2 semaines à La Paz

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J114 – Vendredi 23 Octobre à J128 – Vendredi 6 Novembre

Soyons honnête, j’ai passé 2 semaines à La Paz, mais j’ai pas glandé grand-chose. Pourtant, mes journées ont été relativement bien occupées, mais je n’ai pas été très efficace.

Dès le lendemain de mon arrivée à La Paz, je suis allé me faire héberger à la Casa de Ciclista de Christian. Située quasiment en plein centre-ville, il s’agit d’un lieu assez fou. Christian met à disposition 1 appartement et demi, situés sur le même palier d’un immeuble afin d’héberger les cyclistes de passage dans la capitale. Le lieu est quasiment auto-géré et ça fonctionne plutôt bien. Autant dire qu’il y a toujours une dizaine de cyclistes ici et que l’ambiance est au rendez-vous : repas collectifs, sorties touristiques, échange de bons plans concernant les routes, le matériel … Bref, c’est un petit coin très convivial où chacun laisse un petit mot ou un dessin sur les murs avant de partir.

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Durant ces 2 semaines, j’ai passé beaucoup de temps à tenter vainement d’acheter un nouvel ordinateur. En effet, ici ce n’est pas comme en France, tu ne peux pas aller acheter ton ordi chez Darty ou à la FNAC (encore qu’en France, j’achète mes ordinateurs sur internet, mais ça non plus, ce n’est pas trop possible ici). En Bolivie, il y a tout plein de petites boutiques qui vendent chacune une dizaine d’ordinateurs. Comme je ne veux pas d’un ordi qui pèse 2kg, le choix est très limité et je jette mon dévolu sur un Acer E11, qui comme son nom l’indique mesure 11 pouces. Ce n’est pas une bête de course, loin de là, mais il est petit et pas trop lourd (1,3kg). Le problème c’est qu’il n’y a qu’une boutique qui vend le modèle que le veux. Pas possible de négocier les prix comme j’avais pu le faire avec mes chaussures au Pérou. Ici, on t’annonce le prix en dollars, parcequ’en Bolivianos, ça fait peur, et ta seule possibilité c’est de dire oui et de sortir tes billets. Oui oui, c’est bien ça 350 dollars en billets. Sauf que les distributeurs de billets ne donnent pas de dollars, il faut donc retirer environ 2500 Bolivianos au distributeur. Super pratique ! Bref, j’ai un peu trainé des pieds car je voulais payer par carte et moins cher et le temps que je me décide, il faut croire que la gérante de la boutique est partie en vacances pour une semaine. J’y suis allé tous les jours et tous les jours c’était fermé ! Finalement, on m’a indiqué une autre rue avec plein d’autres petites boutiques d’ordinateurs et j’y ai trouvé le modèle tant convoité pour 310 dollars (toujours sans négociation et toujours en espèces). Mais bon l’essentiel est là, je quitte La Paz avec 1,3kg de matériel électronique en plus dans mes sacoches afin de pouvoir mettre à jour ce fabuleux blog sur ma vie trépidante ^^

 

Figurez-vous que le lendemain de mon arrivée à La Paz, je reçois un message sur Facebook d’Emeline, du Master SETE, disant en gros « Hey, je viens de voir que t’es à La Paz, moi et Etienne ont y est aussi et on repart demain, si tu veux on se fait une bouffe ce soir » Incroyable non ?! Bref, j’ai mangé une pizza avec Emeline et Etienne.

 

Avec tous ces cyclistes, c’est l’occasion de comparer les itinéraires de chacun. Ceci va me permettre de faire évoluer le mien. Moi qui pensais initialement longer le Lac Popoo avant de bifurquer vers l’Ouest pour arriver au Nord du Salar d’Uyuni, j’apprends que le lac est quasiment à sec à cause des activités agricoles et que la roule qui le longe ne présente que peu d’intérêt. Bref, je décide de bifurquer vers l’Ouest plus tôt, au niveau d’Oruro pour rejoindre la ville de Sabaya et traverser ainsi le Salar du Coipasa avant d’arriver au Nord du Salar d’Uyuni.

 

Dimanche matin, c’était le dernier dimanche du mois et par conséquent le jour de la Masse Critique à La Paz. Comme en France, le principe est simple, réunir un maximum de cyclistes et circuler en ville. Si on est suffisamment nombreux, on atteint une masse critique qui permet de bloquer la circulation pour montrer aux autres véhicules qu’on existe. A Paris, les masses critiques ont notamment lieu sur la Place de l’Etoile et réunissent plusieurs centaines de cyclistes, mais je n’ai jamais pris le temps d’y aller. C’est donc ma première ici, à La Paz, accompagné de quelques autres cyclovoyageurs. Bon, le seul problème c’est qu’à La Paz, le vélo est encore moins populaire qu’en France, probablement à cause du relief, à moins que ce soit juste culturel. On prend donc le départ à environ 40, pas de quoi bloquer les routes : La masse est moyennement critique et on laisse passer les voitures qui, dans ces pays latino-américains, n’ont pas franchement pour habitude de suivre les vélos, mais plutôt de les pousser plus ou moins gentiment. Ici, c’est le plus gros qui a la priorité. Nous passons quand même un bon moment, même si le convoi est descendu de 400m qu’il a fallu ensuite remonter. En chemin nous sommes passé devant l’église San Francisco, qui est la plus connue de la ville et figurez-vous que sur la façade, on trouve un étrange mélange de culture chrétienne et de culture inca : avec une statue de San Francisco, mais aussi des sculptures de la Pachamama en train d’accoucher.

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Après cet épisode sportif, je décide de poser mon cul sur une chaise pour regarder les autres transpirer. En effet, le dimanche après-midi, c’est le Cholitas Wrestling à El Alto. En gros, c’est donc de la Lucha Libre (catch mexicain), mais jouer par des Cholitas, c’est-à-dire des boliviennes en tenue traditionnelle. C’est un spectacle unique au monde et assez populaire ici, tant auprès des boliviens que des touristes. Comme les gringos payent plus cher que les autres, nous avons le droit à une chaise au 1er rang, devant le ring, alors que les locaux sont relégués dans les tribunes. Ces combats de catch permettent aux boliviennes de gagner de l’argent pour arrondir leurs fins de mois, mais ont aussi un rôle social. Dans ces pays où les droits des femmes sont assez limités et les violences faites aux femmes monnaie courante, Ces combats de catch permettent aux femmes de sortir de ce statut de victime et de foutre la misère à leurs adversaires masculins.

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Pour aller à El Alto voir ce spectacle, j’ai la possibilité de reprendre un bus comme à l’aller, ou alors de prendre le téléphérique. Je me retrouve bien sûr dans le téléphérique, pas vraiment plus cher, bien plus rapide et moins dangereux. Face aux gros problèmes de circulation dans La Paz, le gouvernement à chercher à augmenter l’offre en transport en communs. Problème, il y avait très peu de place à cause de l’urbanisation assez dense de la ville et le relief important entre les 2 villes ne facilitait pas les choses. Du coup, la meilleure solution fut de construire un réseau de téléphériques. Il y a actuellement 3 lignes en services et d’autres sont à l’étude.

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Pour monter à El Alto, on passe au-dessus du cimetière de la vile qui est très original. Comme il y a beaucoup de monde à faire rentrer sur une emprise assez restreinte, ils ont eu l’idée de construire un genre de cimetière à étages, dans ce qui ressemble à de petits immeubles pour cercueils.

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Un peu plus loin, une voiture est encastrée dans la montagne après une sortie de route. La légende locale veut que le jeune couple à l’intérieur de la voiture ait survécu à l’accident, mais n’ait pas pu sortir de la voiture. Personne ne les aurait vu ou entendu et ils seraient encore dedans, ensemble pour l’éternité …

 

Au milieu de ces 2 semaines de glande, je suis allé visiter un peu le centre-ville. Très honnêtement, La Paz n’est pas une très jolie ville, mais il y a quand même quelques jolis bâtiments aux environs de la Place centrale, notamment le palais présidentiel, gardé par 2 plantons en uniformes. Mais comme en Bolivie aussi il y a énormément de policiers et militaires, les copains viennent tenir compagnie pour pas que les 2 officiels ne s’ennuient trop.

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Si au Pérou, on trouve durant les heures de pointent un policier à chaque carrefour pour faire respecter la signalisation, les boliviens ont recours à des moyens un peu plus fun : des zèbres. Il s’agit de personnes déguisés en zèbres qui facilitent la circulation aux heures de pointes et en plus, ils peuvent faire des calins aux enfants, faire coucous aux voitures … bref, l’idée est d’avoir un personnage un peu amusant pour que les boliviens respectent les feux.

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Je profite aussi de mon passage à La Paz pour passer au célèbre marché des sorcières où tu peux acheter tout un tas de grigri et autres remédes de la médecine locale, sans oublier les fœtus de lamas que tu peux acheter pour faire des offrandes à la Pachamama. Un peu plus loin, on trouve toutes les boutiques d’artisanat local dans lesquelles je suis allé faire mes courses de Noël, qui sont depuis parti par La Poste. Espérons que le colis arrive bien à Cauville 🙂

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Mercredi, je retrouve Vincent le canadien, qui m’avait lâchement abandonné à Cusco pour voyager avec 2 françaises, Elise et Cécile. Comme ils ont l’air bien motivé et que mes genoux vont mieux, nous décidons de nous attaquer au Huayna Potosi, montagne de 6088m, située dans la Cordillère Royale. Il parait que c’est l’un des 6000m les plus faciles du monde et en plus, il est facilement accessible depuis La Paz. Nous nous rendons donc le jeudi dans les agences de voyage pour négocier un bon prix, le départ est prévu pour le lendemain.

 

Suite à notre périple sur le Huayna Potosi, les jours suivants seront dédiés au repos. Je finis par acheter le nouvel ordinateur et en profite pour planifier grossièrement mon itinéraire pour le mois à venir. En effet, je vais prendre la route des Salars, des lagunes et des volcans et là-bas, les connections internet sont rares, pour ne pas dire inexistantes. Il est donc nécessaire de s’organiser en amont pour ne pas avoir de problèmes ensuite.

 

A la Casa de Ciclista, nous profitons également de la diversité assez importante de nationalité pour se faire des repas à thèmes 🙂

 

Enfin, nous hébergerons clandestinement 2 coréens pour ce qui est assurément la soirée la plus drôle depuis mon départ de Quito. En effet, Christian, le propriétaire de la Casa de Ciclista essaye de limiter le nombre de cycliste à 8 ou 9 pour éviter que ça soit trop le bordel. Il est donc nécessaire de faire une demande par mail et d’attendre une réponse positive de sa part avant de se pointer à la porte. Sinon, normalement les cyclistes ne sont pas censés nous laisser rentrer. Le problème c’est que Christian a tendance à dire oui aux cyclistes alors que le nombre maximum fixé est déjà atteint (ce qui dans la pratique n’est pas trop problématique car il y a largement la place pour tout le monde) et à ne pas prévenir des arrivées attendues. Bref, un soir Park et Kim, 2 coréens du sud sonne à la porte. La conversation est difficile car ils ne parlent pas espagnol, très peu anglais et que personne ne parle le coréen. On finit tout de même par comprendre qu’ils n’ont pas envoyé de mail à Christian et que c’est le restaurant coréen du coin qui leur a donné l’adresse. Après une rapide concertation, nous décidons quand même de les héberger à la condition qu’ils partent tôt le lendemain matin car Christian est censé passer pour changer la bouteille de gaz. Comme ils ne comprennent pas grand-chose, on va jusqu’au restaurant coréen pour que le gérant nous servent d’interprète. Suite à quoi, nous revenons à la Casa avec nos 2 coréens qui ont pour mission de ne pas trop se faire remarquer. L’un des 2 arrivera quand même à casser la douche et l’autre s’emploiera à filmer toute la scène pendant que nous procédons aux réparations. Il y a bien trop d’anecdotes pour raconter toute cette soirée, mais une chose est sûre, nous avons tous beaucoup ri.

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