suit maintenant depuis plusieurs centaines de kilomètres (vous pouvez suivre les aventures d’Henry et Ruby sur http://www.kiwiandturkey.com/).

On roule un peu ensemble, mais nous nous arrêtons rapidement pour manger tandis qu’eux, qui viennent de commencer, continuent. Nous les redoublerons un peu plus tard, pendant leur pause déjeuner.

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L’après-midi est ponctuée de nombreuses averses de pluie ou de grêle et nous profitons de quelques éclaircies pour tenter de sécher. Au carrefour pour Tortel, nous nous abritons sous un arrêt de bus et repartons quelques minutes plus tard, alors que la pluie se calme. Ensuite, ça grimpe sévère. La descente tarde à arriver. A la place, nous avons droit à quelques up and down très pentus et on ne fait pas trop les malins. On finira tout de même par descendre petit à petit pour arriver vers 18h30 à Puerto Yungay. Nous cherchons toujours la « crazy downhill » promise par notre petit descriptif. Le dernier bateau traversant le lac partait à 18h, nous allons donc dormir ici cette nuit. Nous nous installons dans la salle d’attente. Demain matin, grâce mat’, le 1er bateau part à 10h.

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J211 – Mercredi 17 Février
47km ; D+ : 550m ; D- : 350m

Ce matin, nous sommes prêts pour le 1er bateau de 10h. Il y a pas mal de véhicules qui attendent et tout le monde ne rentrera pas. Heureusement, on n’est pas bien gros et nous passons sans difficulté.

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1h plus tard, nous voici de l’autre côté du lac, à Puerto Bravo. La journée de vélo commence un peu tard et ne s’annonce pas des plus faciles. Si les 20 premiers kilomètres ne devraient pas poser de grandes difficultés, nous devrons ensuite enchainer 3 petits cols avant d’atteindre le refuge.

Le ciel est très couvert, le temps humide et nous globalement, il pleuvra plus ou moins toute la journée.

Effectivement, les premiers kilomètres sont globalement montants, mais pas bien difficiles. Nous les enchainons assez rapidement et mangeons dans une mini cabane plus ou moins abandonnée et assez cracra avant d’attaquer les cols.

Autant dire qu’on ne s’est pas marré dans les cols. Le 1er ne fut qu’une succession de lacets, le 2ème une longue monté à flanc de montagne. Heureusement, le 3ème était moins difficile et nous finissons par en venir à bout. Un peu plus bas, caché dans les arbres, le refuge tant attendu.

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Seul problème, nous ne sommes pas les premiers, loin de là, et ce n’est pas bien grand. Un couple d’Américain a l’air d’être là depuis un bon moment. On y retrouve également Heiko, un groupe de 4 allemands et quelques autres cyclistes. Les américains ont squatté le seul « lit ». Les allemands sont en train de monter la tente dehors, on décide donc d’en profiter pour dormir sur le sol du refuge. Étrangement, il fait froid et humide et personne n’est allé chercher du bois pour faire un feu dans la cheminée. Fabien et moi partons donc, armés de la machette du refuge en quête de combustible. Tout est humide, pour ne pas dire trempé, mais nous ramassons quand même du bois et rentrons au refuge. Une fois le feu lancé, il fait tout de même bien meilleur. Chacun fait sa petite cuisine (notamment les 4 allemands qui mangent chacun au moins pour 2 personnes) et va se coucher, ce qui libère le centre du refuge où nous pouvons poser nos matelas, au chaud, près du feu 🙂

 

 

J212 – Jeudi 18 Février
52km ; D+ : 550m ; D- : 600m

Le feu s’est éteint vers 2h ce matin, depuis il caille, mais bien au chaud dans les duvets, je crois que personne n’a eu froid. En tout cas, on était bien mieux ici que dehors dans les tentes car il a encore plu toute la nuit.

Aujourd’hui le ciel est toujours couvert mais on distingue un peu de ciel bleu. C’est plus engageant qu’hier et en plus le parcours du jour s’annonce sans difficulté, histoire de bien finir cette Carretera Austral.

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La piste ressemble un peu à une digue. Il y a parfois de l’eau des 2 côtés. Tout est très humide : rivières, marécages, lacs, cascades … Nous sommes bien loin des sommets péruviens et boliviens. Ici les montagnes sont bien plus basses, la limite pluie/neige aussi. Tous les sommets sont enneigés, il y a de très nombreux glaciers et de loin, on distingue bien la neige fraiche qui tombe souvent ces derniers jours sur ces sommets. Fini de rouler en short/t-shirt, ici les pantalons et polaires sont de rigueurs depuis plusieurs jours (et le k-way aussi).

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Nous roulons toute la journée et arrivons vers 17h à Villa O’Higgins, fin de la Carretera Austral. La route s’arrête ici (enfin presque, le port est dans 7km). Si tu ne veux pas faire demi-tour, le seul moyen est de prendre le bateau pour traverser le lac et arriver en Argentine. S’en suit alors quelques kilomètres de mauvais ripio, un chemin de randonnée dans un sale état, un 2nd lac à traverser et une quarantaine de kilomètres de ripio avant d’arriver à El Chalten, petite ville au pied du Fitz Roy. Tout cela prend entre 2 et 3 jours, mais pour cela, il faut d’abord trouver un bateau. Théoriquement, les bateaux partent les lundis, mercredis et samedis, mais peuvent être annulés si la météo n’est pas suffisamment bonne. D’après les nombreux témoignages que nous avons pu recueillir, les bateaux attendent aussi qu’il y ait suffisamment de personnes qui attendent de chaque côté du lac pour rentabiliser au maximum le voyage. Bref, c’est un peu au petit bonheur la chance. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de bateau demain.

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