Carretera Austral – Partie 2 : Puyuhuapi Coyhaique

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J194 à J196 – Du dimanche 31 Janvier au mardi 2 Février

Aujourd’hui, c’est la terrible séparation : alors que je reste à Puyuhuapi pour publier quelques articles sur le blog et tenter de rattraper mon retard, Fabien et Kristell doivent avancer. C’est après un peu plus de 3 semaines ensemble, pendant lesquelles nous avons parcourus un peu plus de 1000km, que chacun reprends sa route. Nous allons désormais rouler avec quelques jours d’écarts. L’avantage, c’est que comme je suis derrière, je vais pouvoir profiter de leurs précieuses informations au grès des connections internet que nous trouverons chacun en cours de route.

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Ma journée, comme celle de lundi et de mardi sera consacré à mettre à jour le blog et à préparer la suite du voyage. Je profite également de la connexion internet pour faire un petit coucou aux copains d’Oxfam.

Vers 19h, il est temps de partir car je souhaite demain reprendre la route, mais avant je veux aller voir l’attraction du coin : le Ventisquero Colgante, c’est-à-dire le glacier suspendu. Celui-ci se situant à une bonne vingtaine de kilomètre de Puyuhuapi, je fais la route ce soir pour randonner demain matin et prendre la route ensuite.

Après ces 3 jours de super beau temps sans le moindre nuage, voilà que le vent se lève, les nuages arrivent en quantité et je roule même sous une petite pluie fine. Espérons que cela se lève pour demain matin, sinon je risque de ne pas voir grand-chose.

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Je longe le lac, c’est très beau, l’eau a une couleur bleue incroyable. Avec cette pluie, j’ai même droit à un double arc-en-ciel : Double Raindow !!!

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Arrivé sur place, le camping est plein. Je plante donc la tente à 50m de l’entrée du Parc Naturel.

 

 

J197 – Mercredi 3 Février
44km ; D+ : 560m ; D- : 380m

Le Parc National Queulat ouvrant ses portes à 8h30, je me présente à l’entrée du chemin pour le Ventisquero Colgante vers 8h45. Oui, pour une fois, je suis bien matinal. Il a bien plu ce matin et j’ai d’ailleurs rangé la tente complétement trempée.

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J’achète mon ticket, laisse le vélo à côté de l’accueil et prend le départ, armé de mo k-way, en espérant ne pas avoir oublié ma chance en route si je veux avoir un semblant de vue sur le glacier. Le k-way m’accompagnera d’ailleurs toute la journée qui ne sera qu’une succession d’averses plus ou moins fortes et plus ou moins longues.

Le chemin est très verdoyant et il y a de jolis petits coins. Après environ 1h30 de marche, j’arrive au point de vue. Le glacier, d’un bleu intense est en haut de la montagne, qui tombe à pic à cet endroit (d’où son surnom de glacier suspendu). Sur sa droite en sort un petit torrent qui ruisselle quelques mètres, avant le grand plongeon pour se fracasser quelques dizaines de mètres plus bas dans un nuage de micro gouttelettes. On peut regretter que le ciel soit bien couvert, mais le spectacle est tout de même au rendez-vous.

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Après quelques minutes d’observation, il est temps de redescendre. Je retourne à l’entrée du parc, récupère le vélo et prends la route, il est déjà midi. Je dois me dépêcher car théoriquement dans 22km, j’attaque la monté d’un col en travaux qui est fermé de 13h à 17h pour permettre ces travaux. Vue ma vitesse moyenne, vous vous en doutez bien, je suis arrivé après 13h, mais malgré le temps pourri, la chance est avec moi et la route toujours ouverte. Je commence à monter et m’arrête en cours de route pour manger dans un mini abri d’environ 80cm x 80cm. Juste la place de s’assoir quoi.

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Le chemin est assez pentu et boueux. Ce n’est pas une partie de plaisir, mais je finis tout de même par en venir à bout et arriver en haut. Vient ensuite la descente. Je suis trempé et j’ai froid et m’arrête en bas, profitant d’une accalmie pour mettre un pull. Mais je crois que le mal est fait et que je vais me choper un rhume. Je retrouve au passage l’asphalte et les kilomètres défilent plus vite.

Je traverse plusieurs ponts et en profite pour récupérer de l’eau. En remontant, je me frappe violemment la tête sur une énorme poutre en acier que je n’avais pas vu, mon attention étant davantage focalisé sur là où je mettais les pieds. Tout le pont résonne, je suis un peu sonné, mais je repars.

Un peu plus loin, je m’arrête pour chercher un endroit où camper et m’éclate le genou en enjambant la barrière de sécurité. Je crois qu’il est grand temps de s’arrêter.

 

 

J198 – Jeudi 4 Février
61km ; D+ : 840m ; D- : 730m

Il a beaucoup flotté toute la nuit et si vous vous souvenez bien, j’avais replié la tente trempée hier. Résultat, je me suis rendu compte au beau milieu de la nuit qu’il y avait quelques infiltrations. Heureusement, la tente était un peu en pente et je me suis retrouvé avec 1cm d’eau aux pieds. La tente est donc toujours trempée, mais le matelas aussi et le pied du duvet aussi. Et comme je le pensais hier, je me réveille enrhumé. Comme dirait Mamie, j’ai la goutte au nez. Bref, la journée ne commence pas de la meilleure manière. Heureusement, pendant que je range toutes mes petites affaires, le soleil fait son apparition et j’en profite pour faire sécher tout ça pendant 1h, on ne sait pas combien de temps ça va durer.

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A 10h, je pars enfin. La route suit le cours de cette vallée sinueuse, en longeant de près ou de loin la rivière qui se fraye un chemin au milieu de ces montagnes abruptes. J’enchaine ainsi, comme depuis de nombreux jour les petites montées et les petites descentes. En fin de matinée, je passe un petit col et m’arrête manger à Villa Amengual, premier petit bourg que je croise depuis Puyuhuapi.

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Ce n’est pas la grande forme aujourd’hui (sans doute à cause de ma nuit humide) et je m’arrêterais bien ici, mais je n’ai même pas fait 25km, je dois donc continuer. Après avoir longé un petit lac, ma route de l’après-midi continuera à serpenter dans la vallée en longeant la rivière. Je m’arrête finalement en fin d’après-midi avec un bilan kilométrique très honorable 🙂

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J199 – Vendredi 5 Février
70km ; D+ : 625m ; D- : 860m

Avec mon rhume, ce n’est pas facile de trouver la bonne position pour dormir. Du coup, j’ai assez peu dormi et me suis rendormis 2 fois après le réveil pour finalement me lever vers 8h30.

Comme hier, la route serpente dans la vallée. Je passe le lac à proximité duquel j’ai passé la nuit, puis prends un peu de hauteur pour ensuite redescendre. La forêt disparait petit à petit pour laisser place à des exploitations agricoles. Les vaches tendent à se raréfier au profit des moutons. Si elles ne sont pas très hautes, les montagnes d’ici sont très abruptes et n’en sont donc pas moins impressionnantes.

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J’arrive vers midi à Mañiguales. J’avais prévu de manger ici ce midi, mais finalement, je n’ai pas beaucoup roulé ce matin et n’ai pas vraiment fin, je poursuis donc ma route pendant 1h et arrive ainsi à une intersection :
– Tout droit, la route disparait au profit d’une piste jusqu’à Coyhaique (ma prochaine destination)
– A droite, la route reste route et va également à Coyhaique, mais avec 10km de plus.
Je mange ici pour me donner un peu de temps de réflexion et décide finalement d’opter pour la route la plus longue. Je ne suis plus à 10km près.

A détour d’un pont, je crois un français à vélo. Il vient d’Ushuaïa et à prévu de remonter jusqu’en Alaska en 2 ou 3 ans. Niveau timing, il est donc plutôt large et en profite pour prendre son temps. Ne sachant pas trop si je reverrais un cours d’eau avant de m’arrêter ce soir, je refais le plein d’eau, surtout qu’il fait assez chaud aujourd’hui et que je suis bientôt à sec.

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En partant ce matin, il me restait 110km pour arriver à Coyhaique. J’avais donc prévu 2 étapes de 55km. Arrivant au kilomètre 55 vers 16h, je décide qu’il est un peu tôt pour s’arrêter et que je peux bien continuer encore un peu en commençant à chercher un coin pour planter la tente. Après quasiment 15km de recherches infructueuses, je vois une pancarte annonçant la présence d’un camping sur une petite route à droite. En désespoir de cause, j’opte pour cette solution. Je demande rapidement à un petit vieux si le camping est encore loin : 1km, mais il y a, a priori, une plage sur laquelle je peux camper près de la rivière. J’ai bien fais de demander. Et effectivement, c’est au bord de la rivière que je plante la tente ce soir 🙂

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J200 – Samedi 6 Février
46km ; D+ : 630m ; D- : 410m

Plus qu’une quarantaine de kilomètres pour arriver à Coyhaique. Les paysages ont pas mal changé depuis le début de la Carretera Austral. Ces 2 derniers jours marquent un nouveau changement car j’arrive dans la seule ville de cette route de 1200km (qui compte tout de même 60 000 habitants). Les espaces naturels laissent ainsi place aux espaces entropisés et les paysages par ici ne sont constitués que de champs et de prairies d’élevage.

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Je m’arrête manger vers midi, au pied d’une belle côte. Quelques minutes plus tard, une voiture s’arrête et toute une famille en descend. Ce sont des lithuaniens. L’un des fils, la trentaine et une énorme barbe vient me parler quelques minutes. Il s’appelle Thomas et est lui aussi un voyageur à vélo, mais seulement en Europe pour le moment. Son frère nous mitraille de photos, pendant que les parents semblent totalement s’en désintéresser. Thomas est inscrit sur Warm-shower. Si je passe en Lituanie, je suis invité.

Il est temps de repartir, 6 ou 7km de montée avant d’arriver à un point de vue sur Coyhaique, de redescendre pour remonter un peu et arriver à l’entrée de ville.

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Je fais une petite pause dans la dernière montée, rallume le téléphone et profite de la couverture 3G pour voir où je vais passer la nuit. La chance est avec moi, j’ai une réponse positive sur Couch-surfing. Je serais donc hébergé chez Javiera. Je lui renvois un petit message et reprends ma route. 5 minutes plus tard, quelqu’un m’interpelle dans la rue, par mon prénom, ce qui est assez inattendu, vu que je ne connais personne ici. C’est Javiera qui était à la terrasse d’un café et m’a reconnu. C’est fou hein !? 1ère fois que je croise mon hôte par le plus grand des hasards.

On discute un peu, je vais faire quelques courses pour les jours suivants et retrouve Javiera sur la place principale. Il y a un spectacle de danses locales et des cavaliers qui défilent. Le cheval semble être la religion locale.

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On passe ensuite rapidement chez Javiera pour que je dépose mes sacoches et repartons pour un atelier de « laits végétaux », avec 2 de ces amis. En effet, Javiera et ses amis sont végétariens à tendance vegans. La recherche d’alternatives aux produits laitiers est donc une question importante. J’apprends ainsi à fabriquer des laits végétaux, à base de graines (noix, noisettes, amandes, sésame …) et de fruits (coco, bananes …). C’est pas très compliqué, tu mixes simplement tes graines ou fruits avec de l’eau et voilà. Il est également possible de rajouter quelques fruits pour modifier légèrement le goût, quand c’est amer par exemple. Les goûts et les textures sont un peu particuliers, mais ce n’est pas dégueu.

L’atelier aura tout de même fait déplacer une bonne trentaine de personnes, ce que je trouve pas mal pour une ville de cette taille. La population est très féminine (environ 90%). Si la plupart des personnes ont environ 30 ans, on trouve tout de même de tous les âges et même des mamies de 70 ans.

Après ça, on rentre à la maison pour se préparer à manger. Si la cuisine végétarienne ne me pose pas de problème, je dois avouer que j’ai quand même beaucoup moins d’idées quand elle doit être végane et encore plus quand ce soir c’est aussi sans gluten. Heureusement, je peux pour cela compter sur l’imagination de mes hôtes et nous festoyons jusqu’à une heure tardive.

 

 

J201 – Dimanche 7 Février

Normalement, je devais repartir aujourd’hui, mais comme cette bande de bouffeurs de graines est fort sympathique, je reste une journée de plus. C’est peut-être aussi parce qu’on s’est couchés un peu tard, levés un peu tard et qu’on a rien foutu de la matinée.

L’après-midi ne sera pas non plus très productif : après avoir fait à manger, il a fallu se débarrasser du chat. Oui, car ici il y a un petit chaton tout blanc et que la propriétaire du lieu (qui se trouve être aussi la voisine) en réclame l’expulsion, sous peine d’expulser l’ensemble des locataires, à savoir Javiera, sa coloc’ et donc le chat. J’ai bien proposé de mettre le chat au menu du diner, mais comme tout le monde ici est végétarien, ma proposition n’a pas remporter un franc succès.

Nous sommes donc allés porter le chat chez un ami de Javiera qui possède aussi un gros chien. A 1ère vue, le chien s’en fout, mais le chat est terrorisé. Comme nous sommes restés un bon moment pour étudier l’acclimatation du félin à son nouvel environnement, j’en ai profité pour aller voir la seule attraction touristique de la ville : le rocher de l’indien. Comme son nom l’indique, c’est un rocher qui ressemble à une tête d’indien. Très honnêtement, ce n’est pas un haut lieu du tourisme chilien.

Après quelques temps, le chien n’ayant toujours pas mangé le chat, nous nous décidons à rentrer à la maison, un peu déçu par le manque de spectacle. Ayant prévu de faire une tarte tatin pour remercier mes hôtes, j’ai pu expérimenter une variante végane, c’est-à-dire sans beurre dans le caramel et dans la pâte. Pour être honnête, ça manquait quand même un peu de gras à mon goût, mais la pâte était très bonne.

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